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23/01/2013

L'initiative Minder coûterait cher au 2e pilier

Les caisses de pension souffrent d'un mal qui pourrait vite se transformer en gangrène si l'on n'y prend garde: je veux parler de la croissance des frais de gestion administrative. Chaque année, chaque institution de prévoyance dépense entre 100 et plus de 1000 francs par affilié pour la tenue des comptes individuels, l'information aux assurés, le contrôle, etc. (source: Swisscanto). La gestion administrative des 698 milliards de francs qui reposaient dans les coffres du 2e pilier à la fin 2009 a coûté 792 millions de francs en tout (source: Conseil fédéral).

Est-ce peu? Beaucoup? Une chose est sûre: chaque franc dépensé à des tâches administratives est perdu pour les rentes. Certains frais sont bien sûr inévitables: comptabilité, renseignements aux assurés, trafic des paiements, entre autres. Depuis l'an dernier, des dépenses liées aux nouvelles autorités de surveillance indépendantes se sont rajoutées là-dessus. Montant de la facture? Trop tôt pour le dire, il faudra attendre les prochaines statistiques.

Et voilà qu'une nouvelle ponction pointerait déjà à l'horizon! En cas d'acceptation de l'initiative Minder sur les salaires abusifs, toutes les caisses de pension auront l'obligation de voter à toutes les assemblées générales des sociétés suisses cotées dont elles possèdent des titres. Une institution de prévoyance détenant en moyenne entre 50 et 100 titres, l'examen de tous les points à l'ordre du jour nécessitera entre 150 et 300 heures de gestion administrative supplémentaire (source: Association suisse des institutions de prévoyance).

Les petites caisses de pension - pour qui le travail administratif et réglementaire devient déjà étouffant - n'ont tout simplement pas les moyens de procéder à de telles analyses. Elles devront déléguer à des consultants externes. Et donc payer des commissions. Elles pourraient aussi vendre leurs actions et prendre des fonds de placement ou des ETF, mais il y a là aussi des commissions. Résultat: l'initiative Minder va coûter cher, soustraire encore une partie des cotisations à tous les employés.

L'argument selon lequel il est indispensable que les institutions de prévoyance votent systématiquement ne tient pas la route. Les initiants qui se gaussent de principes démocratiques devraient respecter le premier d'entre eux: la liberté de s'abstenir. N'ayons pas peur de l'affirmer: tous les changements de statuts de toutes les entreprises cotées ne méritent pas forcément un examen approfondi par tous les actionnaires. Il est normal que ces sociétés doivent se soumettre à un effort de transparence puisque leur actionnariat est ouvert, mais il n'y a aucune raison d'imposer que ces obligations formelles débouchent sur une débauche bureaucratique.

Le contre-projet indirect à l'initiative Minder, qui entrera en vigueur en cas de refus de ce texte, laisse les caisses de pension décider de leur politique en matière de vote dans les assemblées générales. Comme cela se fait dans les autres pays, d'ailleurs.

Les caisses de pension ont déjà suffisamment de problèmes à dégager un rendement dans un contexte de taux bas durables. Elles sont en outre confrontées à l'allongement de la durée de vie de leurs affiliés. Ce n'est vraiment pas le moment de leur imposer de nouvelles dépenses inutiles. Ne serait-ce que sur ce point, l'initiative Minder est mal fichue, mal ciblée et dispendieuse. Votez NON le 3 mars! 

Commentaires

Madame,
On sait que votre «bord» milite contre l'initiative Minder. Et on sait aussi pourquoi. Je ne vais donc pas allonger ici inutilement sur ces obscurs motifs fondamentaux.

Mais s'agissant de votre dernière trouvaille, il y a de quoi s'étrangler. Résumé brièvement ça veut dire: qu'il est trop coûteux de donner la liberté aux actionnaires, de mettre leur nez dans les comptes de leur entreprise et qu'Il faut donc exclure cette possibilité par la loi. Sauf, si les actionnaires sont en même temps les dirigeants de l'entreprise.

