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23/05/2008

Luttons contre la fuite des cerveaux!

Depuis des mois, voire même plus, le président de l'EPFL rappelle le souci des hautes écoles de voir les cerveaux étrangers filer à l'étranger. Il l'a fait encore hier à l'occasion du Forum des 100.

 

Dans le cadre de ma fonction, je vois les entreprises de ce canton travailler de manière régulière avec l'Uni et l'EPFL pour des transferts de technologie et de savoirs. Je vois aussi les entreprises former de jeunes étrangers pour les envoyer ensuite dans les succursales ou usines de production qu'ils ont dans les pays des jeunes concernés. Je vois également des doctorants qui posent déjà les bases de leur start up et espèrent la lancer au sortir de leurs études.

 

Mais si ce doctorant ou ce détenteur du master vient d'un pays hors de l'Union européenne ou de l'AELE, dès la fin de ces études il devra quitter la Suisse. Il ira alors fonder sa start up ailleurs. Il ira faire bénéficier de ses compétences un autre pays. Et ce ne sera certainement pas dans son pays d'origine qu'il le fera, mais en Europe ou aux Etats-Unis qui sont à l'affût de tels cerveaux.

 

Ainsi, la Suisse qui a largement payé ses études ne bénéficiera pas du savoir acquis. C'est un non-sens économique. Chaque étudiant coûte en effet plusieurs dizaines de milliers de francs au contribuable suisse. Selon les chiffres que j'ai pu obtenir de l'EPFL, on parle d'une moyenne de 200 étudiants par année.

 

Pour essayer de faire bouger les choses, le groupe libéral a déposé au Grand Conseil une initiative demandant au Conseil d'Etat d'intervenir auprès de l'Assemblée fédérale pour permettre aux étudiants dont la Suisse a financé des études de devenir des travailleurs. L'idée est de leur permettre d'obtenir un permis de travail de 3 ans. Le Grand Conseil a accepté de manière pratiquement unanime cette initiative ce printemps. Il appartient au Conseil d'Etat d'agir maintenant. Cette démarche est en train de se développer dans d'autres cantons. Et la voie suivie, de faire des interventions venant des cantons, plutôt que de parlementaires politiquement marqués à Berne, veut être le signe qu'il s'agit bien d'un combat pour la croissance et le développement de notre pays. Il y a lieu pour le canton de Vaud de valoriser la chance que nous avons d'avoir un pôle universitaire de grande qualité et de pouvoir bénéficier des savoirs acquis, d'une recherche performante! Les cantons universitaires ont tout à gagner de mener ce combat pour faire modifier la loi fédérale sur les étrangers.

Commentaires

"Dans le cadre de ma fonction, je vois les entreprises de ce canton travailler de manière régulière avec l'Uni et l'EPFL "

Je comprends votre façon de voir et je parfaitement d'accord qu'il faut rester compétitif sur ce sujet.

Cependant d'un autre côté combien de ces entreprises vaudoises, vivent grâce à leur vente à l'étranger? Dans cette optique, on peut se dire que bien qu'étant parti à l'étranger, il permettra à cette entreprise(à ou à sa startup) de faire des affaires en Suise aussi, et donc (peut-être) de participer indirectement à l'économie vaudoise ;-)

Écrit par : DdDnews | 23/05/2008

Je comprends surtout que les Suisses n'ont plus de cerveaux à eux!

Et ce n'est pas les politiciens qui nous gouvernent actuellement qui vont me faire changer d'avis!
Les rares qui en sont encore pourvus, ne l'utilisent aucunement pour avoir de bonnes idées politiques, mais uniquement pour se faire réélirent!
Il y a même un mathématicien qui a viré "calculateur" et qui, pourtant, perd toute crédibilité auprès de son propre parti et de son électorat! Si vous faites partie des Suisses qui ont encore leur propre cerveau, vous imaginerez sans peine de qui il s'agit!

Écrit par : Père Siffleur | 23/05/2008

Tout à fait d'accord que ce problème est une aberration, mais une aberration de plus de la loi sur le séjour des étrangers.
A qui la faute ? Quels sont les milieux qui ont appuyé les durcissements successifs de cette loi ? On ne peut pas voter une loi et en contester ensuite une des applications parce qu'elle ne nous convient pas.

Écrit par : gamine | 24/05/2008

Gamine a 100% raison. la droite dit et fait tout et son contraire et sans parler des verts qui se prennent pour des gros capitalistes.

Écrit par : manila | 24/05/2008

Utiliser la même méthode pour certains intellectuel(le)s donneu(euse)rs de leçon ?

Écrit par : Victor Devaud | 25/05/2008

Je suis suisse et ai fait des études complètes en biologie. Cela fait plus de trois ans que je suis au chômage et ne trouve pas de poste. A chaque entretien, on donne la préférence à quelqu'un venu d'ailleurs parce qu'ils coûtent moins cher. Et, en cours d'entretien, on n'arrive même pas au chapitre salaire. J'ai payé mes études, mes études ont coûté aux Suisses, dois-je partir à l'étranger pour créer ma propre entreprise puisque dans mon pays cela n'est pas possible. Je ne suis pas la seule dans ce type de situation. Réfléchissez aussi tous ceux qui rament ici, venant d'ici et qui ne trouvent qu'une solution, partir.N'est-ce pas du gâchis?

