02/10/2013

Les cinq nuages qui planent sur l'économie lémanique

Philip Morris a annoncé lundi une restructuration qui pourrait entraîner 140 suppressions d'emplois à Lausanne. Yahoo faisait savoir il y a un mois qu'il quittait Rolle, pour se relocaliser à Londres et Dublin. On apprenait lundi que le géant américain de l'énergie Foster Wheeler a déménagé discrètement son siège opérationnel de Genève à Londres.

Espérons que la liste des mauvaises nouvelles de la rentrée en reste là! Cela dit, nous serions peu avisés d'attendre en restant les bras croisés, sûrs et certains que la qualité exceptionnelle de nos paysages et de notre cadre de vie en général suffira pour l'éternité à attirer les plus grandes sociétés internationales dans la région. Comme la forme physique, l'attractivité d'une région est une chose qui se cultive constamment.

Les nouvelles de ces derniers jours nous rappellent que les nuages pointent de plus en plus méchamment à l'horizon, après une décennie de succès ininterrompus. J'en dénombre cinq:

  • La force du franc. La flambée de notre devise face à l'euro et au dollar a renchéri nos produits de l'ordre de 25 à 30% en l'espace de quelques mois en 2011. L'économie suisse a heureusement réussi à rester compétitive jusqu'ici. Mais notre monnaie demeure surévaluée et cela pèse sur les marges des entreprises.

  • La flexibilité de notre marché du travail. Elle est remise en cause. Tant l'initiative 1:12 que celle sur un salaire minimum à 4000 francs par mois conduiraient, en cas d'acceptation, à un durcissement des relations de travail entre employés et entreprises. Le partenariat social, force largement enviée de notre pays, serait affaibli: représentants des travailleurs et employeurs n'auraient en effet plus grand chose à négocier puisque la loi dicterait l'essentiel.

  • La disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée. Plusieurs objets contestant l'accord de libre-circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne seront soumis en votation l'an prochain: "stop à l'immigration massive", l'initiative Ecopop ainsi que l'extension de la libre-circulation à la Croatie. Dans l'Arc lémanique, une limitation des possibilités de recrutement au-delà de nos frontières reviendrait à asphyxier de nombreuses sociétés, qui pourraient choisir de déménager.

  • L'engorgement des routes et des transports publics. Sans investissements rapides et importants dans les infrastructures, la situation pourrait continuer à se dégrader. Mais les bouchons ont un coût, tout comme les trains retardés. Pour la seule route, la Confédération chiffre à 1,5 milliard de francs le dommage causé par les 20'000 heures de bouchons comptabilisés au niveau national en 2012.

  • La fiscalité. Le canton de Vaud (comme celui de Genève) se distingue par l'un des taux d'imposition des bénéfices parmi les plus hauts de Suisse. Il a jusqu'ici pu tirer son épingle du jeu grâce aux régimes spéciaux cantonaux. Mais ceux-ci sont contestés par Bruxelles et pourraient disparaître rapidement.

Il importe de garder à l'esprit ces faiblesses si nous voulons éviter que les mauvaises nouvelles de ces derniers jours continuent. Pour le franc fort, la Banque nationale (BNS) dirige les opérations. Mais pour tout le reste, la balle est dans notre camp, souvent dans notre canton! Il est minuit moins cinq pour agir!

Commentaires

vous oubliez une immense faiblesse. NOS politiques. Dans certains pays, il faut être compétent pour faire de la politique (Harvard etc.). Chez nous les premiers de classes sont dans l'économie et les seconds (voire derniers) font de la politique.

Quant à la fiscalité, Je crois qu'Olivier Feller a déposé une demande pour obtenir un comparatif des taux d'imposition chez nos voisins. Ila obtenu gain de cause, on attend donc le résultat.

Actuellement, nous vivons une guerre économique et nous la perdons car nous voulons toujours être les plus propres, les plus gentils alors que les anglo-saxons (notamment) en profite largement en faisant du dumping fiscal.
so what ?

