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28/09/2011

Economiser l'énergie sans multiplier les obligations ruineuses

La sortie programmée du nucléaire en Suisse d'ici à 2032 nécessitera d'importantes économies de consommation d'électricité. On a beau retourner les statistiques et prévisions dans tous les sens, l'essor des énergies renouvelables ne suffira pas à lui seul à combler la diminution progressive, d'ici à 2032, de la production des centrales atomiques.

 

Reste à savoir où et comment économiser. Et à éviter de nouvelles contraintes coûteuses et inutiles. Ainsi en est-il du futur certificat énergétique des bâtiments, que le canton de Vaud souhaite introduire à large échelle. Dans leur projet de révision de la loi sur l'énergie actuellement en consultation, les services de l'Etat projettent ainsi d'obliger à ce que soit établi un bilan énergétique pour toutes les villas et tous les immeubles qui changent de propriétaire ou qui sont "mis en location". Soit la majeure partie du parc immobilier dans un canton qui compte deux tiers de locataires.

 

Instaurer des bilans énergétiques lors de transactions immobilières est sans doute souhaitable, car ils apporteront une information supplémentaire aux acquéreurs. Mais généraliser cette pratique va trop loin! Car qu'apporteront de tels certificats? Il faut être clair: ils engendreront surtout des charges pour les propriétaires… qui les répercuteront sur les locataires. La belle économie d'énergie, à l'heure où l'ensemble de l'arc lémanique manque cruellement d'appartements à loyers modérés.

 

Tout est question d'arbitrage. Et le canton doit garder le sens des proportions. Oui à l'établissement de bilans énergétiques, mais lorsqu'il y a transaction immobilière seulement. Ces certificats doivent en outre rester incitatifs et ne pas conduire à donner la compétence au canton de contraindre les propriétaires à assainir les bâtiments, même à terme. La révision de la loi va déjà très loin en prévoyant l'interdiction totale des chauffages électriques d'ici à 15 ans. Rajouter là-dessus des bilans énergétiques généralisés dépasse franchement la mesure. Tout l'argent dépensé en certificats n'ira pas dans une amélioration concrète de la consommation d'électricité!

Commentaires

L'interdiction projetée des chauffages électriques déjà installés est difficilement compréhensible. Ces chauffages l'ont été en accord avec les lois, ordonnances et règlements d'alors; le principe de non rétroactivité d'une loi doit être respecté. D'ailleurs aucune autorité publique n'a été jusqu'à interdire le chauffage au charbon, au gaz ou au mazout, même au plus fort des campagnes anti-CO2. Dans les années '80, les chauffages électriques étaient tout à fait admis, à condition que l'isolation du bâtiment soit spécialement soignée; aujourd'hui encore, ces immeubles tout électrique sont proches du standard Minergie. Interdire les chauffages électriques en fonction ? Mais alors interdisons aussi les chauffages au bois (déforestation, particules fines), au gaz/mazout (trop de CO2), les PAC géothermiques (à force de puiser des calories dans le sous-sol, celui-ci ne pourra plus assez se réchauffer d'un hiver à l'autre). J'espère que des associations telles que la vôtre saurons faire entendre raison à nos autorités politiques cantonales et fédérales.

Écrit par : Daetwyler | 28/09/2011

N'étant pas (malheureusement pour moi!) propriétaire, je suis d'autant plus à l'aise pour abonder dans votre sens. Et j'applaudis (des deux mains...) au commentaire de Daetwyler. Cela suffit des interdictions et des obligations dans ces matières, car les cochons de payants seront toujours les derniers de la chaîne.

Écrit par : Hakim | 29/09/2011

@Daetwyler

il me semble que donner un délai de 15 ans est tout à fait raisonnable.
Car les installations, même toutes récentes, devront être révisées ou remplacées dans les 15 ans à venir.
Un radiateur électrique n'est pas un appareil mieux conçu qu'un autre et n'a pas une durée de vie illimitée.
De plus, on peut considérer votre réflexion sur les chaudières à mazout comme inexacte, vu qu'il est obligatoire de changer les vieilles chaudières qui ont dépassé un certain âge pour y installer de nouvelles, autrement plus performantes, économiques et moins polluantes.

