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26/03/2010

Comptes de l’Etat de Vaud : un résultat remarquable mais quelques inquiétudes aussi.

Un communiqué de presse de la CVCI et de la FPV.

Le bouclement des comptes de l’Etat de Vaud, qui se solde par un excédent de près de 380 millions de francs après des écritures de bouclement de plus d’un demi-milliard de francs est réjouissant. Les contribuables vaudois, au premier rang desquels les entreprises du canton, ont notablement contribué à ce bon résultat. Les projets d’investissements, notamment en faveur des infrastructures, doivent être salués, tout comme les mesures prévues en faveur de l’économie et de la formation. En revanche, l’extension prévue du filet social, déjà particulièrement dense dans le canton, suscite des réserves, notamment quant à son financement.

La Fédération patronale vaudoise (FPV) et la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) ont pris connaissance avec satisfaction des comptes de l’Etat de Vaud. Elles relèvent que les contribuables vaudois ont très largement contribué à ces excellents résultats, et parmi eux les entreprises dont la capacité à résister à la crise a permis d’engranger de substantielles rentrées fiscales, notamment sur le plan de l’impôt sur le bénéfice. Par le maintien d’une activité économique solide et diversifiée, pourvoyeuse d’emplois – on rappellera que plus de 6'000 emplois net ont été créés en 2009 dans le canton – et de revenus, elles ont apporté une contribution importante à la bonne santé du ménage cantonal.

Les mesures supplémentaires à caractère structurel, notamment en matière d’infrastructures, en faveur de l’économie, de l’environnement ou de la formation doivent être accueillies favorablement. Elles constituent certes un signal positif mais on relèvera que la politique d’investissements du canton doit incontestablement être renforcée, tout spécialement en matière d’infrastructures, pour maitriser les défis liés à l’évolution démographique et économique.

Les projets visant à étendre encore plus les mesures à caractère social dans le canton sont en revanche accueillies avec la plus grande réserve, à mesure que les modalités de leur financement ne sont pas encore déterminées. On rappellera dans ce cadre que notre canton dispose d’ores et déjà d’un filet social complémentaire aux assurance fédérales extrêmement dense (subsides à l’assurance maladie, aide au logement, avances sur pensions alimentaires, bourses d’études, allocation de maternité cantonale, revenu d’insertion, aide aux personnes recourant à l’action médico-sociale etc.) auquel on peut ajouter les aides du Fonds cantonal de la famille et les dispositions généreuses de la loi d’application de la loi fédérale sur les allocations familiales. L’extension à l’infini du catalogue de prestation ne peut être envisagée. En outre, au vu de leur importante contribution à la bonne santé des finances cantonales, les entreprises ne pourraient admettre que le financement de mesures sociales supplémentaires soit mis à leur charge – en tout ou partie – comme le prévoyait un projet gouvernemental à l’automne dernier.

Pour tout renseignement :

CVCI : Claudine Amstein : 079 210 67 88

FPV :  Jean-Hugues Busslinger : 079 279 76 42

25/03/2010

La politique énergétique en questions

Une étude mandatée par le Conseil d'Etat conclut que, pour atteindre les objectifs théoriques fixés par la Confédération en termes d’économie d’énergie et de production de renouvelables, l’ensemble du canton devrait investir un peu moins de 40 milliards de francs !

Surfant sur la tendance réchauffement climatique - renouvelable, tous les pouvoirs publics cherchent à se profiler dans ce domaine porteur en termes de voix et de visibilité. L’Etat de Vaud ne fait pas exception. Mandaté par le Conseil d’Etat, le bureau Weinmann Energie a présenté, fin février, une étude sur les «Perspectives énergétiques du canton de Vaud à l’horizon 2035». Une étude qui conclut que pour atteindre les objectifs théoriques fixés par la Confédération, en termes d’économie d’énergie et de production de renouvelables, l’ensemble du canton devrait investir un peu moins de 40 milliards de francs!

