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11/12/2013

Caisse-maladie unique: tout le monde y perdrait au change!

Qu'apporterait aux assurés l'instauration d'une caisse-maladie unique? En tout cas pas des primes plus basses! Les initiants eux-mêmes ne le promettent pas, car un tel big bang (sur lequel nous voterons l'an prochain) générerait des frais de restructuration – sans compter la mise au chômage de centaines de collaborateurs - qu'il faudrait des années pour amortir. Une fois ces charges digérées, rien ne nous assure ensuite que l'assurance-maladie fédérale soit gérée de manière plus efficace que les 60 caisses actuellement actives dans l'assurance de base. Le pari n'en vaut pas la chandelle.

Peut-on alors au moins attendre davantage d'efficacité? C'est très peu probable. On peut même affirmer que cela tiendrait de l'impossible. Car les monopoles n'apportent la plupart du temps rien aux consommateurs, si ce n'est l'absence de choix. Pour qui en douterait, il suffit de se remémorer le secteur des télécommunications avant la libéralisation intervenue dans les années 1990: les tarifs étaient beaucoup plus élevés, l'innovation inexistante et les appareils étaient chers et disponibles uniquement dans les points de vente agréés! Une sorte de préhistoire que les plus jeunes ne peuvent même pas imaginer.

C'est pourtant ce retour vers le passé que laisse miroiter la caisse unique. Le patient, lui, aurait tout à perdre. Prenez l'exemple du Canada ou de la Grande-Bretagne, qui connaissent un régime de couverture maladie centralisé: la règle est celle de la liste d'attente. Vous avez besoin de suivre une physiothérapie après un accident? Pas de problèmes… première séance dans six mois. Votre état de santé nécessite une intervention chirurgicale indispensable (et vitale)? Oui… dans un an. Que voulez-vous, s'entendent répondre les patients, le système est ainsi fait que personne n'est privilégié! A moins bien sûr d'avoir les moyens de se payer des complémentaires très coûteuses.

Il ne faut pas se voiler la face, la caisse unique nous conduirait tout droit vers ces modèles. La volonté de créer une structure centralisée relève de la croyance aveugle dans les bienfaits d'un secteur public idéalisé. Actuellement, les frais d'administration des assureurs-maladie suisses sont de l'ordre de 5%. Peu? Beaucoup? Ils sont deux fois plus élevés à la Suva (entreprise de droit public) et à l'assurance chômage (chiffres 2011)!

Faire croire à des économies avec la caisse unique est une duperie. Le service ne sera pas amélioré. Et les perspectives de prises en charge des assurés ne peuvent que se détériorer. La santé est trop importante pour qu'on galvaude sa gestion. La concurrence, comme nous la connaissons actuellement, est la meilleure garante de services efficaces. Nous n'aurions rien à gagner à nous livrer pieds et poings liés à une caisse publique.

Commentaires

Vous avez raison : je ne suis pas convaincue de l'efficacité d'une caisse unique.

En revanche, pourquoi pas une "prime unique" dont le montant serait à définir en tenant compte de la franchise choisie par l'assuré ?

Qu'en pensez-vous ?

Écrit par : Lise | 11/12/2013

la Caisse unique ne fera que de cacher la merde au chat. Enfin dans un premier temps. Ce qui se paie en matière de coût de la santé actuellement devra de toute façon se payer d'une manière ou d'une autre avec la caisse unique. Mais le système actuelle de la LAMAL est aussi ultra-étatiste. Les caisses maladies privées ne font que de suivre obligatoirement le dictat de la LAMAL qui est une loi étatique dont les règlements sont inscris dans un code aussi gros qu'un bottin de téléphone avec en plus des subventions à la pelle pour une frange important de la population.

On rappellera aussi que les socialistes comme Pierre-Yves Maillard qui dénonce notre système d'assurance maladie et l'explosion des primes maladies qu'ils considèrent comme une arnaque des assureurs sont les premier à saluer l'Obamacare qui a peu de chose prêt est la réplique de notre système d'assurance maladie et dont la majorité des américains commencent à découvrir l'arnaque de l'étatisation de l'assurance maladie avec le doublement voir le triplement de leur primes maladie. Il est déjà prévu dans l'Obamacare des milliards de dollar en subsides pour ceux qui ne pourront plus payer leurs primes maladies.

@ Lise

" En revanche, pourquoi pas une "prime unique" dont le montant serait à définir en tenant compte de la franchise choisie par l'assuré ? "

Il faudrait surtout pouvoir payer des primes de base sans forcement par un choix d'une franchise en fonction de ce que l'on aimerait recevoir en retour. Un individu qui mène une bonne hygiène de vie n'a pas à être solidaire sans arrêt pour celui qui se fout de sa santé par des choix personnels ( drogue, alcool, clopes etc... ) et qui ne fait aucun effort pour améliorer sa bonne hygiène de vie.

D.J

Écrit par : D.J | 11/12/2013

@Lise

Merci pour votre message.

