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23/04/2014

Le salaire minimum nivelle les rémunérations par le bas

Un Français sur dix touchait le Smic dans les années 1980. Cette proportion est aujourd'hui de un sur six. Les partisans du salaire minimum avancent des explications, justifient, jurent que "la France est un cas à part"… Mais le fait reste: la fixation d'un salaire minimum trop élevé par rapport à la moyenne des salaires (c'est le cas en France) conduit à un nivellement des rémunérations pour les employés les moins bien payés.

Contrairement à ce qu'affirment les défenseurs de l'initiative pour un salaire minimum à 4000 francs par mois, sur laquelle votons le 18 mai, la Suisse ne serait pas dans une situation bien différente de la France avec un salaire minimum à 4000 francs. Nous aurions en fait le Smic le plus élevé du monde.

Le Suisse "moyen" touchant environ 6000 francs par mois (je prends ici le salaire médian, ce qui signifie qu'exactement la moitié des employés perçoit moins et l'autre moitié davantage), le salaire minimum représenterait les 2/3 de ce revenu. En France: le Smic est à 60% du salaire médian. Et tout le monde s'accorde dire que c'est justement cette proportion trop élevée qui conduit au nivellement!

L'explication est simple: les entreprises qui paient les plus bas salaires sont celles qui dégagent le moins de marge bénéficiaire. Si on les oblige à payer davantage leurs collaborateurs, elles doivent économiser ailleurs pour rester dans les chiffres noirs. Et pour économiser, il n'y a pas 36 solutions: il faut souvent se résoudre à tailler dans la masse salariale (les économies sur l'électricité, le chauffage, les achats de papier atteignent vite leurs limites..). Résumons: si vous ne pouvez pas engager au-dessous d'un seuil, et bien vous bloquerez les salaires à ce niveau. Comme cela vous réalisez une économie sur les rémunérations immédiatement supérieures. C'est ce qui se passe en France. La même chose se passerait en Suisse avec un salaire minimal à 4000 francs.

Les perdants de l'initiative ne seraient donc pas seulement les employés qui perdraient leur job parce que leur entreprise n'est pas en mesure d'augmenter les salaires de tout le monde (hôtels, petits commerces, salons de coiffure, exploitations maraîchères, etc.). Ce sont une bonne partie des employés situés "au bas de l'échelle salariale" qui en pâtiraient.

La formation en souffrirait également, car à quoi bon bûcher pour apprendre un métier, puis ensuite se perfectionner, si les perspectives salariales sont limitées, pour ne pas dire gelées. La motivation en prendrait aussi un sacré coup. Si on a tous la même paie, pourquoi en ferait-on un peu plus que sa ou son collègue pour mieux servir le client, pour finir plus rapidement une tâche?

Le salaire minimal n'est pas une solution. C'est un problème. Non le 18 mai!

Commentaires

Sans le salaire minimum des ouvriers "gagneraient" encore moins que le SMIC et vivraient dans la misère, l'exemple de l'Angleterre et des USA avec des honnêtes gens qui doivent accumulés 3 jobs est édifiant.

Pas étonnant que le patronat cynique et avide recherche cette situation; empêcher les travailleurs de vivre dignement de leur labeur pour encore plus les exploiter, les manipuler.

Vous êtes bien glauque dans votre mépris et vos mensonges!

Écrit par : Das Kapital | 24/04/2014

Stagiaires, étudiants, débutants, ignares, non qualifiés, et autres centaines de cas particuliers semblables devraient-ils être aussi rémunéré à 4000 frs/mois? Comme étudiant, mon salaire à était toujours "assez pour subsister", finie cette belle époque? La prison pour l'employeur qui fixerait le salaire en rapport avec la qualité du travail? Aujourd'hui employeur, je n'engagerai pas d'employé faisant joujou avec la règle du salaire minimum. Monsieur Das Kapital fait joujou avec le truc: les fainéants seront récompensés autant que les laborieux, sympa et équitable, il ne peut plus y avoir de différence entre tricheurs et honnêtes gens.

Écrit par : Grosnounours | 25/04/2014

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