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12/09/2012

"Sécurité du logement à la retraite": un premier pas dans la bonne direction

Pas une semaine ne se passe sans que l'on évoque la menace d'une bulle immobilière en Suisse romande, et particulièrement dans l'Arc lémanique. Prix très élevés, gonflement des dettes hypothécaires, risques pour les banques… Les moyens de prévenir ce phénomène ne sont pas très nombreux et se révèlent peu efficaces, l'outil naturel de la Banque nationale servant à réguler le crédit – le taux d'intérêt – étant neutralisé près de zéro pour cause de crise de la dette.

Un des moyens les plus simples de diminuer le risque de bulle – du moins les répercussions de son éclatement sur les banques - consisterait à inciter les propriétaires à rembourser leurs dettes. Or c'est justement ce que propose, indirectement, l'initiative "sécurité du logement à la retraite", sur laquelle nous votons le 23 septembre prochain. Ce projet ne concerne que les retraités, mais il va dans le bon sens.

L'initiative propose très concrètement de permettre aux retraités propriétaires de leur logement de pouvoir opter – il n'y aura pas d'obligation, mais le choix sera définitif - pour une nouvelle méthode d'imposition, sans déduction possible des intérêts hypothécaires, mais également sans valeur locative. Ce revenu fictif, ajouté aux revenus bien réels perçus en salaires ou rentes, incite actuellement les Suisses à maintenir une dette importante jusqu'à la fin de leurs jours, puisque seule la déduction des intérêts leur permet "d'effacer" la valeur locative. Rien ne sert de rembourser puisque l'on est alors puni par le fisc!

Cette situation n'est pas saine. Il suffit d'observer quelques chiffres pour percevoir qu'elle conduit à une dérive, un emballement de l'endettement: les créances hypothécaire des ménages suisses correspondent à quelque 150% du produit intérieur brut (PIB), contre 90% aux Etats-Unis (qui peinent encore à s'extirper d'une crise immobilière qui a déstabilisé la finance mondiale). Il y avait presque pour 800 milliards de francs de crédits hypothécaires en Suisse à la fin 2011, contre 500 milliards en 2000 et 280 milliards en 1990 (chiffres de la BNS).

L'initiative "sécurité du logement à retraite" a un double avantage. Elle permet d'éviter de chambouler la totalité de notre fiscalité d'un seul coup, un exercice qui relève presque de la mission impossible. Le virage se négocierait en douceur. Elle a aussi le mérite de s'attaquer à la montagne de dettes que j'ai décrite plus haut. Une montagne pour une bonne part inutile puisqu'uniquement destinée à éviter que les propriétaires ne soient tondus par un revenu fictif calculé par le fisc.

Le taux de propriétaire en Suisse ne faisant que croître ces dernières années – environ 40% des ménages aujourd'hui contre 31% en 1990 – cette initiative permet de réajuster le tir en matière d'endettement. Qui plus est, le virage se négociera en douceur, sans contraintes. Au passage, les retraités qui ont malgré tout remboursé leur dette hypothécaire seront enfin soulagé d'une imposition choquante, puisque basée en partie sur un revenu qui n'existe que dans les livres de comptes du fisc. Oui à cette initiative!

Commentaires

sauf qu'en l'absence d'équilibre citoyen, ce texte n'est pas acceptable

car ici on donne tout aux emprunteurs-cigales would-be proprios ayant choisi les vacances plutôt que travailler et rembourser

vs rien aux fourmis proprios ayant payé leur emprunt en bossant et se privant de vacances histoire de rembourser plus vite

vs rien aux cigales ayant choisi de vivre locataire pour jouir 1 max sans investir ni prendre de risques

Écrit par : Pierre à feu | 12/09/2012

@Pierre à feu, mais si justement. Pour une fois que je suis d'accord.
Oui le choix sera possible aux propriétaires qui ont justement amorti leurs
dettes, vont pouvoir faire ce choix rayant leur valeur locative.

C'est enfin correcte, car c'est vrai que le fisc n'arrange que les "cigales" et en rien les "fourmis" qui ont su respecter leurs engagements en remboursant leurs dettes au fil du temps.

Tous cela a fait les "beaux jours" des banques et des assureurs, depuis trop longtemps.

Écrit par : Corélande | 13/09/2012

OK d'accord certes pour l'intention
mais la copie est à revoir dès lors que les pré-retraités ou tous proprios à faibles moyens, dont c'est la résidence principale et la seule, ne sont pas inclus

une telle initiative devrait stopper toute surfiscalisation, sur valeur locative estimée incl., mais éviter tout potentiel de niche fiscale.

Écrit par : Pierre à feu | 13/09/2012

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