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09/03/2009

Nous avons mal à notre sphère privée

Le respect de la sphère privée est une valeur fondamentale à laquelle nous sommes tous attachés. Personne n'a envie que l'Etat - ou son voisin - vienne fouiner dans sa salle à manger, sa chambre à coucher ou encore dans son compte en banque. Le Suisse, contrairement à l'Américain, n'aime pas claironner sur la place publique sa situation financière.

 

Le paradoxe est que, dans le même temps, la propension à étaler sa vie privée dans les réseaux sociaux comme dans de nombreux talkshows est en croissance. Malgré cette volonté de tout raconter partout, personne ne veut que l'Etat s'en serve pour exiger quelque chose du citoyen.

 

Les débats politiques prennent exactement la même tournure. Tout le monde s'accorde sur le principe d'une protection des données efficace pour éviter un Etat fouineur et l'avènement de "big brother is watching you". Mais quelles données protéger ? Les mêmes qui veulent la suppression du secret bancaire sont prêts à s'offusquer, au nom du respect de la sphère privée, de l'interdiction des cagoules lors de manifestations, de la pose de caméras de surveillance pour assurer la sécurité et éviter la détérioration de matériel ou de l'introduction du passeport biométrique.

 

La protection de la sphère privée a évidemment des limites. Elle ne doit pas couvrir des actes délictueux, comme la fraude fiscale. Le débat sur le secret bancaire est l'occasion de redonner à la sphère privée sa juste place dans les valeurs de la Suisse et du fonctionnement entre l'Etat et les citoyens. Il n'y a aucune honte à vouloir défendre nos intérêts !