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24/08/2011

La crise de la dette précipite la nécessité d'une réforme du 2e pilier

Le surendettement des Européens et des Américains fait flamber le franc, dégringoler les bourses… et nos caisses de pension. On l'oublie, mais notre système de retraite reste fragile. Le choc subi en 2008 dans le sillage de l'effondrement des marchés n'a pas pu être surmonté: la plupart des institutions de prévoyance n'ont pas pu reconstituer de réserves. Les derniers chiffres de Swisscanto l'attestent: mi-août, les taux de couverture des caisses de droit privé n'atteignent plus que 96,3% et celles des caisses de droit public 83,2%.

Et encore s'agit-il de moyennes! A moins d'un colossal retournement boursier, beaucoup de caisses devront entreprendre un assainissement dès l'an prochain. Assainir? Oui, geler l'indexation des rentes. Ou augmenter les cotisations. Ce qui diminuera le pouvoir d'achat des salariés et grèvera les charges des entreprises.

Un an et demi après le refus par 73% du peuple suisse de l'abaissement du taux de conversion, ce ratio qui permet de convertir le capital en rentes (un taux de 6,8% pour 100'000 francs donne une rente annuelle de 6800 francs), la nécessité de réformer le 2e pilier revient comme un boomerang. L'année 2010 a été faible en matière de performances: les caisses de pension ont dégagé en moyenne du 3%. Même si l'espérance de vie ne s'allongeait pas, ce niveau est insuffisant pour faire face aux engagements de l'énorme majorité des caisses.

Ne nous voilons pas la face, compter uniquement sur les marchés pour "se refaire" tient de l'attitude du joueur de casino. Les rendements obligataires sûrs, la traditionnelle vache à lait des caisses de pension, ne rapportent plus rien. Un emprunt à 10 ans de la Confédération sert un intérêt de moins de 1% actuellement! Les actions? Vu les perspectives de croissance aux Etats-Unis et en Europe pour les années à venir, spéculer sur une hausse durable relève de la témérité. L'immobilier reste certes intéressant, mais les opportunités de placements sont épuisées. Les matières premières, les hedge funds, la dette émergente? Les risques de s'y brûler les doigts sont aussi élevés que les chances d'en tirer profit. Les magiciens étant rares parmi les gérants, il faut admettre que les rendements devraient rester désespérément maigres ces prochaines années

On peut retourner le problème dans tous les sens, le 2e pilier n'a plus les moyens de ses promesses. C'est un fait: les marchés sont plus chiches que dans les années 1980 et 90. Et les assurés vivent plus longtemps, fort heureusement d'ailleurs.

Face à ce grand écart, il n'y a que deux alternatives: augmenter les prélèvements sur les salaires et les cotisations des employeurs ou diminuer les rentes. La première méthode ne serait franchement pas responsable dans le contexte économique actuel. Reste l'abaissement du taux de conversion. L'idée doit faire son chemin. Malgré l'échec en votation.

Il en va de la sauvegarde de notre système des trois piliers, qui marche à la satisfaction de tous les partenaires sociaux depuis plus d'une génération. Les candidats aux élections fédérales préfèrent esquiver ce problème délicat et peu populaire. C'est naturel. Mais esquiver ne résout rien: la question reviendra au sommet de la pile des dossiers urgents dès la fin de l'automne…

Commentaires

@Mme Amstein

En tout cas, on peut pas dire que si quelqu'un vous élit, c'est pour vos propositions innovantes.
Je suis d'accord avec vous, il devient difficile d'assumer le taux de conversion avec les rendements annoncés actuellement.
On pourrait douter des chiffres que les caisses donnent, mais cela ne serait pas tellement pertinent.

Par contre, ce que l'on peut constater, c'est que vos solutions sont toujours les mêmes, et vont toujours dans le même sens.

Baisser le taux de conversion, est la piste facile, comme relever les cotisations. Personne n'a quelque chose de plus innovant à proposer?
Parce que les retraités, des classes populaires, et de plus en plus des classes moyennes, ont et auront recours à l'aide sociale pour leur permettre de vivre avec les rentes AVS et 2ème pilier.
Diminuer le taux de conversion, c'est amener, pour le futur, plus de gens à dépendre de l'état. Pour quelqu'un qui prétend se battre pour le moins d'état, je trouve l'idée assez amusante.

