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29/02/2012

Le gros flop des PC Familles

On devait voir ce qu'on allait voir, l'instrument allait sortir de la précarité des milliers de familles vaudoises! Cinq mois après leur introduction, les prestations complémentaires pour les familles (PC Familles) ne profitent qu'à… 600 familles. Le manque d'intérêt pour cette nouvelle aide sociale est tel que l'Etat craint de ne pas pouvoir distribuer l'argent prélevé depuis octobre dernier sur tous les salariés recensés dans le canton de Vaud. Le conseiller d'Etat "Pierre-Yves Maillard relance 8000 familles pauvres", titrait "24 heures" le jour de la St-Valentin.

Il y a un an, lors de la campagne sur les PC Familles, les partisans assuraient que cette prestation était une nécessité absolue, qu'elle encourageait au travail, que les critères pour leur obtention étaient clairs et limpides. Tout aurait dû rouler parfaitement dès la fin 2011.

Le résultat? Vu le manque d'intérêt des ménages financièrement les plus serrés pour une prestation qui ne leur convient manifestement pas - tout le monde n'a d'ailleurs pas envie de dépendre de l'Etat - l'on se dirige à grands pas vers un assouplissement des critères d'octroi de ces subventions. On se précipite, alors que l'expérience du Tessin, qui a introduit une forme d'aide semblable à celle des PC familles, montre qu'il faut plusieurs années pour que le système trouve sa vitesse de croisière.

Dans l'intervalle, l'Etat ne pourrait-il pas envisager de rendre aux salariés et aux entreprises ce qu'il a perçu en trop… Ne rêvons pas! L'arrosoir se remplit et l'Etat cherche déjà à le secouer pour qu'il n'en reste plus une goutte au fond.

Les arguments qui plaidaient contre les PC Familles il y a un an restent valables: la pauvreté découle le plus souvent de situations familiales (divorces…) ou personnelles (absence de formation…) difficiles. Le meilleur moyen d'aider les personnes précarisées consiste à chercher des solutions à ces problèmes précis. Par exemple en aidant les salariés sous-qualifiés à compléter leurs connaissances professionnelles.

Plutôt que d'épauler les ménages les moins dotés, le système consistant à distribuer des subventions ne fait que les installer durablement dans leur situation. En les marquant au passage du sceau officiel de la précarité. C'est d'ailleurs peut-être pour cela que si peu d'entre eux recourent aux PC Familles! La vraie lutte contre la pauvreté consiste à offrir de réelles perspectives d'emploi, de réelles possibilités de progression et de réintégration professionnelles. Un autre débat? Pas du tout, c'est une manière plus humaine et surtout moins administrative d'aborder la question de la pauvreté!

Commentaires

Il me semble que la vraie question qu'on ne se pose pas est: lorsqu'on propose un système comme PC Familles, a-t-on vraiment analysé les effets qu'il engendrerait ou mesuré les incidences avant de lancer cette prestation soi-disant maîtrisée? Les gens ne veulent pas être considérer comme "pauvres" et dépendre de l'Etat. Cela leur gêne. Je partage tout à fait l'avis de Mme Amstein qui dit que distribuer des subventions ne fait pas progresser la situation de ces personnes, mais les maintient dépendantes d'un système qui ne fait que les rendre encore plus précaires (principe de l'escalier descendant). La vraie lutte contre la pauvreté serait de motiver ces gens en les faisant participer à un programme (à imaginer) où le meilleur d'eux-mêmes pourrait créer des idées lumineuses pour le bienfait de tous...

Écrit par : pingoo | 01/03/2012

Chère Madame
Pardonnez-moi ce commentaire hors sujet, mais j'ai trouvé cet article sur la dévaluation foncière due aux parcs éoliens. sachant les très nombreux projet pour le canton de Vaud et la Suisse, je me demandais si vous ne pourriez pas traiter plus en détail cette intéressante question.

Voici l'article en question:
http://www.sarniathisweek.com/ArticleDisplay.aspx?e=3485334

Écrit par : Vent de Folie | 02/03/2012

ou personnelles (absence de formation…) difficiles. Le meilleur moyen d'aider les personnes précarisées consiste à chercher des solutions à ces problèmes précis. Par exemple en aidant les salariés sous-qualifiés à compléter leurs connaissances professionnelles.

Écrit par : moyan | 05/03/2012

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