De mon point de vue, la prime unique aurait pour désavantage principal de ne plus inciter les caisses maladie à gérer de la manière la plus efficace possible les ressources financières à leur disposition. Avec des primes différenciées, les caisses peuvent chercher le meilleur modèle. C'est d'ailleurs probablement l'une des raisons qui explique que leurs frais administratifs soutiennent parfaitement la comparaison - et même mieux que cela - avec des caisses publiques monopolistiques.

Claudine Amstein

Écrit par : Claudine Amstein | 12/12/2013

Une fois de plus, pourquoi ne pas indexer les primes de base aux revenus de chacun, ce, de façon équitable, "juste"?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/12/2013

" de façon équitable, "juste"?! "

Vous trouvez équitable et juste?

Les tarifs de base médicaux sont les mêmes pour tout le monde que l'on soit riche ou pauvre. Pourquoi faire payer plus une personne pour avoir les mêmes prestations remboursées au même prix que les autres?

Ce qui serait juste ce serait de pouvoir payer une bonne partie de sa prime en fonction du choix des prestations que l'on voudrait être remboursé.

D.J

Écrit par : D.J | 14/12/2013

Une assurance maladie obligatoire sous contrat privé est un système branlant qui fait douter de l'honnêteté entre assurance et client. Le fait que les assureurs s'accrochent à garder cette assurance maladie, me font penser que d'une manière ou d'une autre cela leur rapporte pas mal d'argent qui devraient rester chez les assurés.

Lorsqu'il y a obligation, le système de concurrence marche mal. De plus dans les assurances, outre les frais de personnels normaux, il y a de l'argent dépensé pour la publicité, et pour les cadres supérieurs, des salaires bien supérieur qu'à l'Etat.
Face à l'opacité des Assureurs, l'Etat ne peut faire pire.

La caisse unique est une nécessité, et ce n'est pas dans ce cas qu'il faut lancer des philosophies politiques, Libérale ou autre. Il faut être logique.
Je doute très très fort que la gestion à l'Etat peut être pire que les Assureurs, c'est impossible.

Lorsqu'il y a obligation, ce n'est pas au secteur privé de s'en occuper, car cela ne peut que conduire à des gestions peu transparente au détriment de tous.

Écrit par : roket | 15/12/2013

@ Roket,

" Une assurance maladie obligatoire sous contrat privé est un système branlant qui fait douter de l'honnêteté entre assurance et client "

C'est bien là le problème. La LAMAL est un système étatique géré par des caisses privées. Il n'y a aucune liberté contractuelle entre ce que veut payer l'assuré en échange de ce qu'il en attend comme prestation remboursée.

" Le fait que les assureurs s'accrochent à garder cette assurance maladie, me font penser que d'une manière ou d'une autre cela leur rapporte pas mal d'argent qui devraient rester chez les assurés. "

Parce que d'après vous ce serait mieux si les assureurs faisaient que des pertes? Je vous rappel que l'assurance de base d'après la loi ne peut pas faire de bénéfice. Les assureurs en font avec les complémentaires non obligatoires.

" De plus dans les assurances, outre les frais de personnels normaux, il y a de l'argent dépensé pour la publicité, et pour les cadres supérieurs, des salaires bien supérieur qu'à l'Etat. "

Les frais administratifs représentent 5% sur le totale des coûts.

" Face à l'opacité des Assureurs, l'Etat ne peut faire pire. "

Les caisses publiques d'assurance maladie sont en général des gouffres à milliards au bord du dépôts de bilan.

" Je doute très très fort que la gestion à l'Etat peut être pire que les Assureurs, c'est impossible. "

On le voit en Suisse avec l'assurance invalidité et les caisses de pension publique. Géré par l'état avec des bilans catastrophiques. L'état n'a jamais été un bon gestionnaire par définition. La faillite de la zone euro, du bloc communiste, de Détroit en est l'exemple d'une mauvaise gestion publique qui ne peut vivre qu'avec l'argent des autres.

" Lorsqu'il y a obligation, ce n'est pas au secteur privé de s'en occuper, car cela ne peut que conduire à des gestions peu transparente au détriment de tous. "

On se demande alors pourquoi rendre aussi obligatoire une assurance étatique si elle est si merveilleuse que ça.

Écrit par : D.J | 16/12/2013

Il y a un seul problème avec notre système. Les caisses maladies ne sont que des caisses enregistreuses dont la mission est la maximisation des profits. Alors on gère bien l'admin (bravo) et on minimise les risques, en essayant, malgré l'obligation d'assurer tout le monde, de fourguer les mauvais risques (les fumeurs, pré-diabétiques hyper tendus) chez la concurrence. Pas évident , mais la pub est une science redoutable.

Si l'enjeu est de faire en sorte que la santé de tous s'améliore, tout est faux ici. L'entité qui paie est la seule qui pourrait avoir un VRAI intérêt à soutenir la prévention. Mais dans le système actuel, cet intérêt-là est simplement atomisé.

Finalement, comparer la santé à un bien de consommation (ou autre service, tel la le chômage ou la téléphonie) est aussi absurde que de comparer un légume à du Ketchup.

Écrit par : Vanya Loroch | 17/12/2013

"Je doute très très fort que la gestion à l'Etat peut être pire que les Assureurs, c'est impossible"

Merci pour le fou rire matinal. Sincèrement.

Écrit par : Pascal | 17/12/2013

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