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25/04/2012

Pour une politique énergétique viable

Les conséquences économiques de la nouvelle stratégie énergétique de la Suisse seront-elles aussi "limitées" que la conseillère fédérale Doris Leuthard le prétend? Et comment peut-elle en être aussi sûre?

Le "premier paquet de mesures" présenté la semaine dernière par notre ministre de l'énergie ne donne aucune projection concrète de hausse du prix de l'électricité. 20%,30%, 40%, 100%?  Plus encore? Et à quelle échéance? Dans quel sens va exactement la réforme fiscale écologique? Très concrètement, de combien sera la taxe qui frappera la consommation d'électricité?  Vous admettrez que ce type d'information est des plus cruciales pour les boulangers ou les fabricants de machines, pour citer deux exemples de gros consommateurs de courant. Comment peut-on assurer que les conséquences économiques seront "limitées" sans avancer aucun chiffre sur ces points vitaux pour l'économie?

La seule chose qui est sûre, c'est que le prix du courant va augmenter. Et que parallèlement l'îlot de cherté suisse n'a que très peu de chances de disparaître: les salaires et les loyers ne vont pas baisser; le franc devrait rester fort un bon moment encore. Résultat: la nouvelle stratégie énergétique péjorera à coup sûr la compétitivité de nos entreprises. Restructurations et délocalisations seront inévitables. Vu sous cet angle, le coût global de 30 milliards pour la sortie du nucléaire (sans compter la rénovation et le développement du réseau) avancé par le Conseil fédéral est sans aucun doute une vue de l'esprit.

Plus d'un an après sa décision de renoncer progressivement au nucléaire, le Conseil fédéral joue la montre. Doris Leuthard reconnaît que les nouvelles énergies renouvelables et les économies d'énergie ne suffiront pas pour compenser la perte de 40% de notre approvisionnement électrique d'ici à 20 ans. Mais elle n'en tire pas les conséquences. Plutôt que d'agender la construction de 5 ou 6 centrales à gaz, elle préfère y aller au compte-goutte. D'abord une centrale, puis… on verra vers 2020… D'un autre côté, elle surévalue totalement le potentiel dans l'hydraulique (de l'avis de Pro Natura et du WWF eux-mêmes). Cette stratégie nous mettra à coup sûr à la merci des importations et donc des soubresauts des prix du marché…

L'abandon du nucléaire du jour au lendemain est possible, l'Allemagne l'a prouvé. Mais la vérité est qu'elle a remplacé l'uranium par le charbon. La Suisse souhaite éviter d'émettre davantage de CO2  et se donne 20 ans pour y parvenir. Le hic, c'est que toutes les études démontrent que c'est insuffisant pour que le renouvelable prenne totalement le relais d'ici-là.  Le Conseil fédéral doit le reconnaître et présenter une stratégie énergétique responsable et économiquement soutenable! L'ébauche présentée la semaine dernière en est loin.

Commentaires

Si l'on sait l'odieux chantage économique décidé pas Bruxelles à l'encontre des agriculteurs Valaisans on peut rester débitatif face à tout ce qui se dit concernant notre propre économie.On va commencer par les Valaisans et ensuite ce sont tous les agriculteurs qui devront se plier au diktat de soi-disants sauveurs de l'environnement.De plus en plus de citoyens affirment que si l'économie coule c'est justement à cause des lobbys soi-disant protecteurs de l'environnement aussi on peut en effet mettre en doute les paroles de notre ministre.L'écologie a toujours existé depuis la fin de la guerre,elle fut enseignée dans toutes les classes alors qu'on cesse de baratiner à coups de taxes , mobings envers les producteurs et consommateurs.N'est-ce pas le rêve de l'UE de mettre sous dépendance ces derniers,les considérant peut-être comme attardés.Dieu que l'informatique aura rendu stupide et de nombreux citoyens en sont de plus en plus conscients aussi
.Un nombre important et non internautes de Seniors a décidé de montrer qu'ils ne joueraient pas le jeu du mouton mais bien de l'auto-détermination à ne pas se plier au joug d'une dictature quelqu'elle soit,celle de l'extrême droite après guerre hante encore bien des mémoires grâce aux stigmates restés incrustés dans leur cerveau

Écrit par : lovsmeralda | 27/04/2012

"L'abandon du nucléaire du jour au lendemain est possible, l'Allemagne l'a prouvé. Mais la vérité est qu'elle a remplacé l'uranium par le charbon."

