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27/08/2010

Assurance chômage - Un assainissement est nécessaire.

Le peuple suisse est connu pour voter généralement avec beaucoup de sagesse et dans le sens de l'intérêt général, même si le sujet fait appel à son porte-monnaie et à ses émotions. La révision de l'assurance chômage, qui est soumise à votation le 26 septembre, en est l'exemple parfait.

Notre assurance chômage fait face à un déficit structurel avec une dette de 7 milliards au 30 juin 2010, qui passera à 8 milliards à la fin de cette année! Cette situation est due au fait que la caisse distribue tout simplement plus de prestations qu'elle n'encaisse de primes.

En adoptant la quatrième révision de l’assurance chômage, le Parlement veut stopper cette spirale de déficit. Il présente un projet équilibré qui demande un effort supplémentaire à toutes les parties prenantes. Du côté des recettes, salariés et entreprises verront leurs cotisations augmenter. La cotisation de solidarité de 1% sur les hauts salaires sera réintroduite, sans aucun droit supplémentaire aux indemnités! Du côté des dépenses, les prestations seront mieux ciblées et le principe d’assurances sera renforcé. Ainsi, pour toucher 18 mois d’indemnités chômage, il faudra avoir cotisé 18 mois, contrairement à douze aujourd’hui.

Les opposants mettent en avant le fait que la catégorie d’actifs la plus touchée par les baisses des prestations est celle des jeunes, notamment des étudiants, qui verront leur droit aux indemnités en fin d’étude passer de 12 à 4 mois. C’est vrai, mais il y a deux éléments à prendre en considération. D’une part, la Suisse est le seul pays en Europe qui verse des indemnités chômage aux jeunes qui sortent d'étude. D’autre part, les jeunes actifs sont aussi les personnes qui trouvent le plus facilement un emploi. De plus, les mesures spéciales favorisant leur entrée sur le marché sont conservées. En comparaison européenne, les jeunes Suisses sont même clairement favorisés par notre marché du travail flexible. En effet, le taux de chômage des jeunes n’est que de 4.5% dans notre pays contre 9.5% en Allemagne, 22.2% en France, 29.5% en Italie et même 40.3% en Espagne (chiffres d’Eurostat et du SECO pour avril 2010).

Fruit d’un dur compromis et d’un long travail parlementaire, cette quatrième révision de l’assurance chômage permet de régler le problème lancinant de la dette par des mesures équilibrées. Si cette révision venait à faillir devant les urnes, au lieu d’une augmentation du taux des cotisations salariales de 2 à 2.2% (soit 10% de prélèvement supplémentaires), le Conseil fédéral serait obligé par la loi d’augmenter les cotisations salariales de 2 à 2.5% (soit une augmentation de 25%). Par son équilibre des sacrifices, la solution proposée par le Parlement a au moins le mérite d’être pragmatique et de limiter les dégâts sur le porte-monnaie du travailleur!

13/08/2010

Soyons ambitieux, visons la première place!

La Suisse est dans le peloton de tête des dépenses de R&D, selon l’OFS. La Confédération les hautes écoles, et surtout les entreprises dépensent un montant total de 16.3 milliards de francs. Cela correspond à 3% du PIB. Nous pointons au sixième rang en comparaison internationale. Seuls Israël, la Suède, la Finlande, le Japon et la Corée du Sud nous devancent.

 

Cela paraît réjouissant. Mais ce que l’OFS ne dit que du bout des lèvres, en fin de communiqué , c’est que notre pays était 7ème lors du classement  2000, puis 5ème en 2004, pour être rétrogradé à la 6ème place en 2008. D’où vient ce léger recul? Les entreprises ont augmenté les montants alloués à la R&D de 24% par rapport à 2004. Les hautes écoles ont fait encore mieux avec 31% de plus.

 

Les chiffres montrent surtout, qu'en Suisse, les montants investis dans la R&D sont principalement le fait des privés (pour les trois quarts des montants investis), contrairement aux autres pays de l'OCDE où le Trésor public assure ces dépenses. Toutefois, au-delà des chiffres et des classements, la taille de l'enveloppe budgétaire ne fait pas tout. Il faut que les recherches soient bien ciblées et que nous puissions bénéficier de chercheurs à même de pouvoir conduire des projets ambitieux. Et l'État doit jouer pleinement son rôle en assurant le financement de hautes écoles de pointe et en permettant l'obtention de permis de travail pour les chercheurs et le personnel qualifié nécessaire. Ces conditions sont hautement stratégiques. Elles ont une influence directe sur la productivité et la compétitivité de nos entreprises qui sont chaque jour soumises à une concurrence internationale plus dure. Nous n'avons pas le choix: au lieu d’être seulement dans le peloton de tête, nous devons prendre la tête du peloton!