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19/08/2017

La préférence nationale inscrite dans l'initiative UDC est un monstre bureaucratique

On entend ici ou là des témoignages d'immigrés de la 2e ou de la 3e génération qui soutiennent l'initiative UDC "contre l'immigration de masse". Incompréhensible! Comme le relevait le Matin Dimanche il y a quelques jours, les initiants veulent en effet instaurer "la préférence nationale" à l'embauche. Une préférence nationale clairement définie (dans le texte version allemande de l'initiative, article 121a, nouveau, alinéa 3): elle consiste à donner "la priorité aux Suissesses et aux Suisses".

Que se passerait-t-il pour les 23% d'étrangers qui habitent notre pays en cas d'acceptation du texte le 9 février prochain? La disposition constitutionnelle est on ne peut plus claire: ils deviendront des candidats de deuxième catégorie. Juridiquement discriminés dans notre loi fondamentale: sans passeport suisse, pas de préférence à l'embauche. Peu importe que l'on soit né en Suisse de parents immigrés il y a plus de 50 ans dans notre pays. Ces témoins veulent-ils réellement cela?  

La situation serait tout autant pénible pour les entreprises. Aussi étroitement définie qu'elle l'est dans l'initiative UDC, la préférence nationale serait une bureaucratie étouffante puisqu'à chaque fois qu'un employeur voudra engager, par exemple, un fils ou une fille d'immigré, il devra prouver documents à l'appui qu'il a cherché, sans le trouver, un ou une Helvète (de souche ou naturalisé). Ce n'est pas une plaisanterie! Le nouvel article 121a, al.3 - si par malheur il devait être accepté – devra bel et bien être appliqué.

Je l'ai déjà dit, cette initiative ne créerait aucun nouvel appartement. Elle ne soulagerait ni les axes routiers, ni les trains bondés. Elle ne créerait aucun emploi privé, mais une énorme et coûteuse bureaucratie, ça oui, à coup sûr. Car pour établir des contingents, il faut planifier et vérifier. Qui paiera cela? Nous tous, contribuables.

Ce qui est également certain, c'est qu'elle noierait les entreprises sous des tonnes de paperasses et de contrôles stériles. Elle créerait des incertitudes démentielles à des centaines de milliers d'employés d'origine étrangère dont nous avons un besoin que personne, pas même l'UDC, ne conteste. Sans parler des enfants de ces employés, qui ont suivi toute leur formation ici et que nous discriminerions pratiquement du jour au lendemain alors qu'ils sont parfaitement intégrés et souvent "plus Suisses que des vrais Suisses".  Absurde. Illogique. Et surtout ruineux. NON à l'initiative "contre l'immigration de masse"! 

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