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11/03/2011

Un congé paternité de 20 jours pour les fonctionnaires de l’Etat de Vaud : un nouveau privilège ?

Mardi dernier, une motion socialiste demandant l'instauration d'un congé paternité de vingt jours pour les fonctionnaires a été déposée au grand conseil. Une vieille marotte de la gauche qui revient à intervalle régulier. En effet, un projet identique a déjà été refusé par le Grand Conseil en 2007. Outre son aspect électoraliste, ce projet vise notamment à « faire de l’État un employeur attrayant », « à renforcer le lien père-enfant » et « l’égalité homme-femme ».

 

Les collaborateurs de l'Etat ont actuellement droit à cinq jours de congé paternité payé. C’est déjà plus du triple de la moyenne de l’économie privée qui est d’environ un jour et demi. On peut s’étonner que la gauche veuille encore rajouter une ligne aux sept pages A4 de congés possibles dans la fonction publique (résultats obtenus en imprimant le site de l’Etat). C’est déjà pas mal pour rendre un employeur attrayant !

 

L’argument de l’égalité  cède à la facilité. Que se passera-t-il à l'issue du congé paternité? Que deviendra l'implication du père au-delà du congé paternité? C'est la vraie question, mais cette question appartient à la sphère privée. Dans tous les cas, on constate que les congés pour prendre soin d'un enfant malade sont demandés par les mères et pratiquement jamais par les pères. L'engagement d'un père comme d'une mère dans l'éducation des enfants ne devrait pas se résumer à un congé de 20 jours pour se donner bonne conscience.

 

Quant à la question du financement, la motion ne s'en préoccupe pas. Et pour cause, il est plus facile à obtenir pour la fonction publique. Si un employeur privé veut offrir ce type de prestations à son personnel, lui et ses employés doivent gagner, par leurs activités, les montants nécessaires. Pas toujours évident vu la concurrence mondiale! Dans le cadre de ce projet, on met simplement une charge de plus sur le dos du contribuable qui n’a, dans la majorité des cas, pas le "privilège" de travailler à l’Etat !

 

Bien sûr, l’économie est favorable à une politique familiale conséquente. Les relations avec le père doivent être prises en compte dans l'éducation de l'enfant, j’en suis convaincue. Mais le congé paternité d'un mois n'est pas une réponse adéquate à cette préoccupation. La flexibilité dans les horaires de travail, des horaires scolaires harmonisés, des temps de vacances compatibles avec les temps de vacances scolaires sont de bien meilleures solutions sur la durée. Le congé paternité d'un mois ne résout pas la question éducative. Il a des coûts importants et ses résultats ne seront pas forcément conformes aux attentes. Abandonnons sans regret cette fausse bonne idée qui prendrait la forme d’un privilège injustifié et injustifiable pesant sur tous les contribuables vaudois.

Commentaires

Tout à fait d'accord, ce n'est pas quelques mois de congés paternité qui vont permettre de compenser plusieurs années d'indisponibilité due au travail !

Écrit par : Skill Star | 12/03/2011

Vous auriez plutôt du faire des enfants au lieu de faire de la politique! Vous vous seriez peut-être rendu compte que la présence d'un père et d'un mari les semaines qui suivent la naissance d'un enfant sont primordiales : pour l'enfant, pour l'épouse, pour le couple... Ah et j'oubliais, pour le père aussi, sûrement.

Écrit par : Suzanne | 14/03/2011

Et bien moi, j'ai 2 enfants Suzanne. Et je trouve cette proposition totalement ridicule, démagogique et électoraliste. Tout comme l'initiative des 6 semaines de vacances pour tous ou le remboursement total des frais dentaires.

Pourquoi ne s'adresser qu'aux fonctionnaires ? Parce que la gauche sait très bien que la même proposition en faveur de tous les papas poseraient un problème de financement que même le dernier des abrutis comprendraient. Alors que là, il suffit de piocher dans les impôts de tous les contribuables pour faire plaisir à une minorité de fonctionnaires. Lamentable tactique.

Écrit par : Pascal D. | 14/03/2011

Cette motion "socialiste" est grotesque vis-à-vis des employés du secteur privé, qui, pour la plupart émargent à de quelconques conventions collectives. Et qui de fait, n'ont que les dispositions restreintes du CO pour faire valoir leurs droits.

Écrit par : petard | 15/03/2011

a quand un salaire pour les aider à se lever le matin!

Écrit par : lovsmeralda | 17/03/2011

Votre site est tres interessant, merci beaucoup

Écrit par : tadalafil | 21/03/2011

Bravo Claudine, je vous félicite de vous attaquer aux privilèges. Prochainement, j'imagine que vous allez vous attaquer à un autre privilège : les salaires et bonus mirobolants des patrons et actionnaires, coupés de toute réalité.

Lovesmeralda, les fonctionnaires on besoin d'aide pour se lever le matin ? Parlez en aux infirmieres et autres employés du CHUV. Par exemple.

Écrit par : jeff | 25/03/2011

Dites, ca vous dérange que les maris puissent avoir un congé paternité, que cela couterait trop cher, etc, etc...
Mais par contre, cela ne vous dérange pas de les voir partir en vacances militaires de 20 à 30 ans, toutes les années ou les deux ans, et cela 3 semaines.
Je vous signale, que ces 20 jours, correspondent à UN cours de répét', par ailleurs complètement inutile et coûteux, tant pour l'économie que pour l'individu.
Alors pourquoi ne pas accorder ces 20 jours payés au patron par l'APG comme si l'homme était à l'armée? Et de déduire ces jours de ceux qu'il est censé faire?
Car il est bien plus utile pour la nation d'avoir des enfants, que des hommes en vacances 3 semaines à l'armée, pour rien.

Écrit par : lefredo | 06/04/2011

Un privilège de plus pour une catégorie qui ne les compte plus.

Écrit par : multeegaming | 22/09/2011

Moi je suis favorable à genre de dispositions mais SEULEMENT si cela est financé. C'est souvent le problème avec certains réformistes qui n'ont aucune notion de l'argent et de la gestion.

Écrit par : courtier assurance auto | 02/11/2011

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