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04/04/2012

Une politique industrielle crédible? Oui, au plus vite!

"La place industrielle suisse est sous la menace de délocalisations vers l’étranger qui signifient la perte d’un savoir-faire construit patiemment pendant des décennies." La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) peut sans réserve se rallier à cette affirmation… proclamée samedi par les socialistes suisses réunis pour une assemblée des délégués. Le parti de Christian Levrat appelle le Conseil fédéral à "enfin admettre la nécessité de mettre sur pied une politique industrielle crédible".

Au lendemain de la confirmation par le peuple vaudois d'une majorité de gauche au Conseil d'Etat cantonal, nous espérons que la nouvelle équipe rose-verte mettra en œuvre à l'échelon local ce que ses responsables nationaux appellent de leurs vœux pour la Confédération. Une politique industrielle cohérente est indispensable, c'est vrai. Il en va de nos emplois, de notre place économique, de notre dynamisme et de notre prospérité.

Reste à se mettre d'accord sur ce qui doit être élaboré. Concernant la force du franc, la Banque nationale suisse (BNS) fait son travail pour empêcher que notre devise ne devienne trop forte. La tâche est délicate, laissons-là travailler en toute indépendance.

Côté politique, la cohérence consiste à compléter l'action de la BNS dans son effort de soulagement du monde de l'entreprise. Pour y parvenir, la plus élémentaire logique nous conduit à constater qu'il faut en premier lieu éviter de prélever de nouvelles charges sociales auprès des entreprises. Et donc éviter – contrairement à ce qu'a promis la gauche vaudoise durant la campagne – d'augmenter les allocations familiales, une assurance sociale intégralement financées par les employeurs. Il faut également abaisser la charge fiscale des entreprises, le canton de Vaud étant l'un de ceux qui imposent le plus lourdement les bénéfices. Toutes ces actions seraient une vraie politique industrielle de la part de la majorité rose-verte.

On attend également de notre gouvernement cantonal qu'il aille de l'avant avec les investissements dans les infrastructures routières et ferroviaires. On observera enfin avec attention sa volonté d'agir au niveau de la formation, en créant davantage de liens entre le monde professionnel et l'école.

Les mots, les slogans, les recettes à l'emporte-pièce ne suffisent pas. Une politique industrielle crédible signifie faciliter le travail des entrepreneurs, les inciter à embaucher, à innover, et non pas créer des entraves à la libre entreprise… La gauche tient désormais les manettes pour cinq ans, au gouvernement vaudois. On jugera rapidement sur pièce de ses réelles intentions de mettre en place la politique qu'elle annonce dans ses déclarations.

Commentaires

@Mme Amstein

Excusez moi, mais en quoi diminuer l'imposition des bénéfices aidera les entreprises? Cela aidera les actionnaires. Ce n'est pas pareil.
Pour être crédible, vous pourriez proposer de:

- Simplifier les démarches administratives
- Faciliter la formation continue
- Encourager la formation des apprentis
- Trouver une parade aux 3 semaines non productives de chaque employé mâle de moins de 32 ans
- Encourager et faciliter le travail temporaire pour permettre aux gens d'avoir des enfants et de travailler à des postes à responsabilité.
- Supprimer les forfaits fiscaux et reporter les "gains" sur l'ensemble des entreprises en diminuant les prélèvements de toutes d'autant.

On en aurait encore d'autres qui améliorerait les conditions de travail et la rentabilité des employés.
Pas la simplicité crasse qui consiste à dire, taxer moins les bénéfices.
Qui, en demandant de l'autre côté d'améliorer les infrastructures, revient à augmenter les prélèvements sur les citoyens.

Écrit par : lefredo | 04/04/2012

"Les mots, les slogans, les recettes à l'emporte-pièce ne suffisent pas", mais, en gros, il faut diminuer les taxes et les prestations sociales.
A force d'avoir une position caricaturale de l'entreprise dans son environnement, vous perdez en crédibilité.

Laissez-moi juste rapporter ce que la diminution des taxes (niche Coppé, TVA restauration, défiscalisation à outrance) a rapporté en France en matière d'industrialisation : zéro.
Cela a permis aux entreprises d'améliorer leurs marges, de faire remonter davantage de dividendes aux actionnaires. Par contre, question emploi, les chiffres sont pathétiques. Quant aux entreprises, la France a fait le choix de privilégier les très grands groupes au détriment d'un tissu dynamique de PME (tel qu'on peut le voir en Allemagne).
De ce point de vue, la Suisse ressemble davantage à l'Allemagne qu'à la France.

Mais, de grâce, ne ratez pas ce virage. Le pari à court terme (moins de taxe, plus de dividendes) plutôt qu'à long terme (l'investissement, la R&D, la diversification) mène droit dans le mur.

Soyons fous : une imposition différenciée entre dividendes et investissements. En France, notre grouvernement a fait un choix très clair : dividendes des grands groupes ou détriment de l'imposition des PME (voir le taux d'impôt payé par le CAC et les PME).

Réduire la politique industrielle de la Suisse uniquement au taux d'imposition des entreprises sera une belle erreur.

Écrit par : Vu de France | 05/04/2012

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