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03/10/2012

Stratégie énergétique: trop de zones d'ombre pour l'économie

Beaucoup de questions restent sans réponses, après un premier rapide survol de la stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral. Beaucoup trop de questions!

Première grande inconnue: la sécurité de l'approvisionnement. Sera-t-elle toujours garantie une fois que les dernières centrales nucléaires auront cessé leur activité? En particulier l'hiver, lorsque le photovoltaïque produit beaucoup moins de courant? Pas de réponse. Le recours aux centrales à gaz ou au couplage chaleur-force, qui permettent de garantir une production constante d'électricité, n'est évoqué qu'à titre "temporaire". C'est-à-dire jusqu'à ce que les nouvelles énergies renouvelables soient à même de contrebalancer la disparition des centrales atomiques. On en déduit que le gaz va être abandonné à terme… mais on ne nous dit pas comment l'approvisionnement sera garanti.

Le risque de cette politique: que la Suisse doive composer de longs mois par année avec une situation de pénurie. Le recours massif aux importations – plus chères - se répercutera sur les prix. Le risque d'une rupture de l'approvisionnement ne peut pas être exclu. Un cauchemar pour les entreprises!

Deuxième grande inconnue: la taxation des énergies. Le projet de réforme fiscale écologique évoqué par la cheffe des finances fédérales Evelyne Widmer-Schlumpf est reporté de deux ans et sa mise en œuvre repoussée au-delà de 2020. Résultat: on sait que les impôts sur l'énergie, et l'électricité en particulier, devraient augmenter. Mais pour les chiffres exacts, repassez dans quelques années! Question: comment les entreprises grosses consommatrices peuvent-elles planifier leurs investissements dans notre pays?

L'économie est prête à s'engager à fond dans la transition énergétique. Elle n'a d'ailleurs pas attendu Fukushima pour économiser et réduire fortement ses émissions de gaz carbonique. Pour ce faire, elle doit cependant pouvoir continuer à s'appuyer sur un environnement légal et fiscal prévisible et stable. Elle a besoin de réponses claires, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Nos entreprises, et nos industries en particulier, bénéficient aujourd'hui de prix de l'énergie compétitifs en comparaison internationale. La concurrence est pourtant déjà extrêmement rude, car pour l'ensemble des autres charges (salaires, contributions sociales, loyers, transport des marchandises, etc.), la Suisse est un îlot de cherté! La sauvegarde de l'emploi en Suisse nécessite que les milieux politiques gardent cette réalité à l'esprit. Il en va du maintien de notre prospérité. 

Guy-Philippe Bolay

Commentaires

Ne soyons pas angéliques... Nos élus fédéraux n'ont pas le moindre souci écologique. Lorsque nous serons contre le mur, il y a belle lurette qu'ils jouiront d'une confortable retraite. Non, leur seule motivation est de concevoir sans cesse de nouvelles taxes (dissuasives et non incitatives) dans le but de remplir leur tonneau des Danaides (désolé, le tréma n'existe pas sur mon clavier).
Quant aux ''énergies renouvelables'', ma formation d'ingénieur m'autorise à être plutôt sceptique à leur égard. Que dire de parcs d'éoliennes sur un plateau suisse la plupart du temps sans vent ou de cellules solaires dans un pays où il pleut 250 jours par an?
Je pense que la seule démarche constructive - et probablement rentable - réside actuellement dans le géothermique.
Pour terminer cette analyse peu enthousiaste, gardons à l'esprit que le problème des énergies fossiles risque de ne plus en être un dans 30 ou 40 ans, si l'on continue à transporter des clampins à Barcelone ou à Pukhet pour quelques dizaines ou centaines de francs...

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 04/10/2012

Que t'énergie utilisée (et c'est le cas de le dire...) sur un sujet autant controversé! Qui peut dire ce que demain sera? Personne et heureusement, c'est la seule réalié aujourd'hui! Par contre, à mon avis des solutions existent à la condition que chacun soit plus altruiste et pense aux générations futures! Le gaz est une solution rapide et efficace au nucléaire en comblant le "gap" que les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique ne suffisent pas à rendre dans le laps de temps imparti,même si c'est temporaire; il pourrait s'agir d'une période temporaire qui peut durer plus longtemps qu'on ne l'imagine... Tout vient à point, il suffit de laisser du temps au temps...
Si seulement on pouvait conscientiser que le problème est universel, qu'il faut arrêter de s'opposer à tout et à rien (sauf cas exceptionnels qui sont appropriés et justes), que l'appât du gain n'est pas l'unique élément pour pérenniser une entreprise, que se reposer sur ses lauriers et vivre dans un cocon n'est pas la solution, alors on se sentirait grandi, solidaire et puissant (dans le bon sens du terme)!!!

Écrit par : Pingoo | 05/10/2012

@ M. Bolay
Vous avez parfaitement résumé la situation ! Il reste à chiffrer ce mauvais projet de loi: cela a été fait à ma connaissance dans les articles «Pénuries de 70%» et «Coïncés sur les transports», dans le blog «Eloge du nucléaire durable», dont les derniers articles décrivent assez bien ce qui nous attend.
@ M. Jenni
La géothermie profonde n'offre malheureusement qu'une énergie fossile assez abondante; de la volcanologie, on sait que le flux d'énergie venu du sol est très bas: en Suisse, entre 60 mW/m2 et 160 mW/m2: au rythme où nous aurons besoin de cette énergie, elle n'est PAS RENOUVELABLE ...

Écrit par : André Bovay-Rohr | 08/10/2012

attention à l'arnaque aux éoliennes.Beaucoup de petits propriétaires en France se sont fait posséder par des vendeurs à la sauvette qui ont compris tous les avantages à ne vendre que du vent!

Écrit par : lovsmeralda | 04/11/2012

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