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28/01/2009

Ciblons la relance !

Les idées de plan de relance hantent toutes les arènes médiatiques que fréquentent les politiques. Ces derniers donnent l'impression que d'un coup, nous allons tout résoudre et selon la recette qu'ils ont inventée. Si seulement c'était si simple !

 

La situation économique des entreprises est très contrastée. Il y a celles qui vont très mal, celles qui se maintiennent dans des chiffres satisfaisants et celles qui vont bien, voire très bien. Le plus étonnant est que, dans le même secteur, on peut rencontrer ces trois situations, même si c'est assez rare.

 

La conception d'un plan de relance est donc un exercice difficile, si on veut le cibler correctement. La marge d'efficacité est aussi limitée par l'exiguïté de notre territoire. A part faciliter la prise en charge d'un chômage partiel, donner des garanties à l'exportation et trouver des solutions pour favoriser le capital risque, il est difficile de concocter un plan de relance efficace et rapide pour le secteur d'exportation. Aucune mesure suisse ne pourra relancer la consommation et les investissements américains, afin que ceux-ci passent commande à nos entreprises.

 

L'encouragement des énergies vertes comme les rénovations écologiques des bâtiments - absolument indispensables - ont aussi des limites que personne n'ose évoquer devant ce concert politiquement correct. En effet, les entreprises à même de pouvoir procéder à ces travaux sont en nombre limité. De très gros investissements dans ce domaine n'auraient certainement pas les effets escomptés pour la relance. Ils auraient pour conséquence de remplir des carnets de commande d'entreprises dépassées par l'ampleur de la tâche, ce qui conduirait à un risque de hausse des prix et de baisse de qualité de travail, contraire au but poursuivi. Il est utile de se souvenir que Genève avait voulu, en son temps, exiger que tous les bâtiments soient équipés de doubles vitrages dans un délai très court. Une estimation réaliste du travail à effectuer montrait qu'il aurait fallu 20 ans pour y parvenir !

 

Alors soyons efficaces ! Déterminons les investissements dans la rénovation des bâtiments et les énergies vertes selon la capacité des entreprises à les absorber et encourageons la recherche et la formation ! Ainsi, lorsque nous aurons suffisamment de personnes formées pour assumer cet immense défi et réaliser davantage de travaux, nous pourrons décider d'en faire plus avec un nouveau plan d'investissement !

11:14 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15)

Commentaires

Tout à fait d'accord avec vous: rien ne sert de dépenser à tort et à travers. Mais pourriez-vous préciser un peu ces investissements ciblés? Et comment comptez-vous faire pour passer l'écueil du frein à l'endettement?

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 28/01/2009

J'ai demandé à l'ORP de pouvoir suivre une formation pour obtenir un diplôme fédéral dans ma branche étant donné que c'était mon domaine et les exigences pour trouver un travail. J'ai aussi demandé à pouvoir changer de métier car je voyais plus de perspectives dans le domaine du "Développement Durable" et l'écologie que dans mon ancien domaine, la banque.
Tout ceci a été refusé par mon responsable ORP car j'étais là pour trouver du travail et non pas pour suivre des cours. J'ai changé de responsable ORP et le nouveau responsable m'a dit qu'à 50 ans, je ne trouverai plus de travail !
Maintenant, j'ai terminé mes 400 jours de chômage et je n'ai toujours pas trouvé de travail.... On s'est bien moqué de moi !
Je ne l'oublierai pas à l'occasion de toutes les prochaines votations, y compris celle du 8 février prochain et j'espère que toutes les personnes qui vivent ce que je vis ferons la même chose que moi!
Et surtout, que l'on ne me parle plus de solidarité !
Avec mes cordiales salutations

Écrit par : Edelweiss | 28/01/2009

Edelweiss, ne vous trompez pas de combat le 8 février. Je ne pense pas que vous vivrez mieux en manifestant votre ressenti dans les urnes, d'autant que ça ne changera rien pour vous. Ressenti que je comprends parfaitement puisque j'ai un certain passif avec l'ORP. Réservez plutôt vos forces pour la prochaine révision de la LACI...

Écrit par : zozieau | 29/01/2009

@ zozieau - Merci pour votre intérêt. Effectivement, cela ne changera rien pour moi. Et je ne me trompe pas de combat. Cela fait bientôt 20 ans que l'on suit une idéologie totalement négative et le crédo actuel de la part de certains de nos politiciens n'est que de l'opportunisme pour gagner des voix ! Quant à la prochaine LACI, je sais déjà ce que je vais voter. Si les chiffres de la Caisse du Chômage sont aussi négatifs malgré la superbe croissance économique dont nous chantent à tue tête Mme Leuthard, le SECO et Economiesuisse, c'est bien parce que nos politiciens et chefs d'entreprise se sont moqués de la population toutes ces dernières années. Regardez les trembler maintenant du risque de ne plus avoir ces pauvres étrangers à moindre coûts et nous rouler dans la misère européenne. Alors, pleurer pour eux ? Basta ! On ne prend pas les mouches avec du vinaigre ! Je regarde ce qui se passe en France, en Angleterre, en Espagne, en Grèce ! Si c'est ça l'Europe, la mondialisation, Non merci ! Je vous laisse visiter le site www.leap2020.eu pour vous rendre compte de ce qui nous attends prochainement en plus des extraordinaires pertes des caisses maladie, car nous avons encore la chance d'un léger décalage.... Tout cela avec l'idéologie qui a prévalu ces dernières années pour nous conduire à un désastre financier, économique et écologique des plus lamentables !

