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12/11/2010

PC Familles: des questions dérangeantes

Le Grand Conseil vaudois a voté l'entrée en matière sur l'instauration de prestations complémentaires pour les familles. Lors du débat, un certain nombre de questions légitimes ont été soulevées, questions auxquelles aucune réponse n'a été apportée.

 

Le projet veut combattre la pauvreté des familles et offrir des aides plus importantes que celles du revenu d'insertion. Si l'objectif de combattre la pauvreté n'est pas remis en cause, il s'agit de s'attaquer à ses causes. Les chiffres montrent qu'elle résulte, dans la très grande majorité des cas, de la situation personnelle: famille monoparentale, divorce, nombre d'enfants, travail à temps partiel, ou encore manque de formation. Des éléments qui peuvent se combiner d'ailleurs.

 

Il s'agit donc de porter nos efforts sur ces aspects pour lutter contre la pauvreté. Le canton de Vaud vient de se doter d'une fondation pour l'accueil de jour de la petite enfance qui a pour objectif de créer de places d'accueil. Il vient de créer également une fondation pour la formation professionnelle. Les allocations familiales ont été récemment augmentées. Ce sont des réponses concrètes. Alors pourquoi ne pas attendre d'en mesurer les effets avant d'instaurer un nouveau régime ?

 

Pourquoi créer un système d'aide supplémentaire qui se contente de distribuer de l'argent sans exiger des bénéficiaires qu'ils travaillent ? Pourquoi mettre en place un système qui se contente de couvrir les besoins, sans responsabiliser les bénéficiaires ? Pour rappel, la définition fédérale des working poors est que le volume de travail cumulé des membres du ménage atteint au minimum 90 % soit 36 heures par semaine. Pourquoi le canton de Vaud n'a pas une telle exigence pour accorder une aide supplémentaire ?

 

Quant au financement de cette nouvelle aide sociale qui s'ajoute à un filet déjà dense, pourquoi appartiendrait-il aux travailleurs et aux entreprises de la payer? Le monde du travail n'est pas responsable de la pauvreté. Il paie, par ailleurs, déjà des impôts qui doivent financer ces aides.  Pourquoi transférer cette charge supplémentaire sur ceux qui bossent ?  

 

Le Conseiller d'Etat n'a pas répondu. Trop dérangeantes ces questions ?

10/11/2010

La performance dérange!

Je vous soumets, aujourd’hui, un article que j''ai écrit pour le dernier numéro "d'Employeur suisse", le journal de l'Union Patronale Suisse ("Employeur suisse", Rubrique Éclairage, Edition 17 / 2010, p. 61):

"L'âme de ce pays peut être bien étrange ! Elle nous pousse souvent à nous focaliser sur le détail, pour critiquer, voire condamner les projets innovateurs. Elle nous retient d'être fiers de ce qui se fait ici, de reconnaître nos atouts et, évidemment, de nous féliciter d'avoir des têtes qui dépassent.

L'EPFL a inauguré en juin 2009 sur son campus le Quartier de l'Innovation. Pas moins de 2000 emplois vont y être créés d'ici 2012 ! Et c'est sur ce campus que Nestlé a annoncé sa décision d'implanter un centre de recherche consacré à «la nutrition de santé», centre qui comptera près de 200 collaborateurs. Au lieu de se réjouir de cette bonne nouvelle, la radio romande se demandait si cette collaboration entre l'industrie et le monde académique ne risque pas d'avoir une influence néfaste sur les scientifiques, d'en faire des pions au service de l'économie et de priver le monde universitaire de son indépendance. En plein débat sur l'assurance-chômage, nos journalistes ont été incapables de mettre en perspective cette chance de voir 200 emplois créés dans un secteur de recherches qui pourrait générer d'autres emplois grâce aux découvertes faites. Dans tout autre pays, on se battrait pour bénéficier d'une telle opportunité et on serait reconnaissant de pouvoir en profiter. Manifestement pas en Suisse !

Heureusement que cet esprit étriqué n'habite pas tous les citoyens de ce pays, sans quoi notre taux de chômage ne serait pas le plus bas d'Europe. Pour atteindre cette place enviable, la Suisse s'est donné les moyens. Depuis des années, elle caracole en tête des classements mondiaux sur la capacité d'innovation, grâce à des activités de recherche et développement très dynamiques. Elle y consacre plus de 3 % de son PIB et atteint ainsi l'objectif fixé par le Traité de Lisbonne, qui vise à doter l'Europe de «l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde». Les journalistes, si prompts à la critique et habités par cet esprit chagrin, seraient bien inspirés de regarder les chiffres en détail. Ils constateraient alors que, si la Suisse sort encore en tête des classements mondiaux sur la R&D, c'est bel et bien parce que cette dernière est financée aux trois-quarts par l'économie privée. C'est aussi cette économie privée qui ouvre des centres de recherche à l'EPFL et qui investit des montants considérables à l'étranger. Elle a depuis longtemps «rasé les montagnes afin de voir la mer», pour le bien général de nos emplois!