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15/02/2012

Promotion économique: une pluie de critiques infondée

Quel est le tort du canton de Vaud en matière d'exonérations fiscales pour les entreprises? A entendre, la semaine dernière, les interminables jérémiades des adversaires de la promotion économique, nous aurions fait tout faux. Nous aurions eu tort d'accorder des facilités pour attirer des groupes étrangers, comme le permettait l'arrêté Bonny. Nous aurions d'ailleurs aussi eu tort de sauver les 320 emplois du site Novartis à Prangins…

Il y en a marre de la Schadenfreude! Vaud a agi dans le cadre légal offert à tous les cantons suisses. La Confédération, via le Département fédéral de l'économie, a été associée à toutes les décisions d'implantation d'entreprises étrangères. Ce n'est tout de même pas parce que les résultats de la promotion économique vaudoise sont meilleurs qu'ailleurs qu'il y a forcément inéquité ou dumping…

On peut lire et relire le rapport du Contrôle fédéral des finances qui analyse l'application de l'arrêté Bonny dans quatre cantons (VD, FR, NE et SO), Vaud ne s'est pas comporté en profiteur. Il a su tirer son épingle du jeu, comme Neuchâtel et Fribourg d'ailleurs. Tant mieux pour eux, tant mieux pour nous! Les entreprises qui s'installent investissent dans notre région. Si elles sont exonérées de l'impôt sur les bénéfices, leurs employés en paient sur leurs salaires. Ils consomment ici. L'impact est bénéfique.

Est-il encore nécessaire d'argumenter pour bien souligner d'où l'on vient. Si le bassin lémanique est aujourd'hui souvent décrit comme un eldorado en surchauffe, la situation était bien différente il y a quelques années seulement. Ce n'est qu'en 2005 que le canton a pu s'extirper des chiffres rouges, après pas moins de 16 ans de déficits publics consécutifs. Pratiquement une génération! Ces déficits avaient propulsé la dette à pas loin de 9 milliards de francs.

En six ans, ce fardeau, qui faisait de notre canton le plus endetté de Suisse derrière Genève, a ensuite pu être divisé par plus de quatre. Parallèlement, Vaud est parvenu à diversifier son économie. A accroître ses exportations. A afficher une croissance économique supérieure à la moyenne suisse (alors qu'il était constamment au-dessous dans les années 1990).

Au moment où bon nombre de pays européens, nos clients, sont en récession, le canton aborde la situation dans une forme économique et financière qu'il n'avait plus connu depuis des décennies. Alors que l'austérité est de mise dans la plupart des Etats voisins – et d'ailleurs également certains cantons suisses - Vaud peut même se permettre de planifier sereinement  les indispensables investissements visant à développer ses infrastructures de transport. Ce sont les fruits d'une politique clairvoyante.

Vous n'avez pas entendu cela ces derniers jours? Moi non plus. A force de ne chercher que les petits détails qui ne marchent pas bien, on oublie l'excellent bilan global. On oublie que la région est plus attrayante que jamais, pas seulement pour les sociétés internationales, mais également pour les entreprises locales, les jeunes à la recherche d'un emploi, les sous-traitants, les créateurs d'entreprises. Cette vision blasée du monde est regrettable!

Commentaires

Ceux qui contestent le principe de promotion économique appliqué à des multinationales, avec des exemptions fiscales pouvant s'étendre sur dix ans, ont certainement des motifs honorables. Selon moi, il doit s'agir de patrons de PME à qui, il faut bien l'avouer, l'Etat mène la vie dure. Cela peut expliquer à la longue un sentiment d'injustice et d'inégalité.
On a souvent aussi le sentiment que ces grands groupes négligent de ''renvoyer l'ascenseur'' à cet Etat si accueillant: ainsi, la construction de leurs sièges est la plupart du temps confiée à des entreprises générales sous-traitant à des esclaves venus d'ailleurs, nos entreprises locales ne récoltant que les miettes, à savoir ce qui n'est pas exportable. Il serait aussi intéressant d'évaluer les retombées de ces installations sur les emplois indigènes.

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 18/02/2012

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