Écrit par : Patricia | 25/05/2008

Patricia@ vous êtes pathétique, il n'y a pas un seul Suisse sur ces blogs. A qui voulez-vous parler ? Tous ces gens qui vous lisent sont juste très contents que vous suisse n'ayez aucune chance ici, ils passent leur temps à lutter dans ce sens...

Écrit par : Géo | 25/05/2008

Bonjour,

Votre commentaire est celui que je fais depuis des années quand j'étais engagé dans les négociations à Berne au travers de l'AES (association des étudiants des hautes écoles suisses) pendant mes études à l'EPFL. Aujourd'hui je suis au plus près de cette problématique, comme chargé des relations employeurs pour l'EPFL, je vois tous les jours les cas de diplômés master ou PhD extra-européens pour lesquels les employeurs ne souhaitent même pas recevoir les CVs dans le cadre de recherche de profils en chasse de tête qu'ils me confient.

Le coût pour le contribuable est réel, la volonté de ces jeunes à participer à notre économie ainsi que leur potentiel le sont tout autant.

Je ne connaissais pas la décision cantonale que vous décrivez. Je souhaiterais pouvoir mener une réflexion dans mon canton de domicile à Genève. Pourriez-vous me transmettre les éléments qui ont constitué votre action parlementaire? Je serais heureux d'ouvrir une réflexion avec nos élus libéraux genevois ainsi qu’avec nos conseillers nationaux autour de cette problématique dont les conséquences surréalistes n'ont que trop duré.

Écrit par : Antoine Orsini | 26/05/2008

J'ai connu 2 chefs de promotion depuis le début de leurs études et jusqu'à la fin, des têtes quoi ... l'un médecin, l'autre cybernéticien, les 2 roumains.
Venus en 1990, ils se sont vus refuser le droit de rester en Suisse.
Les 2 sont allés au Canada, aujourd'hui les 2 sont millionnaires, l'un a sa propre clinique, l'autre a sa propre société cotée en bourse, dans l'informatique.

Par contre, ont reçu l'asile politique des africains, trafiquants de drogue, se faisant passer pour des irakiens, côte d'ivoire, palestiniens...d'autres l'ont reçu pour des problèmes sexuels, comme cet africain au mois de mars, qui était homosexuel et risquait une peine de 5 ans de prison, chez lui.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27/05/2008

De nationalité suisse, diplômée universitaire niveau Master, quand j'étais jeune et sans famille (Donc toute seule au monde), la Suisse (mon pays) m'a jetée en estimant que j'avais des prétensions académiques coûteuses et ferai mieux de suivre un apprentissage de coiffeuse ou d'assistante dentaire. Merci! J'ai dûrement travaillé à la Placette au sous-sol, sous-payée, en vue d'économiser et finalement de quitter enfin mon pays, oui: partir à la recherche d'un pays d'adoption en vue de poursuivre des études alors considérées inappropriéés pour les femmes en Suisse, d'ailleurs seuls -à l'époque- les garçons de "bonne famille" pouvaient y songer (ainsi nous sommes nés avec un cerveau?). Arrivée au Canada (Vancouver) j'e me suis appliquée à mes frais à maîtriser l'anglais.J'ai travailler dans un institut de recherce IOS ( Institute of sciences and oceanography) -(Institut des sciences océanographiques) au Canada et j'ai ainsi pu commencer à financer par mes propres moyens, sans aucune aide financière neuf longues années d'études universitaires complètes (théorie et pratique). Je n'ai jamais reçu la moindre aide financière de Suisse. Aujourd'hui, de retour en Suisse, j'ai élevé seule mon fils qui aujourd'hui termine ses études Master à l'EPFL (sciences de la vie). Je n'ai jamais pu trouver de travail et on m'a simplement informée d'aller travailler à la Migros, et surtout de rien dire de mon passé au Canada... J'ai aussi été informée que je pouvais retourner travailler au Canada si travailler à la Migros ne serait pas dans mes ambitions.... A chacune de mes nombreuses lettres je réinvente un CV sans mention d'études aucune.... mais avec ou sans études, à chaque fois: Réponse négative. Toutes les excuses sont bonnes! Merci encore la Suisse. Mon fils (un cerveau, sexe Masculin trouvera-t-il lui du travail en Suisse ? Dans l'hypothèse malheureuse, négative, soyez sûre que je saurais l'encourager à quitter la Suisse, oui, au pire, il ira travailler ailleurs.

Écrit par : Catherine Kern | 29/05/2008

L'histoire de Catherine Kern, est, malheureusement, loi d'être unique.
On nous dit, très souvent ces derniers mois, qu'en Suisse, on manque d'informaticiens, c'est pourquoi, les sociétés recrutent à l'étranger.

Dernièrement, j'ai vu un poste dans une banque privée genevoise, ayant suivi mes études d'informatique à Genève même, auquel j'ai répondu, malheureusement, la réponse fût négative, malgré que j'ai souligné connaître personnellement la mère du propriétaire de cette banque, que je ne citerais pas, pour ne pas leur faire de la pub gratuitement...

D'une part, on nous dit tout plein de choses, argumentées, mais dans la pratique le NON l'emporte...

Va comprendre, Charles...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 29/05/2008

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