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27/04/2011

Salaire minimum : des syndicats schizophrènes?

En Suisse, les syndicats de travailleurs sont les partenaires indispensables des négociations des Conventions Collectives de Travail (CCT). Lors de ces négociations, les deux parties, syndicat et patronat, négocient le salaire le plus approprié pour la branche avec la fixation d’un salaire minimum. Ces tractations sont souvent intenses mais ont permis de conserver la paix du travail qui a fait le succès de la place économique suisse depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Si on se met dans la peau d’un syndicaliste, pourquoi abandonner alors à l’État ce précieux système qui, non seulement a fait le succès de notre pays, mais qui, en plus, place le syndicaliste au cœur de tout le processus de fixation de salaire, justifiant du même coût son existence et le paiement des cotisations salariales de ses affiliés? Pourquoi scier la branche sur laquelle on est assis?

La réponse semble malheureusement être idéologique voire « moutonnière » : de nombreux pays l’ont fait, faisons-le aussi. De nombreux pays l’ont fait, certes, mais avec quels résultats? Tendance à la stagnation des salaires au niveau du salaire minimum comme en France et baisse du salaire minimum dans une Irlande en crise. Est-ce cela que nous voulons pour la Suisse? Alors, un peu de cohérence et faisons fi de l’idéologie. Pour la prospérité des travailleurs de notre pays et la défense du système des CCT, refusons un SMIC à la française lors des votations du 15 mai. NON à un salaire minimum.

12/04/2011

« L’après-nucléaire en réalité »

C’est sous ce titre que Jacqueline de Quattro explique dans 24heures d’hier le potentiel et surtout le coût du passage à un mix énergétique sans nucléaire dans le canton. On peut remercier 24heures pour cet article de fonds qui permet de se rendre compte des enjeux réels de la politique énergétique. Le quotidien vaudois présente cette situation comme « l’ère du courant vert ». Pour qu’elle commence, un grand nombre de décisions devront être prises, notamment en ce qui concerne les économies d’énergie et la production d’électricité « verte ».

Ces décisions sont amplement décrites dans l’article. Par conséquent, nous ne reprendrons pas tous les chiffres cités mais seulement le coût total des politiques proposées. En les additionnant, nous arrivons à une fourchette de 22’980’000'000 à 33’290’000'000 de francs d’investissement sur 24 ans (2011-2035). Avec une population vaudoise de 708'000 personnes, cela représente entre 32’457.65 et 47’019.75 à investir par Vaudois. Par conséquent, ce serait un investissement annuel de 1’352.40 à 1’959.15 par citoyen qui devrait être consenti, soit entre 5’409.60 et 7’836.60 par an pour une famille de quatre personnes. Une question tombe sous le sens : où allons-nous trouver cet argent? Par la dette, des hausses d’impôts, des baisses de prestations? Un tel changement de politique énergétique impliquera de repenser le rôle de l’État et de revoir ses priorités. Par exemple, il sera peut-être plus opportun d’inciter les entreprises à renouveler rapidement leurs parcs de machines que de les faire « casquer » pour les PC familles…

06/04/2011

Un café TTC? Vraiment?

Hier soir, TTC, le magazine économique de la TSR, diffusait un intéressant reportage signé Nicolas Burgy et consacré à la baisse du pouvoir d’achat. Monsieur Burgy appuyait son analyse sur un simple exemple : l’évolution des fiches de paie d’une serveuse genevoise employée à plein temps de 1990 à 2010. En vingt ans, son salaire a augmenté de 41.4% (de 3’000 à 4’230.- en valeur nominale), soit plutôt une bonne nouvelle. L’analyse se gâte lorsque le magazine examine les déductions obligatoires sur le salaire. En 1990, celles-ci se montaient à 11% du salaire brut (349.-), alors qu’en 2010, elles en représentent 14% (594.-).

Conclusion du journaliste de la TSR : l’augmentation du poids sur le salaire des déductions obligatoires est une des sources majeures de la baisse du pouvoir d’achat! Nicolas Burgy souligne, avec raison, qu’il faut encore y ajouter la hausse des primes d’assurances maladie et le poids des loyers. Par contre, il omet l’introduction, durant la période étudiée, de la TVA et sa nouvelle hausse au début de l’année qui diminuent encore le pouvoir d’achat.

Par conséquent, prenons une décision sociale bénéfique pour le pouvoir d’achat des travailleurs vaudois : votons NON le 15 mai prochain au projet de prestations complémentaires qui rajoute aux prélèvements salariaux une brique de plus, une brique de trop sur le dos des travailleurs et des entreprises qui produisent la richesse de notre canton.