C'est effectivement très commode pour ceux qui s'enrichissent et s'amusent avec l'argent des autres. Désolé Madame, ça ne passera pas.

Je comprend parfaitement que les 698 milliards puissent attirer les convoitises des joueurs. C'est pour ça qu'il est nécessaire de mettre un bataillon de flics là-derrière, pour protéger la propriété privée.

Écrit par : petard | 23/01/2013

Posséder une action, ce n'est pas que toucher un dividende: c'est la part d'un droit de propriété sur une entreprise, droit qui doit s'accompagner, pour un propriétaire important et responsable, d'un examen critique de la gestion de celle-ci.

Si scandale il y a, c'est d'avoir vu si longtemps des caisses de pension, gros actionnaires de sociétés, donner leur blanc-seing aux conseils d'administrations en toutes occasions.

Vous me faites penser à ces gens qui se plaignent du coût du vote démocratique, et clament (sérieusement!) qu'on ferait de belles économies en renonçant à consulter le citoyen. C'est sûr, les économies seraient au rendez-vous, mais ne perdrait-on pas un petit quelque chose en passant?

Écrit par : Stéphane Montabert | 23/01/2013

Dans les frais administratifs sont aussi inclus les frais salariaux du gérant ainsi que ses faramineux bonus. Donc cela nettement diminué on peut bien se payer un plus grand activisme de propriétaire détenteur de titres aux assemblées générales.
En matière de LPP c'est enfin se parer d'une loi sur -les délits de biens sociaux-.
Ce sera OUI à l'initiative Minder, ne serait-ce que pour la -case prison-
que n'a pas le contre-projet.

Écrit par : Corélande | 24/01/2013

De dieu, de dieu, si cette initiative ne passe pas, à voir l'identité des trois intervenants précédents et sachant ce qu'ils pensent, je crois qu'il faut croire aux miracles et donc à l'existence de dieu. Je ne risque pas grand'chose...

Écrit par : Géo | 24/01/2013

Faudrait savoir, Madame Amstein. D'abord vous prêcher pour la liberté de s'abstenir, ensuite vous dîtes de voter non. C'est bien ou pas de voter alors ?

(Double MDR ^^)

Écrit par : Fufus | 24/01/2013

Mme Amstein,

Auriez-vous (votre syndicat) des choses à cacher ?
J'ignorais que le contrôle, et une certaine forme de démocratie pouvait nuire.

Que cela engendre des coûts, soit. Probablement le prix de cette "surveillance".
Faire des économies, tout le monde est pour. A condition que cela ne se fasse pas (comme trop souvent) au détriment du bénéficiaire (usager, clients) ou au bénéfice exclusif de l'actionnaire qui fera ce qu'il veut et augmentera ses dividendes (cf les successives baisses de charges pour les entreprises françaises qui n'ont eu aucun impact pour les clients et l'emploi mais, par contre, que dire des dividendes des actionnaires...).

En fait, j'estime que vous développez un argument fallacieux : retoquer une proposition qui obligera à justifier le fonctionnement des entreprises cotées en raison du surcoût des charges des caisses de pension que vous estimez déjà élevés. C'est se moquer du monde. Depuis la CVCI défend les rentes des cotisants?

Écrit par : Vu de France | 24/01/2013

Madame Amstein,
La je ne comprend plus rien.
Savez-vous combien de 100 de milliards ont disparu grace aux Experts de la finance, ces derniers 20 ans.
Les salariers, qui compte sur une retraite, risque de n'y voir plus grande chose si vous soutener les "voleurs" et "votours" de la finance.
Sans doute la majorité est honête, mais votre affirmation que cela couterait encore plus d'argent, permettez-moi de vous dire, "c'est ridicule".
Le "Selfservice" dans la poche des petits actionnaires, ainsi que des assurés des Caisses de pensions, DOIT CESSER.
SVP retirer votre article, ou faite l'analyse combien de Milliard de Francs nous aurions dans nos CdP, si on arrêter ces bonus ASTRONOMIQUE payé aux quelques "Experts" (experts du vols).
Regardez la Caisse de Pension de la Ville de Lausanne, Zürich et d'autres Villes/Cantons..-.
Alors SVP retirer votre article, c'est vraiement trop...!!!

