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04/05/2010

La cohésion nationale, une histoire de nouvelles fraîches ?

Depuis quelques temps, la presse suisse résonne d’une sourde rumeur : les Suisses ne se comprennent plus entre eux ! A qui la faute ? Aux Suisses alémaniques, d’un côté, qui privilégient leurs dialectes et l’anglais à la pratique du Hochdeutsch et du français. Aux Suisses romands, de l’autre côté, dont le niveau souvent si ridiculement bas en allemand, ne leur permet pas de tenir une conversation avec leurs voisins d’Outre-Sarine. La cohésion nationale est-elle menacée ?

Quelques petites expériences pratiques sont révélatrices de changements désagréables. Un vendredi à quinze heures, au sortir d’une séance à Saint Gall, j’ai voulu acheter le Temps et le 24heures au kiosque de la gare. Surprise, les seuls exemplaires disponibles étaient ceux de la veille ! Pourtant, j’étais bien en Suisse, pas à l’étranger, dans une ville reliée à Lausanne et Genève par un train par heure!  Et pourtant, on trouve le Blick et la NZZ du jour dans la plupart des grands kiosques de Lausanne et a fortiori celui de la gare. Alors, pourquoi pas l’inverse ? C’était étonnant, presque dépaysant.

Un mois plus tard, je sortais d’une séance à dix heures du matin, au Tessin cette fois. Je me suis dit que j’allais refaire le test. J’ai trouvé le 24heures et le Temps, frais du jour cette fois-ci ! Surprenant, quand on sait que pour rallier Lugano depuis Lausanne, il faut cinq heures de train.  Alors, comment font les Tessinois ? Et bien, non seulement ils apprennent l’allemand (et le français la plupart du temps), mais en plus, ils s’intéressent à ce qui se passe dans le reste du pays.

Plus que des problèmes de langues ou de trains, le principal obstacle à la cohésion nationale est le manque de curiosité pour l’autre côté de la Sarine, de quelque côté que l’on se place. Et pour entretenir la curiosité, rien de mieux que des nouvelles fraîches, non ?!

16:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Madame Amstein,

"Sind Si sicher dass es e so isch?" (Orthographe approximatif?)

Les journaux sont transportés par plusieurs canaux d'un point à l'autre du pays: camions (privé), CFF (Cargo?) et La Poste. Si le premier des canaux est efficace, pour les deux autres on peut malheureusement en douter!... Par exemple "La Poste": et bien elle est incapable de livrer régulièremnt un journal de Genève à Lausanne!
Bon! Vous me direz que là ce n'est pas bien grave! Le journal dont je parle est un quotidien indépendant "Le Courrier" qui, en plus a des idées "subversives".

Écrit par : Père Siffleur | 05/05/2010

Be, vediamo se uno Svizzero è capace di farsi capire nelle altre lingue nazionale.
Ho lavorato nel Ticino cinquant' anni fà e ho perso la pratica dell' italiano. Ma alcuni mesi al di là sarebbero sufficiente per essere di nuovo in gamba.
Wie steht's eigentlich mit der deutschen Sprache Nun, nach vierzig Jahren in der deutschen Schweiz rede ich immer noch kein einziges Wort Schwiitzerdütsch. Fürwahr, ich sollte mich schämen !! Aber ich bin mehr als einmal für einen Sauschwaben oder einen Oesterreicher genommen worden und lese und schreibe die Sprache Goethes und Schillers ganz ohne Probleme.

And well, there's also some knowledge of the English tongue, acquired on the spot during some stays in Jersey C.I., Canada and the U.S., seven year on the whole. I use English practically every day on the net, to get some information or to communicate.

Et en fin de compte, j'allais oublier que ma langue maternelle est le français, que j'utilise incidememnt tous les jours. Et les propos ci-dessus me rappellent l'histoire du jeune pédant qui se vantait de parler CINQ langues, et la réponse de sa charmante hôtesse: "Mon cher, quel chance vous avez ! Ainsi, vous disposez de cinq mots pour exprimer la même idée !

Écrit par : JC. Simonin | 06/05/2010

En effet, je pense que c'est un vrai faux problème. La cohésion nationale n'est en rien menacé.

Écrit par : salle de bain | 23/01/2012

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