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26/10/2011

L'électrochoc Novartis, coup de semonce pour les "déçus" de la croissance

Le coup est rude, d'autant plus brutal qu'inattendu. Avec sa décision de fermer son site de production de médicaments de Nyon, Novartis laissera 320 employés sur la touche. Le canton perdra de son côté une fabrique qui fait presque partie du patrimoine régional, tant le site de l'ex-Zyma semblait installé depuis toujours à l'entrée de la ville.

 

Cette annonce nous rappelle abruptement que rien n'est définitivement acquis. Encore moins aujourd'hui qu'hier. La concurrence internationale s'est fortement accrue ces dix dernières années. Les Etats rivalisent pour attirer les industries, les investissements et les emplois. Les pays à bas coûts deviennent toujours plus attrayants, au détriment de places comme la Suisse, comme notre canton.

 

La restructuration de Novartis survient comme une piqûre de rappel de ces faits élémentaires. Piqûre de rappel? Rappelons qu'en dépit d'une conjoncture qui se dégrade rapidement, de nombreuses voix prônent encore la décroissance dans le canton de Vaud, qui serait trop attractif. Soulignons-le encore une fois: "décroissance = suppression d'emplois". Les critiques du développement économique assument-ils toujours cette position?

 

En matière d'assurances sociales - autre auto-goal - le parti socialiste propose de son côté d'augmenter de 25 à 50% les allocations familiales, que les entreprises paieraient seules à hauteur de 100 ou 200 millions de francs. Cela alors que le canton vient d'introduire un nouveau prélèvement sur les salaires pour financer les prestations complémentaires pour les familles (PC familles). Vaud est par ailleurs l'un des cantons où la fiscalité frappant les entreprises est la plus élevée.

 

Livré aux apprentis sorciers du "toujours davantage d'Etat social", le canton court de grands risques. Casser la croissance est aisé: il suffit de faire fuir les investisseurs. En combattant par exemple la libre circulation des travailleurs. Ou en assaillant les employeurs de nouvelles charges sociales. La ranimer sera beaucoup plus difficile tant il est vrai qu'elle ne se décrète pas. Il suffit d'observer ce qui se passe aux Etats-Unis ou en France, pour ne pas parler du sud de l'Europe. Il est grand temps que syndicats, partis, autorités communales et cantonales parlent d'une même voix en faveur des places de travail. En faveur de la croissance!

12/10/2011

L'interventionnisme ne résoudra pas la crise du logement

Multiplier les démarches administratives ne résoudra en rien le problème de la pénurie de logements. Une évidence? Visiblement pas pour tout le monde, puisque c'est exactement ce que prévoit de faire le canton de Vaud dans son projet de révision de la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC), dont la consultation s'est achevée récemment.

Petite visite dans l'arsenal encore virtuel des nouvelles dispositions:

 

A ma droite, suppression des plans partiels d'affectation, qui permettaient aux communes de modifier facilement les plans généraux d'affection. Il faudra désormais agir par voie législative pour tout changement, même le plus petit.

 

A ma gauche, fixation "de quotas de logements d'utilité publique dont la fixation est garantie à terme"… Fini l'adaptation de l'offre en fonction de la demande.

 

Devant moi, obligation de procéder à des "évaluations environnementales stratégiques". Qui doublonneront avec des études d'impact déjà obligatoires en vertu du droit fédéral.

 

Pour couronner le tout, on ajoutera à ces mesures la volonté de rendre les plans directeurs communaux et régionaux contraignants. Ce qui ne manquera pas de rigidifier la situation.

 

Le problème du logement mérite qu'on s'y attaque efficacement. En évitant un interventionnisme à coup sûr contre-productif. Il ne faut pas se leurrer: l'Etat ne peut pas se transformer du jour au lendemain en planificateur omniscient. Le secteur de la construction (et du logement en général) est déjà aujourd'hui l'un des plus denses en lois, normes, règlements et directives. Inutile d'en rajouter!  A moins de vouloir ajouter une briquette à la cherté des prix de l'immobilier…

 

Qu'on s'entende: la LATC nouvelle formule contient de véritables innovations dignes d'être soutenues. Comme la densification des centres urbains. Mais évitons de nouvelles contraintes douteuses!

05/10/2011

Allocations familiales: un coup électoraliste irresponsable

Reprendre d'une main ce que l'on donne de l'autre! Est-ce vraiment le bon moment de s'adonner aux petits jeux de la politique pré-électorale cantonale alors que l'économie locale se débat tant bien que mal pour faire face au choc du franc fort et de la baisse de la demande internationale?

 

Le parti socialiste vaudois n'a pas ces états d'âme. A peine son initiative "pour un rabais d'impôt qui protège les assurés plutôt que les actionnaires" invalidée par le Grand Conseil pour violation du principe d'unité de la matière, le voici déjà en campagne pour proposer d'augmenter les allocations familiales de 200 à 300 francs pour les enfants de moins de 16 ans. Coût de l'opération: 200 millions de francs. Pris  dans la poche des entreprises, qui contribuent seules, rappelons-le, au financement de cette prestation sociale.

 

Indolore pour le salarié, politiquement facile, électoralement populaire. Adjugé? Rappelons quelques chiffres pour bien cadrer l'ampleur de l'effort demandé: 200 millions de francs, c'est environ un quart du plan d'aide (nationale!) à l'économie suisse, acceptée récemment par le parlement fédéral. Sur Vaud, 200 millions correspondent à pas bien loin de la moitié de ce que le gouvernement a récemment mis sur la table pour soutenir les entreprises.

 

Un pas en avant avec le soutien, un pas en arrière avec des ponctions… Une telle logique est destructrice d'emplois, contre-productive, néfaste. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire alors que tous les indicateurs conjoncturels sont désormais négatifs.

 

Il est temps que tous les partis prennent la mesure des risques qui pèsent sur la Suisse: elle n'échappera pas aux conséquences de la crise qui frappe l'Europe. Les chiffres rouges menacent bon nombre d'entreprises: aujourd'hui les exportateurs, demain les sous-traitants, après-demain les commerces, peut-être. Vouloir étendre le filet social alors que la conjoncture se détériore relève de l'aventurisme. Consolider l'acquis impliquera des efforts déjà suffisamment pénibles. Plutôt que de s'écharper, il faudra serrer les rangs, sans dogmatisme!