24 Heures

12.03.2010

Libre circulation des personnes, encore et toujours !

Terreau propice aux remises en question en tous genre, la crise et son impact sur le chômage alimentent certains politiques. Les perdants reviennent à la charge et mettent tous les maux sur le dos de la libre circulation. D’aucuns exigent sa dénonciation, tandis que d’autres se « contenteraient » d’une renégociation. Même le Conseil fédéral a envisagé le recours à la clause de sauvegarde.

Toute cette agitation est-elle justifiée ? Les prévisions d’éviction des travailleurs indigènes au profit de la main d’œuvre étrangère et de dumping salarial se sont-elles vérifiées ? Seuls les chiffres permettent de répondre à ces questions avec une certain objectivité. Si le recul manque avec les nouveaux Etats membres, nous avons déjà pu expérimenter quelques années de libre circulation avec les 17 anciens membres (UE 17) qui sont de très loin, les plus grands réservoirs de main-d’œuvre étrangère en Suisse.

270'000 emplois ont été créés en Suisse entre 2003 et 2008, dont 150'000 ont été occupés par des Suisses et 83’000 par des ressortissants de l’UE 17. Les professions ayant connues la plus forte progression d’arrivée de ces derniers (universitaires et techniques) ont également vu leurs nombres de chômeurs se réduire sur la même période. Ces arrivées ont ainsi palliées le manque de main d’œuvre locale dans des secteurs en forte croissance et permit à la Suisse de profiter pleinement de la période de croissance 2006-2008. Enfin, l’évolution des salaires ne diffère pas systématiquement, dans les branches et régions qui ont connus une forte immigration, de celles où l’immigration a été la plus faible.

D’aucuns ont parlé de tourisme social. Il suffit de citer deux chiffres pour régler le contentieux. Les ressortissants de l’UE au premier pilier atteint 19% des cotisations globales. Les prestations versées à ces mêmes ressortissants se montent à 15% des prestations totales. Conclusion : les ressortissants des pays voisins contribuent davantage au système social suisse qu’ils ne perçoivent de prestations de celui-ci.

Les prophéties alarmistes des opposants de la libre circulation ne se sont donc pas vérifiées. Pourquoi devrait-on les écouter aujourd’hui ? Il faut garder confiance en des accords nécessaires qui contribuent à la prospérité de la Suisse. Notre pays gagne un franc sur trois grâce à ces relations avec l’Union européenne, qui est aussi le principal réservoir de main d’œuvre étrangère indispensable au fonctionnement de notre économie.

25.02.2010

Formation professionnelle des sans-papiers : un mauvais signal

Un communiqué de presse des associations économiques vaudoises

 

 Les organisations patronales faîtières du canton de Vaud regrettent que le Grand Conseil n’ait pas cru bon de dénoncer de la manière la plus claire le « pari de l’illégalité » annoncé en fin de semaine passée par la Municipalité de Lausanne à propos des jeunes sans-papiers aspirant à suivre une formation professionnelle. Il aurait pu le faire non seulement en rejetant la résolution déposée par M. le Député Grégoire Junod, mais surtout en approuvant celle proposée par M. le Député Jean-Marie Surer.

 

Sans exagérer la portée des résolutions traitées hier au Grand Conseil, la CVCI, la FPV et Prométerre insistent sur le très mauvais signal que constitue le rejet de la résolution déposée par les partis du centre-droite. La proclamation d’une velléité de violer la loi est choquante en soi (qu’entendrait-on si elle émanait d’une entreprise ou d’une organisation professionnelle ?). Elle l’est particulièrement lorsqu’elle émane d’une autorité publique, et plus encore lorsque dite autorité a l’obligation légale de dénoncer l’infraction qu’elle annonce vouloir elle-même commettre.

 

Au-delà de cette position de principe, les organisations patronales vaudoises dénoncent le message catastrophique que délivre la Municipalité de Lausanne s’agissant de la lutte contre le travail au noir et regrettent que le Grand Conseil n’ait pas cru bon de signifier clairement sa désapprobation. Les associations économiques s’engagent depuis des années à lutter contre ce qui constitue un fléau; elles l’ont fait avec l’appui des autorités publiques – jusqu’ici du moins –, et en collaboration de surcroît avec les associations syndicales. Il est pour le moins regrettable que des signaux exactement contraires soient aujourd’hui diffusés dans le canton, donnant à penser qu’un changement fondamental s’est produit au niveau politique et laissant planer une attitude ambiguë de la part de certains responsables syndicaux.

 

 

Pour tout renseignement :

 

Ø   Claudine Amstein, directrice de la CVCI, tél. 079 / 210 67 88

 

Ø   Christophe Reymond, secrétaire général de la Fédération patronale vaudoise,

      tél. 079 / 621 12 05

 

Ø   Luc Thomas, directeur de Prométerre, tél. 079 / 779 30 83

 

 

Lausanne et Paudex, le 24 février 2010.

08.02.2010

Le vrai poids des sociétés cotées dans l’économie

L’initiative Minder veut imposer un certain nombre de règles organisationnelles aux entreprises suisses côtés en bourse. Sans s’engager dans le débat pour ou contre l’initiative, examinons ensemble le poids de ces entreprises dans l’économie suisse.

 

Les entreprises suisses cotées en bourse sont moins de 300. Selon economiesuisse, elles représentent 0.15% des sociétés anonymes du pays mais 20% de l’emploi total. Elles sont, en général, plus productives que la moyenne de l’économie et fournissent 18% du PIB national. Elles favorisent la recherche en finançant 51% de la R&D privée en Suisse. Elles paient 42% des impôts sur les entreprises. Un cinquième des diplômés de nos hautes écoles décrochent leur premier emploi dans une entreprise cotée en bourse. En outre, 250'000 emplois supplémentaires dépendent indirectement de ces sociétés,. Les grandes entreprises et le dense tissu des PME sont étroitement imbriqués. Les sociétés cotées sont indiscutablement un des piliers de notre prospérité.

 

C’est en raison de ce poids considérable que toute révision du droit des sociétés doit se faire avec soin et pas à la va vite suite à certaines affaires. Une erreur dans la loi ou un manque de flexibilité auraient des conséquences très graves sur l’ensemble de l'économie suisse.