14/11/2018

Deux bonnes raisons pour convaincre les indécis

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C'est la dernière ligne droite avant la votation sur l'initiative contre le droit international. Même si le non est dans l'air, balayons les derniers doutes en rappelant combien ce texte serait néfaste pour nos relations avec la communauté internationale.

Les derniers sondages augurent un rejet net de l'initiative contre le droit international, le 25 novembre prochain. Il faut s'en réjouir mais se souvenir, aussi, que rien n'est jamais vraiment acquis avant le Jour J. Même si la plupart des citoyens ont déjà rempli leur devoir civique en votant par correspondance, il reste encore des indécis à convaincre. Le sentiment de doute qui étreint ceux-ci est perceptible sur les stands que les partis ont mis en place sur les marchés ces dernières semaines. C'est à ces citoyens, dont les hésitations peuvent être aisément levées par le simple bon sens, que je souhaite m'adresser.

Craintes infondées

Ce qui frappe, avant tout, ce sont les craintes que suscite pour nombre d'entre eux la primauté du droit international sur le droit suisse. A les entendre, celle-ci serait à la base de tous les problèmes que rencontre notre pays. C'est l'inverse qui est vrai: la Suisse n'est pas une île perdue au milieu d'une humanité hostile. Elle a besoin de signer des accords avec quantité de partenaires étrangers pour prospérer. C'est pour cette raison qu'elle a conclu quelque 600 traités économiques avec le monde entier. Volontairement, et en toute connaissance de cause.

Pour le reste, cette initiative est parfaitement superflue. Aujourd’hui déjà, notre système démocratique ne permet pas de conclure un traité contraire à la constitution fédérale. De nombreux pare-feu existent, comme l’approbation par les Chambres fédérales, c’est-à-dire par les représentants du peuple, le référendum obligatoire pour toute demande d’adhésion à une organisation internationale, comme les Nations-Unies, ou le référendum facultatif pour les traités internationaux, à l’exemple des accords bilatéraux. Notre arsenal juridique permet de prendre en compte tous les cas de figure. Inutile, donc, d’en rajouter.

Ordre juridique mis à mal

Autre incertitude à lever: accepter ce texte ne saurait constituer un rempart à une intégration «insidieuse» à l’Union européenne (UE), comme ses initiateurs tentent de le faire croire. Ce n'est absolument pas le sujet de cette votation. Bien au contraire: dire oui à cette initiative compliquerait singulièrement nos relations avec celle qui est notre premier partenaire commercial. Instaurer la suprématie du droit suisse sur le droit international mettrait à mal notre ordre juridique et provoquerait la méfiance de nos voisins européens, comme celle de toute la communauté internationale. Son adoption aurait pour conséquence d’isoler la Suisse en remettant en question sa réputation de partenaire qui a pour vertu de respecter ses engagements. Quel partenaire voudrait encore conclure un accord avec notre pays si nous nous arrogeons le droit de ne pas respecter nos engagements à tout bout de champ?

Les indécis ont encore le choix de dire clairement non à un texte qui isolerait la Suisse.

Photo: DR

03/10/2018

Les entreprises face au défi de la cybersécurité

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La sécurité informatique dans le cadre professionnel est sans doute l'un des thèmes les plus vitaux du moment pour l'économie. Et pourtant, les entreprises ne semblent pas toutes prendre la mesure des dangers que font peser sur elles les criminels de la Toile. C'est l'un des enseignements majeurs que la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) a tiré de son étude sur le thème de la cybersécurité, menée cet été auprès de ses membres.  

Selon le sondage réalisé par l'institut M.I.S Trend, 37% des entreprises disent avoir été victimes d'au moins une attaque informatique. En réalité, le danger est bien plus élevé, car toutes les sociétés, quelle que soit leur taille, sont susceptibles de voir leur système informatique infecté par un malware. Elles gèrent de l'argent et sont, à ce titre, toutes intéressantes pour des hackers. Les actes de piratage peuvent avoir des conséquences très graves, comme des pertes de données, des perturbations de services, des interruptions d'activité, voire une faillite.

L'étude, à laquelle 490 de nos membres ont répondu, révèle une sous-estimation générale des cyber-risques. Cela illustre l'importance de la sensibilisation et de la formation du personnel, parce que l'humain reste le principal vecteur potentiel d'intrusions dans les systèmes informatiques au travail, que ce soit par négligence ou par méconnaissance. Les entreprises doivent donc impérativement concentrer leurs efforts dans ces domaines car, selon notre enquête, la moitié d'entre elles n'ont prévu aucune formation à l'intention de leur personnel.

