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25/09/2009

Pas de double augmentation des primes pour les apprentis

J’ai été étonnée de voir dans le 24heures d’hier un article plus qu’alarmiste. Il annonçait que les apprentis vaudois allaient subir une double augmentation de leurs primes d’assurance maladie. La faute à la nouvelle loi vaudoise sur la formation professionnelle. Je tiens à vous tranquilliser. C’est faux. Petite explication.

 

L’ancien système de la demi-prime consistait à verser à l’apprenti la moitié de sa prime effective d’assurance maladie. Avec tout ce que cela signifiait de travail administratif pour connaître le montant exact de la demi-prime de chaque apprenti. Le Grand Conseil a décidé de simplifier la vie des entreprises sans pénaliser leurs jeunes collaborateurs. Il a remplacé l'ancienne politique par le paiement d'un montant forfaitaire de 80.- par apprenti.

 

Prenons un exemple concret. J’ai trois apprentis dans l’association que je dirige. Avant l’entrée en vigueur du nouveau système en août 2009, nous payions une demi-prime moyenne de 56 CHF 05 soit un total de 168 CHF 15. Avec le nouveau système, nous payons 80.- par apprenti soit 240.- au total. Tous nos apprentis gagnent en moyenne 23 CHF 95 avec le nouveau système (soit 80 – 56.05).

 

Reprenons le chiffre d’augmentation cité dans l’article soit 13.7% pour calculer les primes 2010. Soit dit en passant, il s’agit du montant demandé par les assureurs qui est chaque année révisé à la baisse après négociations. Mais admettons qu’il soit retenu tel quel. La demi-prime moyenne 2010 serait alors de 63 CHF 75 pour nos apprentis. Cela donne un gain moyen de 16 CHF 25 pour 2010 (soit 80- 16.25).

 

J’espère que ce petit exemple chiffré rassurera les apprentis et leurs familles. Les apprentis vaudois ne verront pas leurs primes dévorer leur budget 2010 à cause la nouvelle loi sur la formation professionnelle.

07/09/2009

Le monde du travail n’appartient pas aux Académiciens

Les Académies suisses des Sciences se sont fendues d’un livre blanc concernant l’éducation. Un pavé dans la mare ! Selon le scénario proposé par l’institution, d’ici 2030, 70% des jeunes devraient obtenir un diplôme de degré tertiaire. C’est-à-dire universités, HES et écoles polytechniques confondues.

L’objectif affiché de 70% de diplômés en 2030 est illusoire. Il faut une augmentation pour satisfaire nos besoins économiques. Celle-ci devra surtout provenir de la formation professionnelle et pas des universités. L’économie a besoin d’Indiens et de chefs pour fonctionner. Et pas de chefs sans Indiens ou d’Indiens sans chefs ! Une entreprise chimique, par exemple, a besoin de deux types de personnels pour ses affaires. D’une part, des chimistes pour réaliser les recherches et d’autre part des laborantins pour les appuyer et réaliser les tests nécessaires. Sans cette dualité, l’entreprise ne fonctionne pas.

Les Académies tombent dans le piège de considérer l’Université comme la voie « royale ». C’est normal. Les auteurs de l’étude en sortent. En Suisse romande, nous avons plus tendance à privilégier la voie académique que nos collègues alémaniques. C’est probablement l’influence du modèle français. Conséquences : moins d’adaptabilité au marché du travail et plus de chômage. Comme dans le modèle de notre voisin !

Les HES devraient permettre l’élargissement nécessaire de la base de la pyramide de la formation tertiaire. Les universités seraient la pointe. Elles gagneront ainsi en rayonnement international grâce à la concentration de leurs moyens Les meilleures d’entre elles satisfont toujours à trois critères : elles disposent d'un corps enseignant et d'équipes de recherche d'élite, se concentrent sur la recherche et attirent les meilleurs étudiants.  Ainsi, nous cumulerions les compétences du personnel qualifié. Une recherche de classe internationale et les praticiens de haut vol dont notre place économique a besoin.