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29/01/2010

Cette éolienne qui fait brasser du vent

La ville d’Yverdon-les-Bains va installer la première éolienne urbaine à axe verticale de Suisse.

Les média l’ont annoncé ce matin. Son coût : 26'000 francs. Sa production : 1000 à 1500 kW par an soit la moitié de la consommation d’un ménage de quatre personnes selon 24heures ou le tiers selon la RSR.

 

Je salue l’initiative d’Yverdon. Comme l’écrit 24heures, c’est un symbole écologique que va installer la ville du bout du lac. Un véritable pas vers le développement durable du Nord Vaudois. Ces démarches sont capitales pour la recherche et le développement technologique.

 

Mais il faut remettre l’éolienne au milieu du village. Cessons de brasser de l’air et parlons approvisionnement et prix. Combien cela couterait-il d’approvisionner tous les habitants d’Yverdon en énergie éolienne? Faisons le calcul ensemble. Selon le site de la commune, il y avait environ 25'800 habitants au 31 décembre 2008. En admettant qu’ils vivent tous dans un ménage de quatre personnes, on obtient 6450 ménages. Pour avoir le nombre d’éoliennes nécessaires à leur approvisionnement, on multiplie encore ce chiffre par deux ou par trois (consommation d’un ménage selon 24heures ou la RSR), soit 12'900 ou 19'350 éoliennes. En multipliant encore ces chiffres par le prix unitaire de l’éolienne (26'000.-), on obtient un coût total pour Yverdon de 335'400'000.- à 503'100'000.-

 

Un tiers ou un demi-milliard de francs à investir pour assurer l’approvisionnement de la seule commune d’Yverdon.  Et encore, il ne s’agit que de l’approvisionnement théorique, parce qu’on ne peut pas, techniquement, stocker l’électricité produite. Or, les jours sans vent, il faudra toujours allumer sa lumière. Par conséquent, le courant devra venir d’autres sources.

 

Face à cette réalité, la stratégie énergétique en quatre piliers du Conseil fédéral (à savoir : économie d’énergie, contrats d’importation d’électricité et développement des énergies renouvelables) reste encore l’option la plus sage. Investissons dans les renouvelables comme énergies d’appoint mais soyons conscient de leurs coûts et de leurs limites. Pour travailler, cuire notre repas du soir ou encore allumer la lumière, nous avons besoin des grandes centrales hydrauliques et nucléaires. Sinon les jours sans vent et sans soleil, nous ne pourrons allumer ni notre ordinateur, ni notre lumière et encore moins être chauffés.

19/01/2010

Une fois n’est pas coutume

Pour une fois, j’ai pu constater que j’étais d’accord avec mon collègue député, Jean-Christophe Schwaab. Pendant la séance du Grand Conseil de ce matin, il a déclaré, fort justement, d’ailleurs, que l’argent de la fondation cantonale en faveur de la formation professionnelle, provenait des patrons.

 

Mais, ce n’est pas tout. Il a aussi dit que les employeurs en font déjà assez sur ce plan-là et qu’il est temps que l’État participe aussi. Comme quoi, tout vient à point qui sait attendre.

Échos du Grand Conseil

Je vous transmets , aujourd'hui, l’intervention au Grand Conseil de mon collègue député Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint à la CVCI. Elle était consacrée à une motion d’Yves Ferrari. Dans celle-ci, le député Ferrari demande au Conseil d’État de présenter un plan d’action permettant de développer les énergies renouvelables afin de pouvoir, à terme, se passer de toutes les énergies qui ne le sont pas. L’intervention du député de Lutry a le mérite de « remettre l’église au milieu du village ». La voici, in extenso :

 

« Notre collègue Ferrari rappelle fort opportunément le scrutin du 29 novembre dernier, qui a permis au peuple vaudois, dans un vote purement consultatif et sans conséquences immédiates, d’exprimer ses appréhensions envers l’énergie nucléaire. Il est intéressant de rappeler aussi que le même week-end, les citoyens neuchâtelois se sont prononcés sur un sujet connexe, mais avec des conséquences financières très concrètes. Les Neuchâtelois ont refusé à environ 65% une révision de leur loi cantonale sur l’énergie qui prévoyait de fortes obligations en matière d’énergie renouvelables et d’assainissement des bâtiments.

 

Quand les citoyens neuchâtelois ont compris que l’eau, le vent et le soleil sont, bien évidemment sympathiques, mais aussi très onéreux, ils ont voté massivement contre cette révision. Puisque ce postulat Ferrari partira vraisemblablement en commission, que les membres de celle-ci n’oublient pas la question des coûts de production dans l’analyse de ce postulat. » Puis, plus tard dans les débats : « Le rôle du politique est d’assurer l’approvisionnement en électricité, pas la pénurie. »