Écrit par : Gianluigi Iacovino | 24/01/2013

Formidable... Formidable...
Ceux qui d'habitude poursuivent les secrétaires qui taillent trop de crayons, crient au loup parce qu'exercer le droit démocratique de vote des actionnaires coûtera trop cher !!!

Écrit par : Jean-Claude | 24/01/2013

Superbe plaidoyer!

8 millions (minimum) ne sont donc pas suffisant?
Je ne vois que des affiches contre cette initiative!

Les trolls que vous avez engagés, les noms de sites que vous achetés, la dizaine de millions que vous investissez et en plus vous mentez!

Visiblement cette initiative NE DOIT PAS passer et vous êtes prêt à tout faire pour que les pauvres votent comme les patrons le souhaitent!

Dernière invention et peut-être la dernière car vous n'avez plus aucune crédibilité, le chantage patronal!

Je voterai OUI juste pour vous apprendre que la démocratie ne s'achète pas

Écrit par : Un Suisse | 25/01/2013

Absolument fallacieux, malheureusement on ne peut mieux résumer...
Alors que sur la dernière décennie, les salariés n ont pas tiré un Kopec de la croissance mondiale, les actionnaires n en ont pratiquement rien tiré... cherchez l erreur?! Regarder voir du côté d une certaine classede "high executives SDF" (les 2 lectures du sigle sont autorisées)- pourlesquelles le monde comme les salaires doit être sans frontières... et dont Economie Suisse semble être le porte-parole acharné.
Madame Amstein, votre attachement à ceux qui vous dirigent (pour ceux qui avaient encore un doute...)
semble démesurément vous faire perdre votre bon sens. Le capitalisme a été avant tout familial-certains s attachent à le détruire pour le plus grand bonheur des socialistes. Défendons le en distinguant bien la rémunération du risque et celle du travail. Il y a aussi celle du vol- celle qu il faut absolument combattre ( surtout quand elle peut aussi aisément financer les mauvaises causes à l image de celle que vous êtes entrain de défendre). Si vous connaissez des caisses qui souffrent de devoir contrôler ce qui se passe dans les entreprises qu elles détiennent pour le compte de leurs affiliés: qu elles ferment!...ou qu elles sous-traitent: je leur ferai un bon prix. Tout compte fait, entre fallacieux et scandaleux- mon coeur balance.
Avec mes salutations capitalistiques.

Écrit par : Yorick Cazal | 25/01/2013

Pour une info claire et précise. Selon Dominique Biedermann d'Ethos, ce travail couterait aux caisses de pension entre Fr. 8000.-- et 15000.-- par an! Autant dire des clopinettes!!!!

Écrit par : Corélande | 25/01/2013

@Pétard
"Résumé brièvement ça veut dire: qu'il est trop coûteux de donner la liberté aux actionnaires"
La liberté, ils l'ont aujourd'hui. C'est gratuit. L'initiative Minder va donner une obligation aux caisses de pension, c'est cela qui sera coûteux.

@Stephane Montaberg
"Vous me faites penser à ces gens qui se plaignent du coût du vote démocratique"
Absolument pas, il s'agit ici du coût imposé par une contrainte de vote sans aucune exception possible. Je ne vois toujours pas où est la démocratie dans cette contrainte!

@tous
Le débat est émotionnel. Sur l'aspect "obligation de vote des caisses de pension", les faits sont pourtant clairs. L'initiative Minder fait fausse route et si elle devait être accepté, ce sont tous les employés qui s'en mordront les doigts.

Pour rappel: l'initiative n'empêchera aucun salaire pharaonique puisqu'elle ne les interdit pas. Elle ne prévoit aucune restitution de rémunérations, ce que le contre-projet prévoit expressément dans certains cas. Encore une fois, les dindons de la farce, avec cette initiative, ce seront tous les citoyens qui auront voté oui en croyant limiter les salaires des managers. Au final, c'est à eux qu'il en coûtera, tout particulièrement dans leur 2e pilier.