Se prémunir est possible

Des solutions somme toute assez simples, et pas forcément très onéreuses, existent pour se prémunir au mieux des cyberattaques: procéder à un audit de sécurité, désigner un responsable cybersécurité, s'équiper de matériel fiable et mis à jour, former le personnel, et effectuer des tests de phishing réguliers. Cela devrait même constituer un investissement de base pour toute firme, car réparer les dommages causés par une intrusion malicieuse peut coûter des dizaines de milliers de francs, sans parler des dégâts d’image.

La CVCI, de son côté, s'engage pour informer ses membres sur les risques liés à la criminalité informatique, en mettant régulièrement sur pied des événements sur cette thématique. Ces deux dernières semaines, elle a d'ailleurs lancé une campagne de sensibilisation aux cyber-risques sur les réseaux sociaux, avant la publication de son étude. Et elle va poursuivre ses efforts dans ce domaine.

D'autres enjeux de taille se profilent à court terme: il s'agira ainsi de former davantage d'experts et d'encourager des entreprises spécialisées dans le secteur à émerger en Suisse, afin de répondre à une demande grandissante que le marché actuel peine à satisfaire.

Les petites et moyennes entreprises constituent la colonne vertébrale de l'économie vaudoise. Garantes de la prospérité du canton, elles doivent se préserver au mieux des dangers provenant du cyberespace.

Photo: AdobeStock

20/09/2018

Des nuages à dissiper au plus vite

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L'été a le bon goût de jouer les prolongations. Ce ciel azur illustre à merveille le climat conjoncturel favorable qui règne sous nos latitudes. Et cela va continuer si l'on en croit le Groupe d’experts de la Confédération. Mandaté par le Secrétariat d'État à l'économie, cet aréopage a revu à la hausse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour cet automne, lesquelles passent de 2,4% à 2,9%. «Les bonnes conditions économiques internationales stimulent le commerce extérieur et les entreprises investissent massivement, notent les experts dans un communiqué diffusé hier. Une solide croissance du PIB de 2,0 % est toujours attendue pour 2019.»

C'est une réjouissante réalité: la Suisse connaît une période de haute conjoncture depuis plusieurs trimestres. L’emploi est au beau fixe, le chômage s'inscrit à un niveau très bas et l’industrie a connu une évolution particulièrement dynamique. Ses capacités de production sont utilisées comme jamais depuis 2011 et les carnets de commandes demeurent bien remplis, constatent les spécialistes fédéraux. L'économie vaudoise, en particulier, a su faire preuve de dynamisme et de créativité, contribuant largement à ces bons chiffres.

Conjoncture internationale menacée

La météo économique reste toutefois variable, comme en témoignent les nuages qui pointent à l'horizon. Certains risques liés à l’économie mondiale se sont accrus et menacent la conjoncture internationale à terme. La guerre commerciale qui sévit entre les ÉtatsUnis et d’autres grands pays, comme la Chine, s'intensifie. Plus près de nous, l’incertitude politique règne en Italie. Au plan intérieur, le tableau n'est guère plus engageant: l'accord-cadre avec l'Union européenne piétine, le franc suisse est reparti à la hausse, pénalisant l'industrie exportatrice, alors que la menace d'un référendum plane sur la loi relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS (RFFA), que les Chambres fédérales sont finalement parvenues à ficeler dans la douleur cette semaine.

Ce dernier dossier, né sur les cendres du PF 17, est primordial! Et les propos que nous avons tenus la semaine dernière sur ce même forum gardent toute leur actualité: la RFFA doit entrer en vigueur rapidement, sous peine de voir la Suisse placée sur une liste noire ou grise par l'OCDE. S'il devait y avoir un référendum, une majorité claire devra se dégager en faveur de ce texte. Même le président de la Confédération, le socialiste Alain Berset, a réclamé une «attitude constructive» quant à ce paquet fiscal, évoquant la possibilité d'un blocage du pays en cas de rejet.

A une année des élections fédérales, il est plus que jamais indispensable de laisser les calculs électoraux de côté pour amener de la sérénité dans le ciel de notre économie.  

Photo: AdobeStock