Remettons ces chiffres en perspective. Pour réaliser les économies demandées, il faudrait dépenser, 1 milliard 477 millions par année durant 26 ans. Cette somme représente environ 20 % du budget annuel de l’Etat de Vaud ou la moitié de sa dette.

A ce stade, une question se pose : sommes-nous prêts à nous lancer dans de tels investissements ? La Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro, en charge du dossier, est d’ailleurs consciente du problème. Elle s’est demandé, lors de la conférence de presse, si le domaine énergétique devait être favorisé au détriment d’autres, comme le social, la formation ou les infrastructures de transport. La question est, bien entendu, restée en suspens.

Qu’est-ce qui est le plus stratégique pour l’avenir du canton et en particulier pour son avenir économique ? Investir massivement et étatiquement dans le renouvelable ou utiliser ces moyens colossaux pour désendetter définitivement l’Etat de Vaud, baisser les impôts et laisser l’économie et les particuliers régler les problèmes énergétiques par eux-mêmes, avec les moyens dégagés par ces mesures ?

Avec la Fondation pour le centime climatique, l’économie a démontré certaines capacités à atteindre des résultats rapides, sans péjorer les finances publiques, ni accroître la réglementation. Il faut, à nouveau, lui laisser l’occasion de s’exprimer.

Article paru dans le journal de mars 2010 de la CVCI, écrit par Clovis Chollet, assistant politique.

15/03/2010

Libre circulation des personnes, encore et toujours !

Terreau propice aux remises en question en tous genres, la crise et son impact sur le chômage alimentent certains politiques. Les perdants reviennent à la charge et mettent tous les maux sur le dos de la libre circulation. D’aucuns exigent sa dénonciation, tandis que d’autres se d’une renégociation. Même le Conseil fédéral a envisagé le recours à la clause de sauvegarde.

 

Toute cette agitation est-elle justifiée? Les prévisions d’éviction des travailleurs indigènes au profit de la main d’œuvre étrangère et de dumping salarial se sont-elles vérifiées? Seuls les chiffres permettent de répondre à ces questions avec une certaine objectivité. Si le recul manque avec les nouveaux États membres, nous avons déjà pu expérimenter quelques années de libre circulation avec les 17 anciens membres (UE 17) qui sont de très loin, les plus grands réservoirs de main-d’œuvre étrangère en Suisse.

 

270'000 emplois ont été créés en Suisse entre 2003 et 2008, dont 150'000 ont été occupés par des Suisses et 83’000 par des ressortissants de l’UE 17. Les professions ayant connues la plus forte progression d’arrivée de ces derniers (universitaires et techniques) ont également vu leurs nombres de chômeurs se réduire sur la même période. Ces arrivées ont ainsi palliées le manque de main d’œuvre locale dans des secteurs en forte croissance et permit à la Suisse de profiter pleinement de la période de croissance 2006-2008. Enfin, l’évolution des salaires ne diffère pas systématiquement, dans les branches et régions qui ont connus une forte immigration, de celles où l’immigration a été la plus faible.

 

D’aucuns ont parlé de tourisme social. Il suffit de citer deux chiffres pour régler le contentieux. Les ressortissants de l’UE au premier pilier atteint 19% des cotisations globales. Les prestations versées à ces mêmes ressortissants se montent à 15% des prestations totales. Conclusion: les ressortissants des pays voisins contribuent davantage au système social suisse qu’ils ne perçoivent de prestations de celui-ci.

 

Les prophéties alarmistes des opposants de la libre circulation ne se sont donc pas vérifiées. Pourquoi devrait-on les écouter aujourd’hui? Il faut garder confiance en des accords nécessaires qui contribuent à la prospérité de la Suisse. Notre pays gagne un franc sur trois grâce à ces relations avec l’Union européenne, qui est aussi le principal réservoir de main d’œuvre étrangère indispensable au fonctionnement de notre économie.

 

Propos recueillis auprès de Matthieu Piguet, sous-directeur de la CVCI.