Trouver une solution c'est nécessaire. Mais vous voir avancez des propositions qui sont mâchées et remâchées, et que j'aurais pu proposer moi-même, sans être dans le domaine, me fait furieusement penser que vous n'êtes qu'une porte-parole.
Et vous savez ce que l'on chante dans ces cas là je suppose...

Écrit par : lefredo | 24/08/2011

Mais bien sûr mettons tout dans le même sac 1er pilier, 2ème pilier et mêeme le 3ème pendant que vous y êtes comme çà ceux qui n'ont jamais rien foutu dans ce pays auront droit à la même que celui qui c'est cassé le dos à bosser... c'est çà la nouvelle justice en Suisse donnons à ceux qui ne se sont jamais soucier de gagner 2 francs et qui se glande toute la journée et qui passe leur temps au bistrot....voilà la nouvelle Suisse

Écrit par : Arlette | 25/08/2011

Le taux de couverture des caisses n'aurait jamais dû descendre au-dessous de 100%.
Les cotisants sont donc spoliés. Ceux qui ont cotisés 300000 francs n'auraient donc droit qu'à 80% ou moins de leur capital.
Le mieux aurait été de supprimer le 2e pilier et obliger patrons et employés à verser cet argent sur un compte de 3e pilier (personnel et non spoliable).
Lorsqu'on s'imagine tous ceux qui ont rendus leur âme bien avant 70 ans... et qui n'ont touché que 5 ans de rente à 7% de leur capital (mettons 400000 francs) = 140000 francs... et qui ont donc laissé le reste aux petits copains... on comprend vraiment pas où a passé le magot pour être en sous-couverture. C'est de la gestion à la "mord-moi le noeud"!

Écrit par : petard | 25/08/2011

Marche à suivre pour ne pas vous faire rouler par les amis de Mme Amstein...

Un an avant l'âge de la retraite vous "donnez votre sac"... et vous vous mettez à votre compte, pour faire des nettoyages par exemple... la caisse de votre employeur devra vous verser l'entier du capital cotisé avec les intérêts... Si vous avez une maison, à l'échéance de vos hypothèques, vous remboursez la maison. Après vous louez la maison...
À 65 ans, avec l'AVS et le produit de location de la maison ça devrait suffire... ET le capital reste intact jusque à quand vous décidez.

Écrit par : petard | 25/08/2011

petard,

fantastique, avec votre idée je suis à l'aise. Membre d'un conseil d'administration d'une caisse de pension je ne serait plus obliger de me faire des cheveux blanc pour obtenir un rendement suffisant.

M'en foutre des comptes annuels et des justifications à donner. Les caisses de pensions vont économiser des milliards avec votre suggestion.

A propos, ume année n'est peut être pas suffisant. De nombreuses caisses ne versent plus de capital après 57 ans. Par conséquent votre capital sera bien entamé à 65 ans. Ce n'est pas avec les rendements actuel que vous allez pouvoir vivre.

Admettons que vous avez 500'000.- de caisse de pension. Vous allez acheter un appartement de 3 ou 4 pièces moyen ou une villa très loin de la ville. Avec un rendement net de 2%, cela vous rapporte 10'000.- par année ou 833.- par mois. De quoi vivre comme un prince.

Le maximum AVS est actuellement de 2320.-, plus les 833.- cela vous donne un revenu de 3153.-. Vous avez une fortune (une maison), vous n'aurez probablement pas un apport de la collectivité.

A propos, vous ou allez loger? sous les ponts?


Madame Amstein, veuillez consulter les divers débats politique concernant l'assainissement des caisses de pensions, notamment du Conseil fédéral et des oppositions que cela suscite. Vous aurez ainsi la conviction d'avoir découvert l'eau chaude.

