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06/06/2013

La suppression des statuts spéciaux, un investissement en faveur de l'emploi

Quel est le "juste" taux d'imposition sur les bénéfices des entreprises? Plus de 23% ou 24% en moyenne, comme dans les cantons de Vaud et Genève? Nettement moins? On pourrait disserter des heures sur la question. Mais à l'heure où la Suisse s'engage sur la voie de l'abandon des statuts spéciaux (qui permettent aux multinationales qui réalisent l'essentiel de leurs affaires à l'étranger de payer moitié moins d'impôts que les entreprises locales), il y a en tout cas une excellente nouvelle: les socialistes eux-mêmes parlent d'un taux de 16%!

Les milieux économiques souhaitent bien sûr un peu moins et s'opposent fondamentalement à une harmonisation. Mais retenons l'essentiel: nous sommes sur la même longueur d'onde concernant le mouvement à donner, celui d'une baisse importante. Nous n'avons d'ailleurs pas d'autre choix, car sans une telle mesure, nous nous exposerions au risque de créer un exode des multinationales. Dans le canton de Genève, plus de 1000 sociétés générant 1 milliard de francs de revenus fiscaux et employant directement 20'000 personnes sont concernés. Sur Vaud, ce sont 350 sociétés qui paient plus de 300 millions de francs d'impôts et occupent des milliers de collaborateurs qui sont concernées.

Un abandon des statuts spéciaux sans contreparties se traduirait par un doublement de la charge fiscale des entreprises aujourd'hui soumises à des régimes d'exception. Des départs massifs seraient inévitables, car de nombreux autres pays sont prêts à les accueillir. Vous en doutez? Un seul exemple: Apple a avoué il y a deux semaines devant une commission du Congrès qu'il avait négocié avec l'Irlande un taux d'imposition de 2% - oui vous avez bien lu 2% - sur les bénéfices tirés de 74 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Le champion américain fuit le fisc de son pays, réputé pour la lourdeur de ses impôts sur les entreprises…

La concurrence est donc réelle et n'épargne aucune nation. Nous devons nous battre pour rester compétitifs, pour garder les multinationales dans notre région. Loin d'être des coquilles vides, la plupart d'entre elles occupent des ressortissants locaux, sous-traitent de multiples travaux et services à des sociétés du coin. La Confédération est consciente de cette situation et est prête à compenser une partie de la perte de revenus fiscaux que subiront les cantons qui doivent baisser fortement leur taux d'imposition des entreprises. Vaud est de ceux-là. Tout reste à négocier, bien sûr, mais il faut aller de l'avant dans ce sens-là. Quant à la perte de revenus fiscaux qui subsistera à la fin (c'est inéluctable), il faut la voir comme un investissement. Un investissement en faveur de l'emploiqui génère au final des impôts.

Commentaires

Je soutiens les propos de madame Amstein et ajoute que ses multinationales apportent en plus des impôts, des investissements importants dans le domaine de la technologie en collaborant avec nos centres de recherche très prestigieux. De nombreux projets industriels et de R&D prennent forme et certaines fois quelques années après l’installation d’une multinationale, soit au travers d’une startup locale soit en ouvrant un centre de recherche en suisse. Il ne doit y avoir aucun doute quant à l’apport important que les multinationales génèrent en suisse en terme financier, emploi et image, même si certains en doutent. La concurrence est très rude avec de nombreux pays et particulièrement les pays émergents qui ont de plus en plus d’employés qualifiés et très motivés à travailler et a des coûts plus faibles. Ne faisons pas l’erreur de sous-estimer les autres et n’oublions jamais que la mondialisation exacerbe la guerre économique que se livrent les pays. Allégeons la fiscalité et éliminons les outils fiscaux qui donnent de la voix au pays qui nous entoure incapable de gérer leur propre développement économique et qui offre des conditions fiscales certaines fois bien plus attractives que les nôtres, comme le cas de l’Irlande cité par madame Amstein. Soyons pragmatiques comme nos pères l’ont été, nous devons rester compétitifs sur le plan international, et la fiscalité des entreprises est un des éléments clés de notre succès, bien plus que la beauté de notre paysage pour attirer des entreprises.

Écrit par : Eric Maire | 06/06/2013

Ils ne sont pas si aveugles que ça ces socialistes suisses ou j'aime mieux ces sociaux-démocrates....Quant à l'impôt, l'important outre qu'il ne soit pas confiscatoire, c'est de savoir si tous le paient de manière juste (la fraude existe aussi en Suisse..) et tout aussi important à quoi il sert...infrastructure (plus de 6 milliards pour les infrastructures ferroviaires..l'enseignement, la recherche etc.etc.Quant à l'Irlande qui a profité pendant des années des fonds structurels de l'EU, on a vu aussi ou sa politique l'a menée...pas loin du fond du trou...

Écrit par : Bolomey | 06/06/2013

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