Écrit par : Olivier | 03/10/2013

Ces commentaires me paraissent particulièrement pertinents. Une des grandes forces de l'arc lémanique est la présence d'entreprises et organisations internationales. Alors que plusieurs villes ou pays (Dubaï, Singapour, Vienne par ex.)font des pieds et de mains pour attirer ces organismes dont les collaborateurs jouissent de revenus élevés, nos gouvernements et parlements nationaux,cantonaux et communaux s'ingénient à tuer la poule aux œufs d'or. Infrastructures totalement insuffisantes, proposition de limiter le trafic de Cointrin, initiatives 1:12 pour ne citer que quelques unes des élucubrations visant à nous étouffer économiquement et politiquement. Le Crédit Suisse enfonce encore le clou en démontrant que la région devient moins attractive. Et face à ces menaces qui réagit ? Aucun des partis de droite, qui devraient enfin taper du poing sur la table et monter aux barricades. Seuls les mouvements extrémistes se manifestent et c'est regrettable. Décidément nous sommes trop près de la France et de ses habitudes. Si c'est là notre ambition, nous ne serons bientôt plus qu’un département français rural, entièrement à la charge de l'Etat central. Sauf qu'en Suisse ce dernier n'est pas prêt à suivre l'exemple de nos chers voisins.

Écrit par : eric denzler | 03/10/2013

Chère Madame Amstein,

Membre de la CVCI que vous présidez, engagé politiquement à droite, cela pour vous donner un aperçu de mon profil.

La "décennie de succès ininterrompus" que vous évoquez n'a profité, pour son écrasante majorité, qu'à 1 à 3% de la population Suisse.

En effet, toutes ces rentrées fiscales auraient dû nous doter d'infrastructures fabuleuses, faire baisser massivement nos impôts: en fait, il n'en est rien, c'est plutôt l'inverse qui se produit. Donc, à qui profite le crime? Ou alors est-ce un échec cuisant, malgré les apparences?

Pour le reste, la classe moyenne, c'est:

- Logements introuvables, avec augmentation massive des loyers de ces derniers
- Appauvrissement général, pression inouïe au job.
- Pression massive sur les salaires, mise en concurrence déloyale avec les ressortissants de pays dont le bassin de population compte plus de 60 millions d'habitants pour certains.
- Invasion de nos hautes écoles par une majorité d'étrangers, pour la plupart de ces dernières. Formation à 150'000.- payée 10'000.- par l'étudiant étranger, le reste sur le dos du contribuable.
- Destruction de l'environnement en construisant à tout va, saccage généralisé.
- Des places de crèches inexistantes, cela à cause de la pression migratoire.
- Des écoles bourrées.
- Une bombe à retardement concernant les assurances sociales en cas de petit hoquet de l'économie.
- Le fait de ne plus se sentir chez soi, être un numéro anonyme dans son propre pays.
- La criminalité qui explose, grâce à ce Schengen tant vanté.
- Des autoroutes que l'on pourra bientôt limiter à 60, sur lesquelles on risque notre peau.
- Des trains bondés, sales, dans lesquels plus aucun civisme n'est présent.
- Des taxes et des presions financières toujours plus grandes sur les habitants de ce pays.

Je vais m'arrêter là, Madame Amstein.

J'ai toujours voté à droite et pourtant je vais voter selon mes seuls intérêts dans les prochaines années: pour saborder Schengen, pour une caisse unique, pour limiter l'appétit des gros, pour faire payer les impôts nécessaires au grosses multinationales étrangères (mon entreprise paie 3 fois plus d'impôts que ces dernières en pourcentage, je suis donc discriminé).

PM supprime 140 emplois à Lausanne? Cela me réjouit, j'espère que cela sera bien plus: ainsi nous arrêterons de nous faire virer de nos appartements pour rénover grand luxe "à l'international" et nous verrons même quelques logements se retrouver sur le marché. Lorsque 500 villas d'expats se retrouveront sur le marché en même temps, pressés de vendre, les prix chuteront. J'en salive d'avance, toutes ces bonnes affaires! Voyez-vous, je fais comme vous: je pense à moi et à moi seul!

Et pour finir, baissons la devise Suisse de 20%: c'est tout cela que la classe moyenne perdra sur son revenu, celui sur lequel elle économise pour se payer des vacances en zone euro...

Non, décidément, nous n'avons pas les mêmes valeurs.

Et autour de moi, j'entends passablement de grogne qui vont dans mon sens: les votations à venir vont être un moyen pour remettre les pendules à l'heure et montrer à qui est ce pays: certainement pas à quelques multinationales apatrides qui vous pigeonnent en réclamant des forfaits minables sur 10 ans, se tirant à la date déchéance et provoquant la grogne de 400 millions de citoyens tout autour de notre pays.

