UA-64206590-2 UA-101278801-1

10/08/2011

Franc fort: il faut aider les entreprises à s'adapter

1 franc = 1 euro. Le cauchemar des exportateurs suisses est désormais réalité, à quelques centimes près. Certains ont déjà dû prendre des mesures drastiques, comme augmenter le temps de travail sans hausse de salaires. D'autres risquent de licencier ou de délocaliser, selon le Secrétariat d'Etat à l'économie.  

 

Sur le front de la politique monétaire, la Banque nationale suisse (BNS) a désormais fait le maximum en ouvrant tout grand le robinet des liquidités à disposition des établissements financiers et en scotchant les taux à zéro: les dépôts en francs ne rapportent plus rien. Intervenir sur les changes? L'expérience de l'an dernier a montré les coûteuses limites de cette vaine bataille.

 

Les réponses à la situation aussi alarmante qu'exceptionnelle que traverse la Suisse se situent par conséquent sur le terrain politique. Le Département fédéral de l'économie travaille sur une révision de la loi sur les cartels qui permettrait de mieux faire profiter les consommateurs de la baisse de l'euro et du dollar, en combattant les ententes entre importateurs et fabricants étrangers. C'est bien, mais cette mesure ne suffira pas à elle seule à soutenir l'emploi dans les entreprises exportatrices.

 

Alors qu'il y a quelques semaines encore, certains faisaient l'éloge de la décroissance, on perçoit aujourd'hui à quel point cette politique serait néfaste. Elle ne ferait qu'affaiblir une place économique dont tout un pan – l'industrie d'exportation et le tourisme – se bat pour maintenir la tête hors de l'eau. Avec la flambée du franc, les prix des produits suisses payés par les Européens ou les Américains ont renchéri de 20% en moins de deux mois!

 

Les entreprises ont urgemment besoin d'un coup de pouce. Notamment d'allègements fiscaux, en particulier dans le canton de Vaud où la charge est la plus lourde de Suisse. Elles ont besoin de soutien dans leur politique d'investissement liée à l'innovation, car ces budgets risquent d'être les premiers à être diminués. Elles doivent être soulagées de certaines tracasseries administratives et surtout préservées de toute augmentation des charges sociales. Ce n'est en tout cas pas le moment d'instaurer un congé paternité ou d'imposer six semaines de vacances pour tous.

 

On objectera qu'aucune de ces mesures ne déploie ses effets immédiatement. Le processus de décision politique est lent, c'est indéniable. Mais la situation d'avant-crise ne peut pas être rétablie d'un coup de baguette magique. Nous sommes contraints de nous adapter, de manière permanente, aux bouleversements financiers qui balaient l'Europe et les Etats–Unis. Moins d'impôt sur les bénéfices favorisera les investissements. Et l'embauche. Il faut absolument agir pour garantir notre compétitivité à long terme!

 

Commentaires

1 franc = 1 euro. Le rêve des importateurs suisses est désormais réalité, à quelques centimes près. Aucun n'a encore dû prendre des mesures drastiques, comme diminuer les prix de vente sans aucun risque de licencier ou de délocaliser, selon la plupart des consommateurs. Mais selon aucun des profiteurs du monde économique... Si bien que les prix des produits européens ou américains payés par les Suisses n'ont pas diminué lors de ces deux derniers mois!

Le revers de la médaille n'est que pour les plus petits. Ceux qui, à chaque fois, ne profite que de ce revers, sans possibilité de retourner la médaille en allongeant le temps de travail ou de délocaliser. Selon certains, si ils délocalisent leurs achats hors de nos frontières, ils sont des mauvais citoyens!

Écrit par : Baptiste Kapp | 10/08/2011

c'est toujours la même rengaine
j'ai quelques années de plus que vous et je l'ai souvent entendue
à 4.30 le $us les exportateurs nous disaient : à 4.-- nous sommes mort
puis à 3.5 puis à 3.- et ainsi de suite
lorsque qu'on trvaillait 44 heures par semaine ils nous disaient: à 4o heures par semaine les entreprise suisses sont mortes
et alors que s'est-il passé ? rien si ce n'est que l'augmentation des profits

Écrit par : pralong | 10/08/2011

Si les entreprises, notamment genevoises et vaudoises doivent licencier, elles seraient bien inspirées de licencier les frontaliers français et autres belges!
(pour ces derniers on comprend mieux quand on en a à côté de chez soi, pourquoi les flamands n'en veulent plus).

Une bonne chose, moins de morts sur les routes et de contresens!