Écrit par : Edelweiss | 29/01/2009

@Edelweiss. Exactement, si personne ne dit jamais "non", on en finira jamais! Quand à ceux qui parle de "solidarité avec..." qu'il nous montre ou cette solidarité a franchi les FRONTIERES à l'intérieur de l'europe! Bizzare discours pour un anar? non, je suis un anar fédéraliste, de l'individu auux voisins, des immeubles aux quartiers, des quartiers à la ville, de la ville au etc., jusqu'au monde, avec des délégués élus pour ce présent, révocables illico s'ils ne transmettent pas ce qui à été décidé, et qui ne tirent aucun avantages supplémentaires...
Salutations Edelweiss, tenez bon!

Écrit par : Coeurderoy | 29/01/2009

@Coeurderoy - Merci pour votre solidarité. Je suis pour. Pour que cela commence d'abord dans la cellule familiale, les voisins de palier, de l'immeuble, du quartier. Petit à petit. Et ceci a été la force de la Suisse, de sa véritable solidarité laquelle s'est étendue au travers de la Loterie Romande pour parler d'elle, de la solidarité avec les ONG étrangères, parce que nous avions finalement réussi à créer une économie très forte. Nous avions du respect pour nos autorités. Même si cela n'a pas toujours été facile. Nous avons aussi eu notre lot d'erreurs parce que personne n'est parfait. Nous n'étions pourtant pas riche. Il fallait économiser. Nous adorions travailler. Nous avions donné notre parole à la Paix du Travail. Que nous reste-t-il maintenant ? D'immenses désillusions. De l'agressivité, des peurs, des burn-out, des dépressions. Ce que je me suis rendue compte toutes ces dernières 20 années, c'est l'objectif de déstabiliser la cellule familiale, isoler les individus pour les rendre tous plus faibles, plus malléables. Et les voilà aussi dans les entreprises, sans éducation, égoïstes, grossiers. Et nous parlons de Développement Durable, des Droits de l'Homme. Maintenant, tâchons de retrouver nos Valeurs et disons Non aux mensonges, à tout ce qui ne nous correspond pas même si cela doit coûter un peu.

Écrit par : Edelweiss | 29/01/2009

Tous les propos autour de la crise qui nous guette peuvent constituer une opportunité ou un risque énorme pour notre économie.

Opportunité ... car bon nombre de dirigeants dans les sociétés vont (enfin) se doter de moyens de pilotage et de surveillance des investissements en particulier sur les différents projets directement liés au développement stratégique de l'entreprise. Par cette action, des économies pourront être engendrées et la rentabilité des investissements en sera améliorée et les marges bénéficiaires maintenues à un niveau satisfaisant.

Risque ... de voir un certain nombre de PME disparaître aux premières difficultés, faute à un Etat absent pour ces petits patrons qui prennent des risques (droit au chômage quasi-nul, exonération d'impôt inexistante, aide en capital inaccessible, ...).

Alors entre risques et opportunités, l'Etat sera certainement l'arbitre de la façon dont l'économie de notre pays ressortira de cette crise. En tant que patron de PME, je ne peux qu'espérer que l'Etat prendra un certain nombre de mesures visant à assouplir la vie de ces petits patrons qui prennent des risques. Pour déterminer celles-ci, pourquoi ne pas créer un groupe de réflexion au sein de la CVCI, groupe qui examinerait les difficultés majeures rencontrées par les PME et proposerait un train de mesures réalistes et applicables spécifiquement en période de crise ?

Écrit par : Daniel Carrel | 29/01/2009

Que voulez-vous relancer?
... Et si en lieu et place, on relançais la cible, loin, très loin, dans les oubliettes, pour enfin en choisir une autre!

Écrit par : Père Siffleur | 31/01/2009

Dans les 5 à 7 du mois prochain, nous allons aborder avec tous les membres CVCI ces questions et bien évidemment nous nous réjouissons des propositions qui émaneront de ces discussions. J'espère que nous pourrons vous compter au nombre de nos participants M.Carrel. Il me paraît aussi essentiel dans l'analyse de saisir toutes les opportunités que cette crise peut nous offrir, pour nous réformer, penser autrement. Je reste toutefois convaincue que le frein à l'endettement doit rester. Les premières mesures à prendre, avec la situation actuelle des finances, peuvent l'être pour le moment sans atteindre aux règles du frein à l'endettement, qui paraît pour l'instant la seule cible du parti socialiste, mais qui n'apporte pas en soi une solution.