Claudine Amstein

Écrit par : Claudine Amstein | 25/01/2013

Mordre les doigts...? Langage émotionnel mais aucune réponse concrète à nos remarques... Des millions et des achats de noms de site... Economiesuisse joue effectivement sur l'émotion - une émotion qui pourrait se retourner contre elle - Et vos propres doigts... pourquoi pas? Des arguments défendables avec des très mauvais procédés peuvent conduire à des très mauvaises conséquences. L'histoire est pleine de victoires qui se sont révélées après coup être de grandes défaites. Beaucoup de combats que vous menez avec Economiesuisse menacent sensiblement plus notre deuxième pilier-
ce qui ne fait que renforcer le caractère fallacieux de l'argument...

Écrit par : Yorick Cazal | 25/01/2013

Je suis d'accord avec les bons arguments de M. Blocher,(Kudelski) notamment que cela peut apporter des difficultés, voire des risques aux petites PME. (le parlement aurait dû régler cela dans la révision de la loi sur les SA). Mais ils pourront faire face, voire ne pas être concernés, car M. Minder est un "petit entrepreneur" et il y a pensé a son statut depuis 7 ans. Par contre se sont vraiment les "grosses boites" qui doivent s'agenouiller et pour cela il faut voter OUI à l'initiative pour que des UBS-en-tous-genres ne fassent plus leur loi au détriment des actionnaires-propriétaires; que nous sommes tous.

Écrit par : Corélande | 26/01/2013

@Mme Amstein:
«La liberté, ils l'ont aujourd'hui. C'est gratuit.»

Mais tout-à-fait! Comme les coopérateurs de la Migros, avec une plaque de chocolat gratis quand ils votent aveuglément pour des trucs incompréhensibles, ou pour des candidats coptés à l'assemblée des dégueulés. Ça fait 35 que je suis coopérateur, on m'a jamais expliqué comment mettre le pied dans la porte pour avoir une hypothèse d'enter dans le saint des saints.
Bon, c'est pas le débat, mais c'est de la même veine: le pseudo pouvoir des petits coopérateurs et actionnaires.

Sauf, que dans les caisses de pensions «l'actionnaire propriétaire du capital», s'il n'est pas d'accord, il ne peut même pas se tirer et planquer son argent ailleurs.
La loi est largement en faveur des gestionnaires-administrateurs, puisque ce sont eux qui dictent à quelle sauce les contributeurs seront mangés.

Et si on prend l'exemple des caisses publiques qui sont presque toutes en situation de sous-couverture, vous croyez vraiment que ce sont les cotisants qui ont décidé de jeter leurs capitaux par la fenêtre? Ça serait pas plutôt que l'employeur n'ait pas versé la part qu'il devait? Il est où cet argent qui s'est évaporé?

Écrit par : petard | 27/01/2013

Je ne suis pas d'accord avec vous. Vos arguments aident ceux qui sont pour l'initiative Minder. C'est sympa, merci pour les pro-Minder.

Écrit par : MBA | 27/01/2013

Oh la la, Madame Amstein. une fois de plus la voilà qui hurle plus fort que les loups, reprenant les arguments les plus spécieux de la désinformation émis par Economie suisse en général et Gentinetta en particulier, ce dernier allant jusqu'à affirmer par le truchement de coûteuses affiches que l'adoption de l'initiative serait néfaste aux PME: personnellement je ne connais pas de patron de PME qui s'octroie un salaire abusif se chiffrant par millions.

Écrit par : Edy | 07/02/2013

Je ne suis pas d'accord avec vous. Vos arguments aident ceux qui sont pour l'initiative Minder. C'est sympa, merci pour les pro-Minder.

Écrit par : ecigarette | 08/02/2013

Merci pour cet information, en effet je rejoints la majorité des commentaires argumenter ci-dessus n'aideront pas ceux qui sont pour l’initiative Minder.

Écrit par : betclic | 11/10/2013

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