En ce moment les Tessinois doivent enfin se sentir moins seuls!!!!!!

Écrit par : UrsuleDesChamps | 10/08/2011

Il faudrait arrêter un peu d'écouter le lobby (bruyant) des exportateurs. La Suisse est aussi et surtout un pays d'importation. Oubliez les illusions comptables des statistiques d'échange et demandez-vous: la Suisse exporte-t-elle des matièrres premières? De la nourriture? Non. Et même les produits manufacturiés qu'elle exporte sont produits à partir de pièces et de matière première venues de l'étranger.

Le franc fort - disons plutôt le franc stable - a beaucoup moins d'influence sur l'économie que ne le disent les exportateurs criant à hue et à dia, dont les employés frontaliers sont surpayés depuis longtemps, et dont je n'ai pas vu beaucoup d'entre eux faire faillite. Mais qu'est-ce qu'ils brâment!

Il est dommage que les "élites" du pays cède à ce groupe de pression et s'emploie à saboter le franc pour en saper la valeur. Nous aurons peut-être des exportations "compétitives" (ou peut-être pas, vous les verrez se plaindre que le coût de leurs matériaux a augmenté...) mais surtout une belle inflation en prime.

Écrit par : Stéphane Montabert | 11/08/2011

Si avec la planche à billets la BNS permettait à ses actionnaires (les cantons) à rembourser une partie de la dette publique, les impôts pourraient baisser durablement pour tout le monde, et le franc trouver un niveau acceptable pour les exportateurs et les entreprises.
Tout est une question de dosage...

Écrit par : petard | 11/08/2011

Avec vous, c'est toujours la même équation:
Quand ça va très bien, ça va pas si bien que ça, c'est pas le moment d'augmenter les salaires; quand ça va mal, évidemment ça va très mal, c'est le moment de "dégraisser"...
Ce sont toujours les mêmes qui sont cocus!
J'ai juste une petite pensée empathique pour ceux qui ont acheté des Bordeaux 2010 en primeur il y a quelques mois...

Écrit par : petard | 12/08/2011

Pour remettre les choses en place sans casser d'oeufs. Redonnons aux Suisses leur pouvoir d'achat et aux frontaliers le pouvoir d'achat qui se pratique dans l'UE!
La valeur de l'Euro étant leur baromètre salarial.
Les patrons qui d'une part achètent la matière première à meilleur compte à l'étranger lorsque l'Euro est bas, y trouvent aussi leur compte sans des interventions massives de l'Etat et tout rentre dans l'ordre.
Il faut arrêter de pleurer comme certains le font à longueur d'année.
C'est pas lorsque que l'Europe tousse, qu'il faut directement s'enrhumer...

Écrit par : Jean-François Chappuis | 12/08/2011

@ Jean-François Chappuis, "Pour remettre les choses en place sans casser d'oeufs. Redonnons aux Suisses leur pouvoir d'achat et aux frontaliers le pouvoir d'achat qui se pratique dans l'UE!"

Est-ce que cela veut dire baisser le salaire des frontaliers afin de rendre ces personnes plus compétitive sur le marché du travail en Suisse car moins payées?


@ UrsuleDesChamps, "les entreprises, notamment genevoises et vaudoises doivent licencier, elles seraient bien inspirées de licencier les frontaliers français et autres belges! (pour ces derniers on comprend mieux quand on en a à côté de chez soi, pourquoi les flamands n'en veulent plus)

La partie entre parenthèse de votre affirmation stigmatise de manière lourde et malvenue les Wallon. Seriez-vous influencé par les sketches facile à comprendre par des personnes primaires?

Pour votre information, il me semble qu'il y a plus de 25'000 français qui travaillent en belgique et environs 5000 belges qui travaillent en France. Ces 25'00 Français serait-il tous des fous en s'entourant de belges?


@ Stéphane Montabert - disons plutôt le franc stable -. Nom Monsieur, c'est un franc fort que nous avons en Suisse. L'€ est resté assez stable par rapport à d'autres devises ces 10 dernières années. Par exemple le $, la £ ou le yen.

Écrit par : Prêt-à-vous croire | 16/08/2011

En effet, c'est un défi que la Suisse doit affronter. Mais aussi ne pas oublier que c'est grâce à son économie dynamique qu'elle est confrontée à ce grand challenge.

Écrit par : vasque | 31/12/2011

En effet, l'adaptation des entreprises suisses à la situation maroéconomique est une vrai défi que nous devons tous relever ensemble.

Écrit par : seche serviette mixte | 31/01/2012

Les commentaires sont fermés.