Meilleures salutations, Présidente.

Écrit par : JB | 03/10/2013

Il était prévisible qu'à la fin des avantages fiscaux ces mastodontes économiques et financiers s'en iraient vers des cieux encore plus cléments. Ce n'est pas un bâtiment de 30, voire 100 millions, alors que leurs gains annuels se chiffrent en milliards, qui les dissuadera de quitter l'arc lémanique.
Cela dit, l'analyse de Madame Amstein me semble parfaite: elle a su notamment mettre le doigt sur Le Problème de notre région: les infrastructures routières et ferroviaires qui vous assurent de rater systématiquement votre avion à Cointrin. Pour ma part, j'ai dû renoncer aux activités de mon entreprise dans la région genevoise: embouteillages permanents, stationnement impossible, harcèlement continu d'une police du stationnement pléthorique.
Je n'ose imaginer un Canton de Vaud à 1 million d'habitants, c'est déjà le cauchemar à 6 ou 700 mille. Au lieu de se focaliser sur le social et la solidarité, nos édiles seraient mieux avisés de se préoccuper d'urbanisme.

Écrit par : Jenni Jean-Pierre | 03/10/2013

Je ne partage pas du tout votre avis, ni les thèses de vos chers "ennemis" progressistes.

Alors en tant qu'exclu de la raison dominante, je m'interroge sur l'objectivité sur-aigüe de vos analyses, dès lors que vos propos sont aussi transparents qu'une douzaine de stères de bois entassés les uns derrières les autres.

Juste un exemple: l'amalgame du cas de Philipp Morris à vos "cinq nuages". Pardonnez-moi, mais nombre de vos camarades patronaux soufrent en bienheureux de l'éradication de la clope sur les lieux de travail; même si certains ont installé des cendriers dans leur cour de récré… récrés qu'ils tolèrent clopinesquement, on n'en doute pas, par solidarité avec Philipp Morris…

Sur le franc fort, vos propos sont déconcertants… parce que jamais, les exportateurs que vous défendez, avanceront les moindres chiffres vérifiables s'agissant de leurs désagréments par le franc "fort". Tout au plus, pour foutre la trouille aux gens, ils vous balanceront ces slogans magiques: 1000 licenciements, 5000 licenciements, etc.
Voyez ce qui se passe aux US, du jour au lendemain ils peuvent se passer de 800000 fonctionnaires non "stratégiques". Vous ne croyez pas qu'ici, bon nombre de multi-nationales peuvent faire pareil. Toutes, y compris les grandes banques peuvent se passer du jour au lendemain de 20% de leur personnel. Elles n'ont qu'à appuyer sur le bouton lorsqu'une décision politique est déplaisante. Et que ferez-vous des petits épargnants (ceux qui on mis péniblement 500000 francs de côté en 50 ans de dur labeur)? Ah! fallait qu'ils claquent tout au fur et à mesure!

Je doute fort que vous n'êtes pas au courant de ce système de sièges éjectables de masse que l'on actionne au gré du vent. Si vos amis vous ont caché ça, c'est vraiment pas gentil de leur part.

On sait que les personnes pratiquant la langue de bois se réfugient le plus souvent derrière des secrets de polichinelle et pratiquent des raccourcis qui n'ont même pas la vocation de faire rire, mais d'agacer. Regrettable, car cela procède d'une stratégie de communication surannée. Evidemment il ne s'agit pas de se mettre à poil en page 3 du Matin… mais d'appeler un chat un chat et de donner suffisamment de substance vitaminée à ces vautours pour leur rabattre le caquet. Ils n'attendent que ça.

Aussi, pour vous libérer de votre syndrome "xyloglossique", je pense que vous devriez aller exposer vos visions - de l'au-delà du réel -, sur les plateaux télé du service public hexagonal: Chez Ruquier avec Aymeric Caron pour vous mettre en bouche, chez Calvi (avec toujours les mêmes qu'il invite), Ardisson, Taddeï, etc. Parce que là, chère Madame, c'est pas la piste de pétanque d'Esther Mamarbachi.

Écrit par : petard | 04/10/2013

JB@ Excellent commentaire. Allez-vous voter Ecopop ou céder à la trouille mise en avant par les milieux patronaux ?

