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25/02/2010

Formation professionnelle des sans-papiers : un mauvais signal

Un communiqué de presse des associations économiques vaudoises

 

 Les organisations patronales faîtières du canton de Vaud regrettent que le Grand Conseil n’ait pas cru bon de dénoncer de la manière la plus claire le « pari de l’illégalité » annoncé en fin de semaine passée par la Municipalité de Lausanne à propos des jeunes sans-papiers aspirant à suivre une formation professionnelle. Il aurait pu le faire non seulement en rejetant la résolution déposée par M. le Député Grégoire Junod, mais surtout en approuvant celle proposée par M. le Député Jean-Marie Surer.

 

Sans exagérer la portée des résolutions traitées hier au Grand Conseil, la CVCI, la FPV et Prométerre insistent sur le très mauvais signal que constitue le rejet de la résolution déposée par les partis du centre-droite. La proclamation d’une velléité de violer la loi est choquante en soi (qu’entendrait-on si elle émanait d’une entreprise ou d’une organisation professionnelle ?). Elle l’est particulièrement lorsqu’elle émane d’une autorité publique, et plus encore lorsque dite autorité a l’obligation légale de dénoncer l’infraction qu’elle annonce vouloir elle-même commettre.

 

Au-delà de cette position de principe, les organisations patronales vaudoises dénoncent le message catastrophique que délivre la Municipalité de Lausanne s’agissant de la lutte contre le travail au noir et regrettent que le Grand Conseil n’ait pas cru bon de signifier clairement sa désapprobation. Les associations économiques s’engagent depuis des années à lutter contre ce qui constitue un fléau; elles l’ont fait avec l’appui des autorités publiques – jusqu’ici du moins –, et en collaboration de surcroît avec les associations syndicales. Il est pour le moins regrettable que des signaux exactement contraires soient aujourd’hui diffusés dans le canton, donnant à penser qu’un changement fondamental s’est produit au niveau politique et laissant planer une attitude ambiguë de la part de certains responsables syndicaux.

 

 

Pour tout renseignement :

 

Ø   Claudine Amstein, directrice de la CVCI, tél. 079 / 210 67 88

 

Ø   Christophe Reymond, secrétaire général de la Fédération patronale vaudoise,

      tél. 079 / 621 12 05

 

Ø   Luc Thomas, directeur de Prométerre, tél. 079 / 779 30 83

 

 

Lausanne et Paudex, le 24 février 2010.

08/02/2010

Le vrai poids des sociétés cotées dans l’économie

L’initiative Minder veut imposer un certain nombre de règles organisationnelles aux entreprises suisses côtés en bourse. Sans s’engager dans le débat pour ou contre l’initiative, examinons ensemble le poids de ces entreprises dans l’économie suisse.

 

Les entreprises suisses cotées en bourse sont moins de 300. Selon economiesuisse, elles représentent 0.15% des sociétés anonymes du pays mais 20% de l’emploi total. Elles sont, en général, plus productives que la moyenne de l’économie et fournissent 18% du PIB national. Elles favorisent la recherche en finançant 51% de la R&D privée en Suisse. Elles paient 42% des impôts sur les entreprises. Un cinquième des diplômés de nos hautes écoles décrochent leur premier emploi dans une entreprise cotée en bourse. En outre, 250'000 emplois supplémentaires dépendent indirectement de ces sociétés,. Les grandes entreprises et le dense tissu des PME sont étroitement imbriqués. Les sociétés cotées sont indiscutablement un des piliers de notre prospérité.

 

C’est en raison de ce poids considérable que toute révision du droit des sociétés doit se faire avec soin et pas à la va vite suite à certaines affaires. Une erreur dans la loi ou un manque de flexibilité auraient des conséquences très graves sur l’ensemble de l'économie suisse.

03/02/2010

Un mix énergétique farceur?

Le débat énergétique a occupé plusieurs de mes dernières interventions. Pour continuer sur ce thème passionnant voire passionnel, je vous propose l'article de Monsieur Clovis Chollet consacré au mix énergétique et publié dans le journal de la CVCI de janvier.

 

"La presse a déjà longuement parlé de «l’affaire des factures d’électricité». Les fournisseurs d’électricité sont désormais obligés d’indiquer à leurs clients la composition de l’électricité qu’ils leur livrent. D’une part, les clients ont pu s’apercevoir que la majeure partie de leur électricité est «d’origine inconnue», et d’autre part, que l’énergie nucléaire n’est jamais mentionnée sur leur facture.

 

Il n’y a donc pas d’énergie nucléaire distribuée en Suisse ? C’est tout de même bizarre étant donné qu’environ 40 % de l’énergie produite dans notre pays est issue de l’atome. Cela voudrait-il dire que nos voisins européens sont tellement pro-nucléaires qu’ils se précipitent pour acheter nos 40 % d’électricité nucléaire ? C’est encore plus improbable.

 

On peut comprendre que les distributeurs ne considèrent pas opportun de mentionner l’énergie nucléaire dans leur mix pour des raisons promotionnelles. Il est vrai que l’atome n’a pas très bonne presse. Cependant, on se heurte ici à une obligation de pragmatisme. L’énergie entre dans les coûts de production. Si elle est trop chère, certaines activités ne se feront tout simplement plus ici. Et il ne s’agit pas seulement d’industries polluantes. La distribution et l’hôtellerie sont aussi de grands consommateurs d’électricité.

 

Il faut arrêter de faire croire aux gens que le nucléaire n’arrive pas dans leurs prises et que le soleil va combler tous nos besoins, comme le proclame la gauche qui veut passer au tout photovoltaïque.

 

Examinons ce moyen de production. Passons sur les problèmes de stockage les jours sans soleil et concentrons-nous sur les coûts et la production. L’énergie photovoltaïque, c’est 65 à 75 cts/kWh. Le nucléaire, 4 à 8 cts/kWh. Un ménage peut éventuellement se permettre de payer la différence, mais pour une entreprise, cela se chiffre en centaines de milliers de francs.

 

La production d’énergie est, par ailleurs, plus qu’insuffisante pour couvrir les besoins de la population et de l’économie. Un simple exemple, le plus grand parc photovoltaïque de notre pays est le Stade de Suisse, le Wankdorf à Berne, 5'000 m2 de panneaux. Sa production totale couvre tout juste 10 % des besoins du seul stade !

 

Dans cette situation, on ne peut que se rallier à la position du Conseil fédéral. Oui, les renouvelables sont un des quatre piliers de la politique énergétique, tout comme l’efficacité énergétique et l’achat de courant à l’étranger, d’ailleurs. Mais la production des grandes centrales suisses est l’indispensable quatrième pilier."