Écrit par : amstein | 01/02/2009

desolé mais il faut comprendre l'essence du système monétaire càd de la création de l argent pour solutionner votre problème. Pas de nouvelles dette = pas d'argent = pas de croissance vous pouvez vérifier http://www.bankster.tv/

c'est fou la capacité collective de ne pas se poser les questions juste! surtout quand les choses vont mal et... risquent de s'empirer!

Il faut penser à changer cette mécanique si on veut survivre un jour... autrement d'ici peu de temps ... on aura des files kilométriques aux soupes populaires "Made in Heidi Land"

Écrit par : relativemoney | 18/02/2009

et si vous voulez rire http://vimeo.com/2095828?pg=embed&sec=2095828

Écrit par : relativemoney | 18/02/2009

En vous écoutant sur les ondes de la RSR ce matin, j'ai totalement adhéré à votre réflexion sur l'autoflagellation (retenue d'ailleurs par l'animateur).
Je partage cependant moins votre vision sur d'autre plan. Connaissez-vous la notion de consom'Acteur? Il n'y a pas d'offre sans demande, mais si la demande en produits efficients énergétiquement se précise, les entreprises s'adapteront et surtout, celles qui sauront s'adapter bénéficieront de leur réactivité. Il est clair que pour le secteur immobilier, l'isolation et le renouvellement des systèmes de chauffage représentent des investissements qui lui paraissent superflu, les charges étant assumées par les locataires (éternel problème)...
Vous critiquez la peur du Wifi (technologie qui bien que pratique n'est pas exempte de risques sur la santé) en la stigmatisant, mais marquez votre réserve face à l'exigence d'utiliser des technologies qui devraient déjà s'être imposée, tant leur efficacité est manifeste sur le long terme. Dommage qu'une majorité du monde économique se focalise encore et toujours sur le court terme...

Écrit par : pssst | 25/02/2009

Effectivement, si la demande en énergies alternatives augmente, l'offre des entreprises capables d'y répondre augmentera. C'était une curieuse objection de votre part, Mme Amstein. Le danger sera plutôt très vite dans la surabondance de l'offre, comme toujours (les tomates du Valais dans le Rhône...).

PS. La carrière de Margareth Thatcher a décollé à partir du moment où elle a pris des cours de diction pour corriger un défaut qui ne passait décidèment pas. Réécoutez votre interview et faites ce que vous voulez de ma remarque...

Écrit par : Géo | 25/02/2009

Même les propriétaires d'appartements en PPE suggèrent et émettent des propositions aux Administrateurs des immeubles PPE pour promouvoir des économiques d'énergie (par ex. la récupération des eaux de pluie pour arroser le gazon, etc) et leurs réponses sont extrêmement décourageantes. A croire qu'il existe une sorte d'Omerta sur ce sujet-là aussi. J'ai aussi parlé avec un promoteur immobilier que se réfère à son architecte. On tourne vraiment en rond. Une fois que les décisions seront prises au niveau politique avec un lobby bien formé, nos autorités nous fabriqueront une bonne loi qui favorisera en principe le groupe d'entreprises du lobby en question. Une fois de plus nous seront les dindons de la farce, bien entendu !

Écrit par : Edelweiss | 25/02/2009

Je vois que le débat a repris.

Concernant les énergies renouvelables, mon discours n'est peut-être pas politiquement correct, mais il se veut surtout pragmatique et je peux le résumer de la manière suivante :

1. La Suisse doit être performante et innovante en matière d'énergie verte. Pour y parvenir, elle doit se donner les moyens de favoriser cette recherche et surtout d'offrir une formation toujours plus pointue.

2. Les investissements doivent être faits pour améliorer la consommation énergétique des bâtiments. Toutefois, cela prend du temps, de la planification et le nombre d'entreprises qui peuvent aujourd'hui assumer ces travaux est limité.

Ce matin, M. Leuenberger, Conseiller fédéral, a dit exactement la même chose à la radio. C'est peut-être plus politiquement correct venant de sa part. Ces investissements doivent être faits, mais ils n'auront des effets qu'à moyen terme sur l'emploi et ne concernent pas les chômeurs des secteurs exportation et finance, les plus touchés par la crise aujourd'hui.

Je ne veux pas non plus tomber dans le piège qui consiste, comme les américains, à parler de green new deal, alors que concrètement personne ne sait où va l'argent destiné à ce grand projet. Par contre, ce qui est sûr, c'est qu'ils continuent à injecter des milliards dans le secteur automobile classique !

Écrit par : amstein | 26/02/2009

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