Écrit par : Géo | 04/10/2013

j'abonde à 100% dans les commentaires précédents, excellemment détaillés.
auxquels j'ajoute, à vos craintes contre la remise en cause de la flexibilité du travail, ce paramètre caché sous le tapis, de la gestion RH dans laquelle ce canton c'est enfoncée jusqu'à l'aveuglement.

Chère Madame vous témoignez-là semble-t-il de cette même hypocrisie largement partagée par l'ensemble des cadres patronaux du bassin, confortablement habitués à puiser dans un pool inextinguible de salariés UE jetables et interchangeables à volonté

RH s'arrogeant le droit de recrutement discriminatoire par l'âge, du min 3 ans d'expérience à 10 ans max, en cumul à ce droit impitoyable mettant vos salariés en concurrence contre tout potentiel exogène, sans recours ni base légale, sans aucun droits citoyens.

concevoir que l'ultra-libéralisme du droit du travail suisse et les régimes bilatéraux ont atteint les limites de leurs bénéfices peuvent au contraire aider les RH à garder du personnel compétent, au lieu d'encourager les multis à gérer leurs RH sur le mode du "tout jeune tout beau = le top, parce que je le vaut bien"

Écrit par : pierre à feu | 04/10/2013

Bravo JB, tout est dit. Nous ne sommes pas du même bord politique et pourtant dans mon cercle tout le monde pense comme vous!

La disponibilité de la main d'oeuvre, parlons-en! Grâce aux bilatérales et à cette chère UE, les entreprises suisses pourront engager des travailleurs étrangers aux salaires et lois du travail en vigueur DANS LEUR PAYS D'ORIGINE. Voir les arrêts Laval et Viking.

Les entreprises suisses pourront allégrement sous-traiter à des entreprises étrangères qui ne seront tenues d'appliquer que les normes de leur propre pays.

Cet ultralibéralisme ne réussira qu'une seule chose:

- déréguler les acquis sociaux qui rendent ce pays si agréable à vivre.

- diviser les communautés et engendrer un vrai racisme et ressentiment, notamment envers les pays limitrophes, pour commencer.

Les Suisses (et résidents) seront les dindons de la farce!

Quant à Philip Morris qui se sépare de ses valeureux collaborateurs, tous ultra-motivés à mettre leurs compétences au service de la vente de cigarettes... cela fera un peu moins de Porsches Cayenne et autres autos de parvenus qui congestionnent le sud de Lausanne le matin.

Écrit par : AC | 04/10/2013

@AC, certes. mais ça, c'est déjà là. depuis longtemps
c'est bien avant 1998 que les autochtones ont subi et du survivre à ce régime.

Licenciements de masse et grosses restructurations de mise depuis la 1re guerre du golfe. de crise en bulle en crise, grosses pertes d'emploi, suppression de postes, quotidiens banques assurances informatique start-ups Cie d'aviation etc puis ré embauche +jeune à moins cher derrière.

Sans contrôle puis sentant le vent des bilatérales venir avant 1998, les responsables RH se fichant des quotas appliquaient allègrement l'ultra-libéralisme et cristallisèrent ces modus-operandi, cette situation.

Produisant ces dérégulations dont vous parlez, perte de salaire & sous-emplois acceptés, stress & acceptation de situations délictuelles par peur de perdre son poste.

Tout ça plus et le choix sans limite de tout salarié jetable en toute impunité, est aujourd'hui dans l'ADN des stratégies RH de multis, autant que chez ces djeuns employés d'agences ou autres expates cadres recruteurs.

La bonne question est: que sont devenus les salariés touchés depuis 15-20 ans.

Écrit par : pierre à feu | 04/10/2013

Bonjour,

@AC

Ces deux affirmations sont fausses:

"Grâce aux bilatérales et à cette chère UE, les entreprises suisses pourront engager des travailleurs étrangers aux salaires et lois du travail en vigueur DANS LEUR PAYS D'ORIGINE."

"Les entreprises suisses pourront allégrement sous-traiter à des entreprises étrangères qui ne seront tenues d'appliquer que les normes de leur propre pays."

