15/05/2013

La préférence nationale à l'embauche? Inutile de la promulguer, elle va de soi!

Des mesures inutiles ne seront d'aucune aide dans le débat sur la libre circulation des personnes. Ainsi en est-il de l'idée, évoquée vendredi dernier sur RTS La Première, d'instaurer une "préférence nationale" à l'embauche dans toutes les entreprises du pays. Les inspirateurs de cette mesure l'imaginent informelle, sous la forme d'un encouragement émanant des organisations économiques, de manière à éviter une vaine querelle avec Bruxelles. 

A priori, cela semble une excellente idée. Que pourrait-il y avoir de plus logique que, à compétences égales, les entreprises engagent des employés suisses plutôt que des ressortissants de l'UE? Et bien rien, c'est parfaitement logique! C'est d'ailleurs pour cela que les entreprises engagent déjà systématiquement en priorité des employés suisses ou déjà domiciliés dans la région. 

Cela va même plus loin: les employeurs rêvent de pouvoir trouver toute la main-d'œuvre tout près de chez elles. Ce n'est pas une partie de plaisir que d'entamer des démarches de recrutement à l'étranger. Les entreprises se passeraient volontiers de devoir faire face à une gestion des salaires plus compliquée pour les employés européens que pour les employés suisses: les détenteurs de permis B qui gagnent moins de 120'000 francs par an sont imposés à la source. Mais la réalité est ce qu'elle est: le manque de personnel, qualifié et non qualifié, frappe de nombreuses professions! Du secteur de la santé à la construction, en passant par la restauration, le transport ou l'informatique. 

Notre pays, et notre canton en particulier, crée depuis une décennie plus de postes de travail que ce que le marché du travail peut fournir. Cette vigueur économique, cet îlot de prospérité dans une Europe en crise avec ses 26 millions de chômeurs, est une chance extraordinaire. Bon nombre d'entreprises n'ont souvent pas d'autre choix que de recruter des Européens. Vouloir les en empêcher (ou les entraver) ne conduira qu'à obliger celles qui le peuvent à aller produire là où la main-d'œuvre est disponible. Et les emplois des Suisses disparaîtront du même coup. 

L'idée de "préférence nationale" n'est qu'un slogan. Laissons-le pour ce qu'il est. Une personne qui n'a pas mal à la tête ne se sentira pas mieux si elle prend une aspirine. C'est la même chose avec la préférence nationale: la promulguer dans les entreprises ne changera rien puisqu'elle est de facto déjà pratiquée.

Les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes passent avant tout par la facilitation de la construction de logements (plutôt que de nouvelles contraintes faites aux propriétaires et promoteurs) ainsi que des investissements ciblés dans les infrastructures routières et ferroviaires. Lancer un appel inutile aux entreprises ne ferait qu'ajouter de la confusion dans le débat. Il signifierait que les employeurs privilégient actuellement les employés de l'UE alors que rien n'est plus faux!

Commentaires

excellent article et combien réaliste

Écrit par : lovsmeralda | 15/05/2013

Donc, en promulguant des lois en ce sens cela ne changera rien, si je suis votre raisonnement. Vous n'avez donc pas de souci à vous faire.

Mais peut-être cela aura-t-il un impact sur le dumping salarial bien réel qui est la règle au sein de certaines entreprises. Surtout frontalières.

On ne parlera pas du nombre ahurissant d'offres d'emplois rédigées uniquement en Anglais (ce qui devrait être illégal vu que ce n'est pas une langue nationale, de plus très mal enseignée). On pourrait aussi parler de celles que l'on ne voit jamais en Suisse et qui vont directement en Gaule, chez Pôle emploi...

Le tissu d'une société, un pays, c'est bien plus que du fric et des entreprises.

Écrit par : Polux | 16/05/2013

Apres lire atentivement votre analysis. J'aimerais vous dire que c'est malheuresement faux. Le dumping salarial existe depuis la libre circulation.Je suis informaticien, j'etais contacte plusieurs fois par des chasseurs des tetes. Les salaires qui m'offrent correspondent a mon salaire de ll'ya 15 ans. Une fois il mon dit, si vous ne voulez pas demain, j'ai peux avoir une personne de l'UE qui accepte ce salaire. Un autre example, dans une multinationale en Suisse alemanique, ou j'ai travaille comme consultant. Il mon d'abord demande de devenir employee ils mon offert un salaire de misere, j'ai du refuser. Ils sont trouve un informaticien portuges, malheuresement pour lui il na pas peut rester vue son niveau technique tres bas, il a pas fini son periode d'essei.Et des gens competents au chomage en Suisse, il en avait. Pire encore, il existe des societes indienes (ce n'est pas leur faute. isl sont sous contrat des societes Suisses) qui amenent leurs employees ici en Suisse !!! Ce n'est plus que on delocalise en Inde, on les fait venir carement. Les mesures d'acompagnement ils sont ou ? La libre circulation functione seulement pour les societes, car ils peuvent payer des salaires Roumains ici en Suisse.
Encore un autre mythe, le fameux manque des enfermieres en Suisse. J'ai connais des enfermieres (Suisses) au chomage !!! car le salaire que leur offrent est miserable.

Écrit par : Angel Salas | 17/05/2013

Vous allez encore sans doutes essayer de nous faire croire que les discriminations à l'embauche que rencontrent les jeunes Suisses astreints au service militaire sont la démonstration de la préférence nationale?
Que les annonces dont l'intitulé du poste ne correspond à aucunes filières de formation disponible en Suisse sont la démonstration de la préférence nationale?
Que les annonces publiées en Suisse et dans lesquelles les formations recherchées sont CAP, BEP, BTS, BAC+... sans même mention de leur équivalence au niveau des formations Suisses sont la démonstration de la préférence nationale?
Il n'y a vraiment que les représentants patronaux assez fort pour tenter d'enfumer pareillement les Suisses et penser qu'on ne les voit pas venir.
C'est digne d'une étude sur les effets du tabac financée par les cigarettiers!
Les accords bilatéraux ne profitent qu'aux patrons ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez! Comme l'horlogerie qui prétend faire du swiss made avec 90% d’employés français, j'espère qu'a force de travailler "à la française" ils perdent rapidement leur réputation de qualité surfaite!
Pour nous ce n'est que augmentation des loyers, augmentation des impôts pour financer les infrastructures nécessaires par cette vague d'immigration et baisse des salaires!

Écrit par : Ted Demore | 21/05/2013

Je pense que ceux qui n'ont pas d'emploi et qui ont une qualification recherchée en Suisse devraient décider de partir pour un avenir meilleur. Mais c'est pas toujours facile je sais bien !

Écrit par : Changer-de-metier.com | 15/01/2014

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