Vous êtes bien mal informée Mme Amstein :

Une étude toute récente le montre : l’Allemagne n’a pas eu recours au charbon pour compenser l’arrêt de 8 de ses 17 réacteurs en 2011, et n’envisage pas de le faire, selon une étude toute récente de l’Iddri (SciencesPo Paris).

http://www.iddri.org/Publications/Collections/Idees-pour-le-debat/L-impact-de-la-decision-post-Fukushima-sur-le-tournant-energetique-allemand

Manque les places de travail créées par la transition énergétique...

En espérant un point de vue mieux informé et plus mesuré à l'avenir.

Cordialement

Écrit par : Richard Golay | 28/04/2012

@Richard Golay

M. Golay, je vous retourne le conseil de mieux vous informer. Le fait que l'Allemagne recourt au charbon pour compenser ce que le nucléaire ne lui fournit plus est de notoriété publique. Voici quelques sources:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/24/allemagne-la-fin-du-nucleaire-passe-par-le-charbon_1592962_3244.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/09/20002-20120209ARTFIG00487-pas-de-reacteur-nucleaire-redemarre-en-allemagne.php

http://seeker401.wordpress.com/2012/04/20/germany-to-fund-new-coal-plants-with-climate-change-cash-oh-the-hypocrisy/

Meilleures salutations

Claudine Amstein

Écrit par : Claudine Amstein | 03/05/2012

@ Claudine Amstein

Chère Madame,

L'étude que je cite provient de SciencesPo Paris, institut universitaire de référence et date du 12 mars 2012. Lien:

http://www.iddri.org/Publications/Collections/Idees-pour-le-debat/WP0512_AR_post-fukushima%20energie%20All.pdf

1. L'article du Monde que vous citez date du 24 octobre 2011 et traite de la modernisation des centrales utilisant du charbon et du gaz en Allemagne. Aucun élément indiquant l'augmentation de consommation de charbon puisque la saison froide n'a pas encore commencé !
2. Celui du Figaro, du 9 février 2012, traite du non-redémarrage des 8 centrales nucléaires allemandes arrêtées et de l'apport en électricité étonnamment important provenant de l'éolien et du solaire photovoltaïque ! Rien sur le charbon !
3. Enfin, vous terminez par un lien vers le billet d'un blog anglophone sans référence. On y lit par exemple que le Ministre allemand de l'économie annonce que l'objectif de diminution de 40% des émissions CO2 à l'horizon 2020 sera atteint... Toujours aucune mention de ce que vous affirmez !

Le sujet de l'énergétique est loin d'être facile et la période chaotique post-fukushima en cours n'arrange rien à l'affaire. Bref, tout le monde peut se tromper.

J'avais pourtant relever le sujet dans un de mes billets : http://rigolay.blog.24heures.ch/archive/2012/04/16/l-allemagne-sort-du-nucleaire-sans-polluer-d-avantage.html

Meilleures salutations

Écrit par : Richard Golay | 06/05/2012

@ Richard Golay


Excusez moi d'insister, mais dans l'article du Figaro du 9 février, il est écrit

"En cette période de grand froid, l'Allemagne, avec ses centrales thermiques réactivées, parvient à exporter du courant vers la France."

La troisième source, le blog soi-disant "sans référence", est en fait explicite et se base sur des informations parues dans la presse. Pour un lien plus détaillée: http://www.thelocal.de/national/20110713-36277.html.

Il y est dit en substance que l'Allemagne va investir dans des centrales thermiques. Le gouvernement promet de réduire tout de même ses émissions de CO2, effectivement. Contradictoire? Les électeurs allemands jugeront.

L'article du Monde est tout autant explicite:

"Pour assurer la transition énergétique, le gouvernement prévoit également de subventionner de nouvelles centrales au gaz mais aussi une dizaine de centrales au charbon très polluantes"

Tout corrobore aujourd'hui que l'Allemagne va dans ce sens.

Sur un autre sujet, notez encore ce chiffre paru dans la presse dominicale alémanique hier (SonntagsZeitung): 60 milliards. Il s'agit d'une évaluation du coût de la sortie du nucléaire en Suisse. Qui émet ce chiffre: David Thiel, le patron des services industriels bâlois IWB, une personne totalement acquise à la nouvelle politique énergétique voulue par le Conseil fédéral. Il souhaite simplement que l'on parle vrai. Pour mémoire: Doris Leuthard parle de 30 milliards seulement.

Parlons vrai sur la transition: nous n'éviterons pas des usines à gaz. A moins d'importer du nucléaire français ou de l'électricité produite avec du gaz ou du charbon en Allemagne.

Meilleures salutations

Écrit par : Claudine Amstein | 07/05/2012

Ce site blog est très très bon et instructif. Je vais poster un lien vers cette page sur mon site. Je suis sûr que mes visiteurs du site découvrirez que particulièrement utile!

Écrit par : magasin lacoste | 24/05/2012

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