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24/07/2013

Des quotas d'administratrices dans les entreprises? Ce n'est pas la bonne méthode

Les conseils d'administration des sociétés suisses ne comptent pas assez de femmes. Si ces dernières représentent en effet 45% des personnes actives dans notre pays, elles n'occupent que 12% des postes d'administrateur. La situation évolue, lentement, mais il reste indéniablement encore un énorme chemin à parcourir avant de parvenir à une situation équilibrée.

Cela étant, que faut-il faire? Les socialistes proposent, via deux initiatives parlementaires, d'imposer des quotas de 40% de femmes dans les conseils d'administration des sociétés en mains de la Confédération et des sociétés cotées. C'est la solution qu'a choisi la Norvège – premier pays au monde à le faire – dès 2003, suivie par un certain nombre d'autres pays européens. A ce stade, la commission du Conseil national en charge du dossier s'est prononcée contre cette idée. Mais les fronts sont très partagés.  

Pour clarifier les choses, je précise d'emblée qu'il est indispensable que les femmes soient mieux représentées à la tête des sociétés. L'imposition de quotas revient toutefois  à se dispenser de faire l'effort de promouvoir une véritable représentativité. Les entreprises risquent de choisir des femmes alibis, qui ne répondent pas forcément au profil requis pour occuper le poste, simplement pour se conformer aux exigences légales. La gestion des sociétés en ressortira affaiblie et les femmes n'y gagneront qu'une égalité de façade.

L'autre risque, c'est que les entreprises se tournent vers un tout petit nombre de femmes seulement, celles qui aujourd'hui répondent au profil d'administratrice. C'est en fait ce qui s'est passé en Norvège, où l'introduction trop rapide des quotas a eu pour effet d'engendrer une très forte hausse du cumul des mandats. Une septantaine d'administratrices s'y partagent plus de 300 sièges. La vitrine égalitaire scandinave est moins flamboyante vu sous cet angle: une petite minorité assure une belle apparence, avec les problèmes de conflits d'intérêt qui en découlent.

Pour une question aussi importante que celle de la représentativité des femmes dans les organes dirigeants de l'économie, viser un pourcentage – un seul chiffre magique qui réglerait tout – n'est pas la bonne réponse. Cette dernière doit venir des entreprises elles-mêmes, lesquelles ont d'ailleurs tout intérêt à davantage intégrer les femmes dans leur conseil d'administration et leur direction. Tout le monde convient en effet que les femmes apportent des analyses et des interrogations souvent différentes de celles des hommes. Quelle société a intérêt à se priver de cette plus-value?

Entre le "dire" et le "faire", il y a bien sûr encore du travail! Par la force des choses, il faut un certain temps pour que le nombre de femmes répondant au profil d'administratrices s'accroisse, car on accède généralement à ce type de postes après un parcours dans des fonctions dirigeantes. Vu que les femmes n'ont que récemment commencé à occuper ce type de postes, il est normal qu'il manque encore de candidatures féminines.

Mais ce constat n'empêche en rien une action volontariste de la part des entreprises! L'institut suisse des administrateurs (Isade), composé de représentants de l'économie, propose à ce titre des lignes de conduites aux sociétés soucieuses de prendre elles-mêmes leurs responsabilités: créer le débat à l'interne, se fixer des objectifs, donner la préférence aux femmes en cas de compétences équivalentes… N'oublions pas qu'une démarche intentionnelle est plus efficace qu'une obligation!

Commentaires

Sans vouloir vous offenser, quand on voit ce qu'a apporté une majorité féminine au Conseil Fédéral, autant ne fixer aucun quota de femmes dans les conseils d'administration.

Écrit par : Pascal | 24/07/2013

Les personnes appelées à siéger dans les CA doivent l'être uniquement pour leurs capacités, hommes ou femmes peu importe.

L'essentiel est de s'entendre, de travailler ensemble, de tirer à la même corde pour le bien d'une entreprise et non de savoir combien d'hommes et de femmes il y a ... !

Écrit par : MBA | 25/07/2013

Le premier commentaire p/r à v/blog ne m'étonne aucunement. Quand des administrateurs ou conseillers fédéraux de sexe masculin sont élus par "copinage" et non pas en fonction de leurs compétences humaines et professionnelles et qu'ils s'avèrent être incompétents, on ne les fustige point ou que peu. Et l'on ne dit pas "il ne faut plus d'hommes dans les CA ou le CF"! Quand on a une conseillère fédérale ou une administratrice compétente, on fait de tout pour la faire partir, alors que quand elles sont incompétentes, on dit "vous voyez il ne faut plus de femmes"! Donc quotas ou non, il s'agit avant tout de l'éducation des enfants qu'il faut changer / des mentalités.