Pour la première: les entreprises suisses doivent au contraire appliquer aux collaborateurs issus de pays de l'UE les mêmes conditions qu'elles appliquent aux travailleurs suisses. Des contrôles sont prévus et sont effectués. Les entreprises prises en faute sont sanctionnées. Pour plus de détails:

http://www.seco.admin.ch/themen/00385/00448/00449/index.html?lang=fr

Pour la sous-traitance, la loi vient d'être durcie et les entreprises suisses sont désormais solidairement responsables de leurs sous-traitants:

http://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&msg-id=49422

Encore une fois, si la Suisse a pu parvenir à maintenir son niveau malgré de graves crises économiques mondiales, c'est parce que sa politique s'est avérée intelligente et profitable à l'ensemble du pays. Les faits sont les faits: il suffit de comparer l'évolution de la situation des salariés suisses à celle des salariés dans les autres pays européens pour constater que la situation nous a été plus favorable.

Claudine Amstein

Écrit par : claudine amstein | 07/10/2013

Madame,

Mes affirmations ne sont pas fausses comme vous le prétendez, mais elles sont tout au plus anticipées. En revanche et hélas, les vôtres sont irréalistes:

"Des contrôles sont prévus et sont effectués. Les entreprises prises en faute sont sanctionnées."

Les mesures du SECO auxquelles vous faites référence ne sont que des mesurettes tout juste bonnes à effrayer une autruche.

En effet, il avait été promis que ces mesures prévoiraient le renforcement des troupes de valeureux inspecteurs du travail afin de faire appliquer les mesures d’accompagnement relatives à l’Accord de Libre Circulation des Personnes... Tenez-vous bien : vingt. Sur toute la Suisse Romande, il y a 20 inspecteurs du travail pour effectuer le contrôle de 1000 chantiers, mais aussi la restauration/hôtellerie et le commerce de détail. De quoi faire trembler de peur les entreprises frauduleuses n’est-ce pas ?

Sans soucis, celles-ci ont opéré et opèrent sans être trop inquiétées (affaire des ouvriers chinois à Palexpo, travailleurs au noir « sur appel engagés au jour le jour, réunis au petit matin devant une station service où des patrons viennent «choisir» leur main-d’œuvre bon marché en fonction de leurs besoins. Ce business profite à de nombreux acteurs de la construction » (Temps Présent, rts, 12.05.2011).

Mais il y a pire : l’accord institutionnel négocié actuellement dans le cadre des bilatérales avec l’UE prévoit la primauté du cadre légal européen sur le cadre légal national.

Les CCT négociées âprement et qui ont contribué à faire de la Suisse un pays compétitif ET où il fait bon vivre seront mises à mal. Ce qui est déjà le cas actuellement.

Qui se préoccupe de ce glissement vers la précarité et du délitement des acquis de ce pays ?

Certainement pas les Libéraux, encore moins le PS qui n’aborde même pas la question. Ne reste plus que l’UDC, pour qui je serai obligé de voter.

Meilleures salutations.

Écrit par : AC | 08/10/2013

Bonjour,

@AC

"En 2012, 2232 entreprises ont fait l'objet, dans le
canton de Vaud, d'un contrôle dans le cadre des mesures d'accompagnement. 946 contrôles ont été effectués dans des entreprises non soumises à une convention collective de travail, 1005 auprès d'entreprises soumises à des conventions collectives dans le secteur de la construction et
281 dans des entreprises soumises à des conventions collectives dans les métiers de bouche. Les contrôles ont notamment porté sur des entreprises étrangères venant prester leurs services dans le canton de Vaud pour une période allant jusqu'à 90 jours par année civile (317 contrôles) - comme
le prévoit l'accord de libre circulation - et sur des entreprises locales ayant eu un recours intensif à de la main-d'oeuvre européenne."

Cette citation est tirée du "RAPPORT AU CONSEIL D’ETAT SUR LES ACTIVITES 2012 DE LA COMMISSION TRIPARTITE DU CANTON DE VAUD CHARGEE DES
MESURES D’ACCOMPAGNEMENT A LA LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES"


Source complète: http://www.publidoc.vd.ch/guestDownload/direct?path=/Company%20Home/VD/CHANC/SIEL/antilope/objet/CE/Communiqu%C3%A9%20de%20presse/2013/04/419790_Rapport%20_2012_Commission%20tripartite%20VD_20130423_1024806.pdf

Non, ce ne sont pas des mesurettes, comme vous le dites, d'autant plus que cela se fait dans tous les cantons.

Plus loin vous dites: "l’accord institutionnel négocié actuellement dans le cadre des bilatérales avec l’UE prévoit la primauté du cadre légal européen sur le cadre légal national".

