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18/04/2013

Dix ans pour la Constitution vaudoise et une décennie de succès économique

Qu'est-ce qui a changé dans le canton de Vaud, dix ans après l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution vaudoise? Dans le monde des entreprises et de l'économie: tout! Cela n'est sans doute pas dû à la nouvelle loi fondamentale… Mais les dix premières années de ce texte coïncident parfaitement avec ce que l'on peut sans exagération appeler le "renouveau vaudois".

Rappelez-vous du début des années 2000: les usines qui fermaient les unes après les autres (Iril, Kodak, Filtrona…), la crise de la BCV, la dette cantonale qui gonflait par milliards. Une décennie plus tard: Vaud est le canton le plus compétitif de Suisse romande (classement UBS). L'Arc lémanique s'est hissé au rang de la région la plus dynamique du pays, devant la capitale économique qu'est Zurich.

Le canton a su utiliser les outils mis à disposition par la Confédération. L'arrêté Bonny a permis d'attirer de nombreuses multinationales étrangères, qui ont investi et se sont développées en recrutant de la main-d'œuvre qualifiée locale. Avec Genève, Vaud a su identifier rapidement l'importance que prenait le commerce des matières premières avec le rapide développement des pays émergents. La région s'est profilée en centre de compétence mondial dans le trading, attirant de nombreuses sociétés qui génèrent d'importantes recettes fiscales.

Contrairement à l'idée que l'on peut avoir en se focalisant uniquement sur les mauvaises nouvelles, l'industrie n'a pas été à la peine non plus. Prenez Nestlé: la multinationale basée à Vevey occupe aujourd'hui 3500 personnes dans le canton. Le seul site d'Orbe a gagné 650 emplois en dix ans investissant des dizaines de millions de francs dans plusieurs extensions et faisant au passage profiter de retombées à des dizaines d'entreprises sous-traitantes. Prenez l'horlogerie dans la Vallée de Joux, avec le développement d'Audemars Piguet, Jaeger-LeCoultre, Breguet... Prenez l'industrie des techniques médicales (Medtronic…). La région est un pôle d'innovation.

Alors, fin de l'histoire, on stoppe la machine qui s'emballe, comme le préconisent les anti-croissances? Mon regard dans le rétroviseur sur le début des années 2000 montre bien que rien n'est acquis. Pas plus dans le canton de Vaud qu'ailleurs. Voyez l'Irlande qui était présentée comme le "tigre" de l'Europe et qui a fait faillite en l'espace de quelques mois. Il n'y a pas si longtemps, les immigrés espagnols établis en Suisse retournaient dans leur pays, qui connaissait un boom immobilier qui semblait ne jamais devoir cesser. La tendance s'est inversée en l'espace de deux à trois ans.

Vaud a le grand avantage aujourd'hui d'afficher une excellente santé, tant sur le front de l'économie que des finances publiques, avec une dette quasi-nulle (et même des excédents si l'on tient compte de la sous-évaluation des participations de l'Etat dans ses entreprises, comme la BCV ou Romande Energie). Le canton repose donc sur des bases solides. Mais comme pour une personne, sa santé doit être entretenue.

A ce titre, en matière de dépenses publiques, l'Etat doit se mettre immédiatement au régime! L'an dernier, ses dépenses ont progressé plus rapidement que les rentrées fiscales, pour la troisième année consécutive. Ce n'est pas tenable. D'autant moins tenable que les pouvoirs publics devront investir environ 14 milliards de francs dans le canton au cours des 10 prochaines années, dont 8 milliards à charge du canton. Nouveaux musées, routes et autoroutes, chemins de fer… Il y a du rattrapage en vue côté infrastructures. Avec sa grande administration – l'une des plus lourdes de Suisse en comparaison intercantonale – Vaud n'aura d'autre choix que de surveiller sa ligne au quotidien!

Commentaires

Pourquoi Vaud, Vaud, Vaud et pas le canton de Vaud?!?!
On n'est pas Genevois et notre canton n'a pas un nom de ville! On dit Zurich ou Genève parce que le canton a le même nom que la ville centre mais "le canton du Valais" ou "le canton du Jura" et donc pas "Vaud". C'est non seulement pas français mais en plus c'est laid!!!

Écrit par : Karl | 18/04/2013

Bravo à Monsieur Broulis pour sa rigueur. Bravo aussi au contribuable vaudois qui, tout au long d'une décennie, a accepté de payer des impôts certainement plus lourds que dans la plupart des autres cantons.
Vous avez raison d'évoquer le spectre des dépenses publiques à venir, maintenant que la situation financière de notre canton est plus que saine. Quand on voit la composition du nouveau Conseil d'Etat, il y a du souci à se faire. J'ai pour ma part en travers de la gorge le fait que je doive contribuer au renflouement de la CPEV: si je comprends bien, je dois continuer à travailler - et à contribuer - à 72 ans pour financer la retraite anticipée que des enseignants peuvent prendre à 57 ans (je connais deux cas de ce genre dans mon entourage). Quid de la justice sociale?

Écrit par : Jenni Jean-Pierre | 20/04/2013

Merci pour ce super post, tout en sincérité et partage

Écrit par : kamagra | 20/04/2013

Heureusement que vous avez eu l'honnêteté de pointer un des éléments qui a permis cette bonne santé durant ces 10 ans:
Le déficit d'investissement dans les infrastructures, qui se trouvent maintenant dans un tel état que des investissements massifs ne peuvent plus être repoussés.
ca tombe bien, c'est un gouvernement de gauche, qui n'aura pas le choix de les faire et que vous vous empresserez de désigner comme irresponsable.
Mais au moins, Mme Amstein, il vous reste ce brin d'honnêteté qui vous a obligé à effleurer le sujet, tout n'est donc pas perdu.

Écrit par : Lefredo | 22/04/2013

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