La plupart des femmes disposent de bonnes capacités managériales (à commencer par la gestion d'une famille, de la carrière de leur mari...cf. un certain conseiller fédéral actuel totalement coaché par sa Gnädige Frau...), mais même bardées de diplômes ou d'expérience prof managériale, quand il s'agit de les promouvoir (cadre dirigeant ou administratrice), les commentaires le plus souvent entendus sont "ah mais elle n'a pas assez d'expérience de management", par contre pour un homme, ex- apprenti, avec une expérience managériale limitée à qqes années de gestion d'une petite équipe de max 5 collaborateurs, j'ai souvent entendu "avec un peu de coaching il y arrivera, on le nomme!". Vraiment? Rien de choquant dans cette réaction?
Et puis, il y a la façon totalement opposée dont les femmes intelligentes ou sachant bien utiliser la masse garnissant l'intérieur de leur crâne (et oui la population est composée par une part plus ou moins égale d'hommes et de femmes intelligentes et des autres) utilisent leur cerveau par rapport à l'homme intelligent (je parle ici du 80% de ces derniers car le 20% d'entrepreneurs ayant réussi, de type M. Hayek, pensent également à long terme et sont visionnaires). Généralement, ce dernier va gérer sa carrière à un horizon max de 5 ans, alors que la femme intelligente pensera à très long terme car elle gérerait sa famille comme cela. Elle voit donc certains aspects que l'homme (qui veut rapidement résoudre un problème, une situation génante) ne considérera même pas. Et au lieu d'apprendre de cette vision long terme (qui le gêne car il ne veut pas avoir à gérer d'autres problèmes qui surviendront certainement s'il persiste dans sa vision "max à moyen terme"), il va qualifier la femme de farfelue, de personne qui ne comprend rien ou qui a des idées totalement irréalistes (à moins que ce soit sont épouse "dirigiste" qui les propose, alors là il s'en servira sur son lieu de travail comme si l'idée venait de lui). Et que pense la femme cadre par rapport à cet homme cadre à vision "5 ans", qui a besoin de se réfugier derrière une armée de consultants et des miliers de pages contenant en grande partie des propos vides de sens (mais justifiant les honoraires desdits consultants) pour asseoir ses décisions, au lieu de prendre rapidement les décisions qui s'imposent / qui coulent de source? La femme pensera de cet homme qu'il n'est absolument pas visionnaire, qu'il est un couard qui ne sait pas prendre rapidement les décisions vitales pour l'entreprise, qu'il n'a aucune compétence pour être un cadre dirigeant, que sa vision stratégique limitée portera l'entreprise à sa perte tôt ou tard et elle n'aura pas tort. Donc la "donna sapiens" dérange et quotas ou non quotas cela ne changera rien si les mentalités ne changent pas. Le quota servira juste à imposer des femmes "non sapiens" qui, parce qu'elles font partie d'un parti politique ou sont avocates (tout comme la majorité des administrateurs hommes), seront parachutées dans les CA, alors que les femmes ET hommes compétents, qui correspondent aux critères voulus par la nouvelle gouvernance d'entreprise (qui plébiscite notamment des administrateurs ayant un parcours d'experts comptables etc) n'y seront pas élus car pas assez connus, pas dans le bon parti, le bon club service ou le bon cercle d'amis. Amen

Écrit par : Gina | 26/07/2013

il manque des femmes ? attention c'est la porte ouverte aux partis féministes de l'environnement avec leurs incongruités Verdistes et qui de plus en plus font fermer des entreprises ce qui fait augmenter le nombre de chômeurs quitte a entretenir la voie du travail au noir.Ces mouvances n'ont pas encore compris qu'une saine économie menait a une saine écologie et ne se faisait jamais au détriment des humains et de leur salaire vital en tout premier.On est pas sur la planète des singes ni aux ordres des gourous de Strasbourg

Écrit par : lovsmeralda | 29/07/2013

Il faut encourager les femmes à participer activement à la gestion d'entreprises, mais l'idée d'un quota est totalement farfelue. En affaires, comme à la politique, l'important est la compétence et non la différence physique. Dommage qu'en politique on impose des quotas et géographique et hommes/femmes. De combien de véritables "sages" nous nous sommes privé en les sacrifiant sur l'autel du sacré quota?

La composition d'un conseil d'administration doit réunir autant de compétences que possible pour couvrir l'entièreté des activités et de l'administraztion de cette société. Par cela, entendez des commerciaux, des financiers, des légistes, des experts en production, en achats et de l'administraztion en général. Il faut les prendre là où on les trouve, sans s'occuper de leurs habitudes vestimentaires. Le but est de former la meilleure équipe possible et non d'organiser un bal masqué ou chacune et chacun puisse se trouver un partenaire.

Pour accéder au conseil d'administration, la femme, tout comme l'homme, doit pouvoir y apporter des compétences certaines et reconnues. Il serait ridicule de barrer la route à quelqu'un sous le prétexte que le siège est réservée à une personne de moindre qualité mais qui remplit le quota.

Sur la seule base de la compétence, pourquoi empêcher les C.A. à 100% féminins ou masculins? Le but doit touijours être la saine gestion de l'entreprise.

Écrit par : Colin MIESCH | 30/07/2013

Micheline Calmy-Rey était administratrice de la Banque Cantonale de Genève et nous savons tous la suite.

Un désastre dont elle avait un minimum d'informations au vu de sa position dans cette banque.

Comme conseillère d'état, son bilan est catastrophique.

La Fondation de valorisation des casseroles de la banque a fait perdre des millions aux contribuables genevois.

Comme conseillère fédérale, l'image de la Suisse a subi des pertes énormes qui continuent encore aujourd'hui.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/08/2013

« [...] n'y seront pas élus car pas assez connus, pas dans le bon parti, le bon club service ou le bon cercle d'amis...»

Hé oui, tout se passe dans l'arrière-cour, par coptation, copinage, etc. Vous en avez vu combien de dames dans les «Rotary», «Lyons» et autres clubs de “bienfaisance“ ? ... et au cas où il y en aurait une ou deux... c'est à leurs fesses que s'intéressent les encravatés !

Écrit par : petard | 05/08/2013

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