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21/06/2010

Initiative pour des impôts équitables – une nouvelle tonte de la classe moyenne

La semaine dernière, le Conseil national a refusé l’initiative populaire socialiste « pour des impôts équitables ». Un beau titre pour une belle tromperie et une atteinte sérieuse au fédéralisme. Je pense que c'est le meilleur résumé de ce texte qui a surtout pour but d'animer les campagnes électorales.

 

L'initiative prévoit d'instaurer des taux d'impôts cantonaux et communaux minimaux pour les revenus élevés (à partir de 250'000 francs de revenus imposables) et les grosses fortunes (dès 2 millions de francs de fortune imposable) ainsi que d'interdire des impôts dégressifs. Elle donne ainsi l’impression que seuls les hauts revenus seront touchés.

 

C’est purement et simplement un leurre! L’initiative conduit à revoir tout le barème pour éviter les effets de seuil en raison de la progressivité de l’impôt. Conséquences : les impôts sur le revenu et la fortune augmenteront tous les deux et pour tout le monde. C’est une nouvelle tonte de la classe moyenne qui nous attend! A titre d’exemple, d’après l’étude du Professeur Lars P. Feld, titulaire de la chaire d’économie publique de l’Université d’Heidelberg, « Une harmonisation fiscale matérielle est-elle nécessaire en Suisse? », la charge fiscale des Zougois irait jusqu’à doubler pour les revenus supérieurs à 120'000 francs!

 

A la suite de la loi sur l'harmonisation des impôts directs, les cantons ont gardé la capacité de fixer les taux et les barèmes des impôts. Cette initiative, comme on vient de le voir, remettrait totalement en cause ce principe et s'attaquerait surtout au fédéralisme, dont la concurrence fiscale est un des piliers.  Celle-ci reste la meilleure garantie que les deniers publics sont utilisés de manière efficiente pour fournir les prestations de l'État. Cette pression a permis, jusqu'à aujourd'hui, de maintenir en Suisse une fiscalité modérée en comparaison internationale. L'économie a ainsi pu se développer et permettre une substantielle hausse des recettes fiscales de la Confédération comme des cantons et des communes. L'initiative entraînerait une augmentation des impôts dans plus de la moitié des cantons, sans que ces derniers ne le demandent. Elle est définitivement inacceptable!

10/06/2010

Le salaire minimum : un réel progrès social ?

C’est annoncé. L’Union Syndicale Suisse (USS) va lancer une initiative fédérale pour instaurer un salaire minimum. Après la publication de certaines rémunérations excessives, cette idée a de quoi séduire une partie de la population. Mais passé la première réaction, la solution proposée engendre de nouveaux problèmes sociaux, plutôt qu'il n'en résout.

 

Le salaire minimum demandé par l'USS - de l’ordre de 3800 francs par mois, soit 22 francs de l’heure - sur tout le territoire national, est inégalitaire. Des salariés à Genève ou à Appenzell, sans parler de Nyon et La Vallée, n’ont pas les mêmes charges, ni les mêmes aides. Par conséquent, il serait injuste de leur verser le même salaire, car leur revenu disponible - ce qui leur reste dans la poche à la fin du mois - serait tout sauf égal.

 

En outre, ce montant ne tient aucunement compte des différences par branche économique, ni par qualification des collaborateurs. C'est un fait, certains secteurs économiques ont des salaires bas. Ce n'est pas par plaisir, mais tout simplement une question de survie des emplois.

 

L'observation des pays qui ont instauré un salaire minimum confirme cette analyse. En France par exemple, que constate-t-on ? De plus en plus de salariés qualifiés ne sont payés qu'au salaire minimum et ne sont plus augmentés. Il s'ensuit ainsi une baisse des salaires et finalement une absence de reconnaissance des qualifications et de l'engagement du collaborateur, soit exactement l'inverse de ce que semble promettre le syndicat suisse.

 

A fin 2007, l'Institut de recherches économiques de Munich a même conclu que l'instauration d'un salaire minimum généralisé en Allemagne, de seulement 7,50 € de l’heure, se traduirait par la suppression de 1,9 millions d'emplois ! Les premiers touchés seraient, à n'en pas douter, les travailleurs non qualifiés et les jeunes. C’est précisément les catégories que les syndicats veulent protéger. N’est-ce pas un magnifique autogoal ?

 

La Suisse, en comparaison avec les pays qui ont instauré le salaire minimum, a le taux de chômage le plus bas et le niveau de vie le plus élevé. Cette réussite est le résultat du partenariat social, de l'engagement des collaborateurs, de leur motivation à se former, de la reconnaissance par des salaires adaptés et de la création d'emplois par les entreprises. Pourquoi vouloir tout casser ?