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14/02/2011

Votation bernoise sur Mühleberg, une victoire du bon sens !

Les Bernois ont accepté hier le renouvellement de la centrale nucléaire de Mühleberg. On peut se réjouir que la population bernoise montre l’exemple avec ce vote positif et responsable.

 

En effet, la sécurité de l’approvisionnement de notre pays serait menacée sans renouvellement des grandes centrales, , car elles fournissent 40% de l’électricité consommée en Suisse. Si on les arrête, ces 40% disparaitront et ne pourront pas être complètement compensés par les énergies renouvelables, qui n'assurent aujourd'hui que 5% de la production d'électricité en Suisse. On peut facilement envisager les conséquences : prix de l’énergie qui explose, coupures de courant, black out, voire même suppression d’emplois et chômage. En effet, les entreprises ont besoin d’un approvisionnement sûr, continu et à prix correct. Si ce n’est plus le cas, une partie des emplois qu’elles représentent disparaîtront probablement. Et que dirons-nous quand la pompe (électrique) de notre chauffage à mazout s’arrêtera un samedi d’hiver parce qu’il n’y a plus de courant ? Par conséquent, menacer la sûreté de l’approvisionnement électrique est dangereux pour la société dans son ensemble.

 

Pour éviter ce scénario catastrophe, je pense qu’il faut cumuler toutes les sources de production pour assurer notre approvisionnement en électricité. Le Conseil fédéral a adopté une politique raisonnable qui repose sur quatre piliers: efficacité énergétique, énergies renouvelables, grandes centrales électriques et politique énergétique extérieure. Cette approche fédérale est la seule à même de nous garantir un approvisionnement en électricité fiable, respectueux du climat et à des coûts acceptables en l’état actuel de la technologie.

 

Dès lors, espérons que le Grand Conseil vaudois fera preuve de la même responsabilité que le souverain bernois lorsqu'il votera demain sur le même dossier du renouvellement de nos grandes centrales de production nationales…

04/02/2011

Place au changement !

Les fêtes sont passées, les bonnes résolutions déjà oubliées, la vie a repris son cours. Comme chaque année, rien n’a fondamentalement changé entre décembre et janvier, car le changement ne suit pas le calendrier. Il est permanent, même si on se refuse à le voir.  Ses effets sont plus ou moins rapides, plus ou moins visibles, plus ou moins faciles à assimiler.

Le brusque renforcement de la valeur du franc suisse constitue l’exemple typique d'un nouveau paramètre à digérer. La première réaction est de se tourner vers la BNS et le Conseil fédéral pour exiger des solutions. Au passage, chacun y va de son bon conseil : dévaluation du franc suisse, alignement du franc sur l’euro, et j’en passe. Au final, il n’y a pas de miracle. Il faut faire face. Nos entreprises exportatrices n’ont pas d’autre choix que de s’adapter, d’être les meilleures, d’innover, de trouver des niches et de chercher des solutions pour se garantir contre les risques de change.

Dans l’agitation de l’année électorale à venir, les partis et leurs candidats  vont s’évertuer à faire croire qu’ils vont changer la société et tout résoudre. C’est sexy électoralement et c’est une belle source de motivation pour les candidats. Et pourtant, comme à Nouvel An, le cours des événements continuera avec ses soubresauts, indépendamment de cette échéance. Une fois les élections passées, le monde politique poursuivra sa course derrière les transformations du monde, de la société et de l’économie. Il devra, tout comme les entreprises, affronter des changements brusques. L’évolution de la place financière en a été l’exemple marquant de la dernière législature.

Ainsi, une certaine humilité dans la pratique quotidienne du mandat politique est le meilleur garant de l’exercer pour le bien de la société en général.  Il devrait essentiellement consister à accompagner -idéalement à anticiper- les changements pour permettre à la population et à l’économie, d’évoluer et de garder leur faculté d’adaptation. Malheureusement, le pouvoir politique n’a eu que trop souvent tendance à déraper ces dernières années en voulant régler dans les moindres détails la vie quotidienne des citoyens et des entreprises. La volonté de réglementer la garde d’enfants, même par des proches, en est un triste exemple.

Une réglementation tatillonne empêche de se concentrer sur l’essentiel. De plus, l’abus de réglementations est certainement le meilleur moyen de scléroser la société au point d’annihiler sa faculté de s'adapter aux inévitables changements.

Claudine AMSTEIN

Paru dans "Employeur suisse", février 2011