Il faut savoir qu'il est possible, actuellement, de construire des maisons qui ne nécessitent aucun système de chauffage. Il est également souhaitable que les immeubles soient mieux construits et que les anciens améliorés.

Ne vous trompez pas, Mme Amstein ne regarde que pour les propriétaires. Encore bien trop souvent, les locataires paient des frais énormes en chauffage, gaz ou électricité, parce que les immeubles sont anciens et mal isolés, et que les déperditions sont énormes. Les propriétaires s'en fichent, ce sont les locataires qui paient. Mais les locataires n'ont aucun moyen de faire pression sur les propriétaires pour que des travaux soient réalisés.
Aucune obligation = aucune amélioration.

Et dans ce domaine, le potentiel d'économie d'énergie est IMMMENSE!!

Écrit par : lefredo | 30/09/2011

@lefredo
Merci pour votre commentaire. Je préciserai cependant quelques points :

Je parle des chauffages électriques installés depuis des années déjà. A ma connaissance, de telles installations sont d'ores et déjà interdites pour les nouvelles constructions.

Si les propriétaires de chaudière à gaz ou à mazout doivent les remplacer par des installations plus performantes lors de travaux d'entretien, c'est tout à fait normal. Mais ils peuvent conserver ce système de chauffage. C'est toute la différence.

Je vous rejoins absolument quand vous dites que l'isolation des anciens bâtiments est une source énorme d'économie de chaleur. Bien que les maisons tout électrique soient déjà très bien isolées (condition posée lors de la construction), leurs propriétaires seront certainement d'accord d'aller plus loin encore dans ce domaine, mais ils doivent pouvoir garder leur moyen de chauffage initial.

Un autre point avec lequel je suis d'accord avec vous : en cas de rénovation lourde de l'immeuble (lors d'une vente par exemple),un changement de système de chauffage pourrait être rendu obligatoire.

Écrit par : Daetwyler | 30/09/2011

Peu enclin à accepter toute nouvelle contrainte administrative, particulièrement dans le domaine énergétique, je serai pourtant prêt à adhèrer à une obligation du Certificat Énergétique des Bâtiments si, comme c'est le cas pour les Etiquettes Energie des appareils électriques ou des véhicules, l'objectivité de ses conclusions pouvait être garantie.
Or malheureusement il n'en est rien!
En tant "qu'expert" habilité à établir de tels Certificats Énergétiques des Bâtiments je peux aisément témoigner d'une part de la trop grande liberté d'interprétation laissée à l'expert dans son jugement et d'autre part de l'absence de prise en compte de paramètres impactant directement la consommation énergétique (production et distribution de chaleur en particulier).
J'encourage par conséquent madame Amstein à poursuivre son action afin d'annihiler cette fausse bonne idée!
De plus, au niveau conceptuel, il me semble évident que ce n'est pas l'établissement d'un bilan énergétique à un instant donné qui va générer des économies d'énergie....

Écrit par : Favre Pascal | 01/10/2011

Une chose est sûre les chauffages au sol sont un danger pour l'humain surtout pour ceux extrêmement sensibles a l'électricité statique.L'expérimentation humaine a un prix alors avant de tout chambouler pour se retrouver comme jean devant vaut mieux réfléchir avant qu'après.A moins qu'il existe aussi un eugénisme-urbanitaire!Au point ou on en est on peut se poser la question ,ou alors les radiations échappées de Tchernobyl commenceraient -elles seulement à atteindre nos cortex cérébraux ,on peut craindre alors pour les enfants de demain qui eux auront à subir celles de Fukushima!

Écrit par : lovsmeralda | 01/10/2011

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