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03/07/2013

Shops de stations-service, la fin d'une absurdité

Le peuple suisse est appelé à voter sur la suppression d'une aberration le 22 septembre prochain. L'absurdité en question concerne les shops de stations-service situées sur des axes très fréquentés. D'un côté, la loi prévoit des exceptions à l'interdiction du travail de nuit et les autorise à occuper du personnel 24 heures sur 24, pour vendre de l'essence et servir des sandwichs et du café. De l'autre, la législation les prive toutefois de toute dérogation pour des activités purement commerciales. Les employés ne sont donc pas autorisés à vendre des produits qui sont en rayon dans le magasin. La loi permet par exemple de chauffer un panini, mais pour une brosse à dent ou un produit douche, prière d'attendre 5 heures du matin! Bref, les étalages doivent être recouverts ou rendus inaccessibles entre 1 heure et 5 heures.

Le référendum des syndicats contre la suppression de cette situation ubuesque est tout simplement incompréhensible. Personne n'y trouve son compte: ni les employés, qui travaillent de toute manière déjà de nuit, ni les stations-service, ni les clients. Les opposants à l'ouverture non-stop dénoncent à grands cris une libéralisation des horaires d'ouverture des commerces. Mais nous parlons en réalité d'un peu plus de 20 stations-service en tout et pour tout!

La révision de la loi sur le travail soumise à votation relève du simple bon sens. Le trafic motorisé est aujourd'hui beaucoup plus important qu'il y a 20 ans, tout particulièrement sur les grands axes de transit, nord-sud et est-ouest, également la nuit. Il existe désormais une clientèle – qu'elle soit touristique ou constituée d'habitants résidants en Suisse – qu'on ne peut simplement renvoyer aux horaires d'ouverture "réguliers" en invoquant de purs principes. Pourquoi un serveur de bar qui rentre de son travail à 3h30 du matin – ou un touriste de passage - n'aurait-il pas le droit d'acheter quelques produits pour le lendemain à un employé de shop qui est de toute manière présent derrière le comptoir pour encaisser son plein d'essence?

L'argument selon lequel cette toute petite concession dans les horaires d'ouverture des magasins constituerait une première étape visant à supprimer l'interdiction du travail de nuit ne tient pas la route. Il est totalement exagéré. Les syndicats auront en effet tout loisir de lancer un référendum si une véritable extension des horaires d'ouverture des commerces devait être acceptée par le parlement. La révision de la loi sur laquelle nous votons ne propose aucune libéralisation générale. Elle ne changera quasiment rien pour les employés tout en répondant aux attentes d'une large clientèle. Un oui s'impose dans les urnes le 22 septembre!

Commentaires

J'en chope des migraines! Pourquoi utiliser "shop" au lieu d'échope, boutique ou magasin?
Pour l'instant, le citoyen suisse va devoir voter pour ou contre leur ouverture 24h/24h, mais à quand la votation sur la suppression des 4 langues nationales au profit du seul anglais des "States"... Afin de facilité la tâche à la NSA.

Le jour où les "shops" des "gas-stations" seront ouverts nuits et jours, sera-il autoriser "to get lamb-shops for sale".
Oui, sera-t-il possible de faire des "sales". Ou dira-t-on: C'est du propre, une sale histoire! À la solde de qui sont-ils pour faire les "sales" sans autorisation!

Écrit par : Baptiste Kapp | 03/07/2013

Le plus simple serait d'interdire la circulation nocturne. La nuit c'est fait pour dormir... puisque on veut tant se préoccuper de la santé des gens en leur interdisant de fumer et de boire!

Écrit par : petard | 05/07/2013

"Les syndicats auront en effet tout loisir de lancer un référendum si une véritable extension des horaires d'ouverture des commerces devait être acceptée par le parlement."

Les motions Lombardi et Abate, acceptées par le parlement, vont exactement dans le sens d'une véritable extension des horaires d'ouvertures des commerces. Vous le savez sûrement. Si cette révision est acceptée-ce qui paraît peu probable vu les résultats sur le sujet ces dernières années-la brèche à d'amples libéralisations, soutenues par les Vert'lib ou le PLR, serait ouverte.

Je note qu'utiliser le slogan de campagne "légaliser les saucisses à rôtir" quand on est adepte de la tactique du salami est assez drôle...
NON à la journée de travail de 24h !

Écrit par : Ilias Panchard | 05/07/2013

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