Écrit par : pensif | 26/08/2011

@pensif
L'idée évoquée n'est pas aussi simpliste que vous essayer de le suggérer.
Vous dites que de nombreuses caisses ne versent plus de capital après 57 ans. Il n'en demeure pas moins que lorsque vous quittez une entreprise pour une autre, les fonds doivent être versés à la caisse du nouvel employeur, ou sur un compte de libre passage, tant qu'un nouvel engagement n'est pas concrétisé. De plus, les avoirs de libre passage peuvent être retirés intégralement dès 60 ans révolu.

"Ce n'est pas avec les rendements actuel que vous allez pouvoir vivre."

Exact. Et les rendements des fonds de libre passage ou des caisses de pensions ne sont pas terribles non plus.

Actuellement, la seule niche "refuge" et qui peut sauver les meubles, c'est un bien immobilier, pour autant que l'on en possède un depuis 15 ou 20 ans et qu'il ne soit grevé d'hypothèques qu'à hauteur de 50%.

Exemple:
Vous avez acheté une maison il y a 15 ans, pour disons 500000 francs (100000 Fr de fonds propres et 400000 Fr d'hypothèques).
Admettons que vous avez amorti 5000 Fr par année et que vous avez entretenu votre bien dans les règles. Il vous reste donc théoriquement 325000 Fr d'hypothèques.
Seulement voilà, votre bien de 500000 Fr d'il y a 15 ans, vaut actuellement au moins 750000 Fr. Et vous avez "que" 325000 Fr de dette; soit 43,33% de la valeur de votre bien. Vos 100000 Fr de fonds propres (pris éventuellement sur le 2e pilier) vous ont rapporté la différence...

Alors, moi je veux bien que les "conseillers" en tous genres des institutions de prévoyance ou autres "spoliateurs" de l'épargne individuelle crient au loup. Les faits sont là et les chiffres sont têtus!

"A propos, vous ou allez loger? sous les ponts?"

Ce qui certain c'est que je ne vais pas aller m'agglutiner dans une de ces mégalopoles romande où l'on suffoque grâce à la politique d'immigration et d'aménagement du territoire débridée, incontrôlée et spéculative prônée par les bétonneurs de tout poil et amis de Mme Amstein.

J'ai repéré pleins d'endroits, paisibles et pas chers... c'est comme pour les coins à champignons, on ne les divulgue pas... :o)

Écrit par : petard | 26/08/2011

Monsieur Petrad,

Je n'a pas très bien compris votre explication.

Je résume néanmoins:

Votre maison vaut actuellement 750'000 francs, bien.

Il vous reste 325000 d'hypothèque. Avec les taux actuels, cela vous coûte environ 550 francs par mois uniquement d'intérêt.

Ensuite il y a les frais d'entretiens ainsi qu'une provision pour des travaux plus importants, les impôts. En restant modeste, environ 750 francs par mois.

Votre maison va vous couter au bas mot 1300 francs par mois sans les charges. Vous devez, au bas mot, louer votre bien à 2500 francs par mois pour récupérer environ 1000 francs de plus value.

Maintenant calculez vos revenus et nous pourrons continuer la discussion.

Nota bene, la rente simple 2320 et de couple 3480 francs. A condition d'avoir cotisé assez longtemps et qu'aucun divorce n'a eu lieu. A cela il faut ajouter un revenu suffisant dans sa vie professionnelle pour avoir le droit du la rente maximum.

Allez au champignon Monsieur. Une chose est certaine, vous n'avez jamais eu affaire à des locataires pour défendre votre raisonnement.

Écrit par : pensif | 27/08/2011

@pensif
D'abord c'était un exemple, mais qui pourrait parfaitement être un cas concret.

En très résumé et en images je voulais dire:
- qu'il vaut mieux boire son café à la maison qu'au bistrot;
- que l'argent de la retraite pourrait être mieux géré individuellement que par des mammouths qui vous paument votre épargne;
- ou que l'on est parfois mieux servi par soi-même.

Je reprends en essayant d'être plus clair:
Vous avez une maison qui vaut 750000... et 325000 d'hypothèques... avec le capital du 2 pilier vous remboursez la banque = plus de dette = aussi zéro rente.

Reste une maison ou un immeuble (considéré fiscalement comme fortune mais dont vous pouvez déduire les charges). Peu importe qu'elle vaille 750000 ou davantage, pour la location c'est les m2, le nombre de pièces et les commodités qui comptent. Alors, une maison standard c'est disons 150 m2 habitables, 6 pièces et jardin. Pour le prix de la location, je vous laisse faire le calcul.

