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26/07/2011

Baisser les impôts sur les entreprises pour soutenir l'emploi

 

Quel retournement de situation! Il y a trois mois, le gouvernement vaudois peignait le diable sur la muraille pour l'avenir des finances publiques cantonales. La péréquation fédérale coûtera 155,3 millions de francs cette année, puis 381 en 2012, prévenait le président du Conseil d'Etat, Pascal Broulis. Pire, le montant à verser au pot commun devait dépasser le demi-milliard en 2015-16. Il fallait donc provisionner urgemment. Ce qui fut fait à hauteur de 346,4 millions, grevant les comptes 2010.

Le hic, c'est que cet alarmisme était totalement erroné. Le quotidien 24 heures levait le lièvre jeudi dernier: la péréquation coûtera bien 155,3 millions cette année, mais seulement 28 millions en 2012, treize fois moins qu'attendu. Et ce montant devrait rester du même ordre au cours des années suivante.

 

On passera ici sur le pataquès dont s'est rendu responsable l'administration ainsi que sur les innombrables questions que soulèvent des erreurs aussi monumentales. Il y a une excellente nouvelle derrière toutes ces bévues: les finances du canton sont encore meilleures que ce qui apparaît année après année. En 2010, sans les réserves constituées pour la péréquation future, le canton aurait affiché un excédent de près de 650 millions de francs. Du jamais vu au cours des  six dernières années de comptes dans les chiffres noirs.

La leçon? Il n'y a plus d'excuses pour temporiser en matière fiscale. Vaud, l'un des cantons où les taxateurs ont la main la plus lourde, a toutes les cartes en mains pour diminuer le fardeau qui pèse sur les entreprises. Une récente étude publiée fin juin par la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) révélait que les revenus de l'impôt sur les bénéfices des entreprises ont doublé en six ans. Ces recettes contribuent désormais pour 11,5% au total des rentrées fiscales, contre 6,5% il y a six ans. Malgré une grave récession mondiale. Il y a indiscutablement de la marge pour desserrer le corset.

 

Ce faisant, Vaud anticiperait face aux futures exigences de Bruxelles, qui ne veut plus que certains cantons – dont le nôtre - accordent des régimes préférentiels aux filiales de sociétés étrangères. Neuchâtel s'est récemment montré précurseur. Le Jura s'apprête à lui emboîter le pas. Genève y travaille... Il en va de notre compétitivité fiscale. Et tabler sur un enlisement ad aeternam des bilatérales n'est pas une solution. Que l'on pense à la question du secret bancaire, partiellement abandonné en quelques semaines alors que le Conseil fédéral le qualifiait insatiablement de "non négociable".

Le canton de Vaud peut s'offrir une baisse des impôts, sans aucun sacrifice. Cerise sur le gâteau, il donnerait du même coup un formidable ballon d'oxygène à tous les exportateurs et au tourisme, étranglés par la hausse du franc. Car les premiers signaux de fléchissement des entrées de commandes sont désormais bien palpables. Ne nous leurrons pas, la crise de la dette – européenne, mais aussi peut-être américaine – est probablement appelée à durer des années. Le franc risque de rester fort longtemps. Dans un tel contexte, abaisser les impôts sur les bénéfices des entreprises revient à soutenir l'emploi. Tout le monde en sortira gagnant!

20/07/2011

Une réforme de l'école vaudoise s'impose

Discutez avec des chefs d'entreprises vaudois du bagage scolaire de leurs apprentis de première année! La plupart du temps, les critiques fusent: les compétences dans les branches de base, comme le français ou les mathématiques, sont en chute libre depuis des années. Une enquête réalisée l'an dernier par les Chambres de commerce et economiesuisse auprès de plus de 700 dirigeants de sociétés en Suisse montrait que 70% de apprentis n'avaient pas un niveau satisfaisant dans les disciplines élémentaires. Vaud ne fait pas exception, loin de là. Quel gâchis!

 

Une réforme s'impose, cela tombe sous le sens. L'initiative "Ecole 2010", sur laquelle nous votons le 4 septembre prochain, a eu le mérite de lancer le débat. Un contre-projet, LEO, lui est opposé. Le premier tient à conserver la forte sélectivité – et donc les trois filières - qui constitue en quelque sorte l'ADN de l'école vaudoise, tout en voulant redonner du lustre à la voie secondaire à options (VSO). Cette dernière devrait devenir une vraie filière professionnelle. Le contre-projet préconise quant à lui un réaménagement partiel du système actuel via la suppression de la VSO et l'introduction de différents niveaux dans la voie secondaire générale (VSG). Le passage d'un niveau inférieur à un autre, y compris à la voie secondaire baccalauréat (VSB), serait facilité. Subsidiairement, les notes refont leur apparition. Dès la 1ère primaire (3e selon HarmoS) avec Ecole 2010, dès la 3e (5e HarmoS) avec LEO.

 

Que choisir entre ces deux propositions? La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) a renoncé à trancher, estimant que l'école obligatoire ne doit devenir un terrain de jeu idéologique. Elle s'engage en revanche totalement et sans aucune réserve en faveur du changement.

 

L'un et l'autre projets sont porteurs d'évolutions pédagogiques qui vont dans la bonne direction. La réintroduction des notes comme critère de sélection à l'issue des six premières années primaires ne peut qu'être bénéfique, gage de transparence. L'allongement global de 18 semaines de la durée totale de la scolarité constitue également un atout, pour la bonne et simple raison que passer plus de temps à potasser ses bouquins ou suivre des leçons est en soi de nature à accroître le niveau de connaissances.

 

La place économique vaudoise a besoin d'une école performante, mais également garante d'une certaine mobilité des élèves entre les filières. Tant Ecole 2010 que LEO y contribuent: à chacun de décider selon sa préférence, il ne s'agit plus là d'un choix économique!