1° Les négociations n'ont pas encore débuté. Le mandat de négociation est actuellement en consultation:

source: http://www.news.admin.ch/dokumentation/00002/00015/index.html?lang=fr&msg-id=49947

2° Contrairement à ce que vous affirmez, il n'est pas question d'une primauté du droit européen sur le droit suisse. Au contraire, il s'agit d'engager un processus d'adaptation dynamique, dans lequel la Suisse aura son mot à dire. Et une fois encore, les négociations n'ont même pas commencé. Votre affirmation est fausse.

Claudine Amstein

Écrit par : Claudine Amstein | 11/10/2013

Madame,

Ces mesures ne sont que de la poudre aux yeux. Le nombre d’inspecteurs du travail reste ridiculement insuffisant. Ces chiffres ne visent qu’à une seule chose : cajoler le peuple pour lui faire accepter l’extension de la libre circulation à la Croatie. Le rassurer sur le soi-disant maintien des acquis sociaux. Tranquiliser la population sur les faibles incidences de cette extension. Ce ne sont que des balivernes !

Le but est de se procurer de la main d’œuvre la meilleure marché possible et de ne pas froisser l’UE, partenaire commercial no 1. Pour quelles conséquences ? Pression accrue, dumping salarial, délitement des acquis sociaux.

Concernant la primauté du droit européen sur le droit suisse en matière de travail, vous dites que: «les négociations n'ont même pas commencé(...) il s'agit d'engager un processus d'adaptation dynamique, dans lequel la Suisse aura son mot à dire. »

Si, lors de ces négociations, les travailleurs suisses sont aussi bien défendus que ne l’a été le secret bancaire, il n’y a pas de quoi se réjouir ni d'être rassurés...

La signature d’un accord institutionnel implique qu’en cas de conflit (revendications, défense des CCT etc), c’est le cadre supérieur, donc européen, qui fait foi. Les arrêts Laval, Viking, Luxembourg etc en sont la preuve. Ils ont fait jurisprudence !

Donc un employé étranger travaillant en Suisse, rémunéré selon les conditions de son pays d’origine et estimant cela injuste, pourrait se retourner contre l’entreprise en suivant les voies légales jusqu’au tribunal fédéral, ou cours européenne. Celle-ci n’aura qu’à se référer à l’accord institutionnel européen pour le débouter et l’envoyer sur les roses.

Quel futur pour notre pays avec de telles pressions sur nos travailleurs?
C'est cela l'enjeu, et personne n'en parle. Il n'y a que l'UDC et Ecopop pour s'y opposer, bien que pour d'autres raisons, et c'est pour elles que je voterai !

Écrit par : AC | 16/10/2013

cour européenne, bien entendu.

Écrit par : AC | 16/10/2013

Cette peur brandie par CERTAINS milieux patronaux et leurs laquais nous promettant apocalypse en cas de révision et suppression de a libre circulation sont les mêmes qui nous promettaient le paradis, la prospérité et les jours heureux.
Plus de 10 ans plus tard, l'employé suisse est le plus productif du monde, les salaires (réels, ceux de la majorité) ont baissé, passé 40 ans tu ne trouves plus de job, l'anglais EN LANGUE MATERNELLE devient la norme (pour se faire comprendre du manager ou du responsable RH, un mercenaire apatride venu de loin).
Rectifier une erreur ne coûtera rien, car avant la libre circulation nous vivions bien et surtout mieux.
Pour l'avenir de nos enfants, pour permettre à ces derniers de vivre chez eux, pour leur permettre d'accéder aux hautes écoles où dans certaines filières les places sont occupées par plus de 70% d'étrangers, pour que nos enfants puissent encore louer un appart (et leurs parents aussi), votons contre les bilatérales.

Écrit par : Caïus | 23/11/2013

Cela sera aussi le bon moment pour donner le signal à l'UE, car je crois bien avoir entendu que l'union européenne, elle-même, commence à envisager une modération de la libre circulation en son intérieur, tellement cela pose des problèmes au 28 pays.
D'autre part, ce n'est pas en mettant nos jeunes "de côté" et employer des UE à la place, que nous leur permettrons de s'expérimenter, de s'immiscer dans le monde du travail pour accumuler des savoirs et autres cheminements qui mènent à la performance et rentabilité des employés.

Écrit par : Corélande | 25/11/2013

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