Maintenant, si vous avez 600000 fr sur votre compte 2e pilier + l'AVS, bonjour les impôts. Et le jour où vous claquez, c'est pertes et profits pour les héritiers (les enfants majeurs n'ont pas droit à une rente).

En gardant votre patrimoine intact durant quelques années vous obtiendrez davantage avec une location qu'avec le placement de votre fortune à 1,5% sur n'importe quel compte bancaire.

Et le jour où vous rendez l'âme, restera toujours le bien immobilier pour vos héritiers.

Écrit par : petard | 27/08/2011

Juste encore une chose question "rendements". Il n'y que les émetteurs de cartes de crédits et prêteurs de petits crédits qui se font les "c" en or. Pourquoi? Parce qu'ils ne prennent aucuns risques, les montants individuels sont trop petits et les biens et salaires facilement saisissables.

Si les fonds de prévoyance pouvaient accessoirement accorder des prêts personnels jusqu'à 10000 francs sur des échéances de deux à quatre ans, sûr qu'ils ne perdraient pas d'argent.

S'il faut faire une réforme du 2e pilier, ce n'est en tout cas pas au détriment de ses épargnants captifs.

Mais bon, dès lors qu'ils sont captifs, logique que ceux qui tiennent les manettes veuillent en profiter au maximum.

Écrit par : petard | 27/08/2011

Faites comme il vous semble,

Vous avez une fortune de 750000 et pour l'instant encore la valeur locative qui vous est compté comme revenu.

Cela veut dire, sans revenu adapté vous devrez vendre votre bien. Une chose est certaine, vous héritiers n'auront probablement pas grand chose à hériter, éventuellement vos dettes si vous êtes tarder à prendre les bonnes décisions.

Je ne parle même pas d'un éventuel problème de santé qui vous conduirait à l'AI.

Le 2ème pilier n'a pas pour but de vous créer un capital mais celui de vous garantir un revenu suffisant une fois que vous quittez le monde du travail. Je suis même d'avis qu'il faut rendre l'accès à ce capital plus contraignant afin d'éviter la galère à des personnes qui pensent comme vous et nuisent à toute la collectivité.

Le temps est un grand Seigneur, il se chargera de vous faites payer, parfois très cruellement, vos égarements.

Écrit par : pensif | 30/08/2011

"Je suis même d'avis qu'il faut rendre l'accès à ce capital plus contraignant..."

Ça c'est sûr que vous allez vous y employer, vous ou vos amis "manipulateurs" de manettes!

"afin d'éviter la galère à des personnes qui pensent comme vous..."

...la fausse bonne excuse dans le sens du poil pour bien endormir la galerie!

"...et nuisent à toute la collectivité."

surtout à la très petite collectivité qui tire son beurre des milliards de la LPP

Dernière question et puis j'arrête de vous enquiquiner:

Comment se fait-il que les banques qui ont autant de milliards sous gestion que la LPP, font des bénéfices confortables, alors que l'on parle de sous-couverture pour la LPP?

(ne me dites pas que c'est à cause du taux de conversion, qui est calculé en fonction de l'espérance de vie avec les intérêts dégressifs et l'extinction du capital)

ou que c'est à cause du rendement faramineux de 2%....

Enfin, si c'est tellement bête d'exploiter un immeuble, alors pourquoi les caisses le font-elles?

Écrit par : petard | 30/08/2011

Excellente analyse. J'espère que de nombreux autres politiques la partageront dans les mois et les années à venir. Nous en avons besoin pour l'avenir du monde tel que nous le connaissons.

Écrit par : simulation assurance habitation | 26/12/2011

Coucou. Je voulais débuter en disant que j'adore ce site ! :D
Faut dire que ce billet ne change rien, à savoir cool !
En revanche j'ai un petit problème, le menu a l'air déplacé à gauche sur mon pc (sous mac) !!
Salut ! :D
Ps : sache qu'en tout cas, je vais repasser te lire.

Écrit par : Acheter panneau solaire Fr | 13/10/2012

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