01/10/2014

L’innovation, les start-up, entreprendre, une question d’état d’esprit!

Le canton de Vaud dispose d’un biotope très efficace pour créer des start-up : parc d’innovation, incubateurs, accompagnement… On bichonne les créateurs de jeunes pousses. Les structures sont là. «Oui, mais où sont les Logitech de demain?», s’interrogeait Beth Krasna, administratrice indépendante et ingénieure-chimiste, vendredi dernier lors du Forum économique vaudois à Beaulieu Lausanne. La peur d’entreprendre reste bien réelle!

Est-ce un hasard si 40 à 50% des nouvelles entreprises fondées dans le canton de Vaud le sont par des ressortissants étrangers? La crainte d’échouer l’emporte encore trop souvent sur l’envie de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Qui est responsable? Nous tous! En premier lieu l’école, y compris la formation professionnelle: la possibilité d’entreprendre devrait davantage être mise en avant et cela dès le plus jeune âge. Mais le monde professionnel «établi» doit aussi évoluer, apprendre à valoriser l’échec plutôt que de le stigmatiser.

Dans la Silicon Valley, où la BCV a récemment organisé un camp de jeunes étudiants auquel la Chambre de commerce et de l’industrie (CVCI) a pris part, un entrepreneur qui a plusieurs faillites à son actif part avec une longueur d’avance pour décrocher des fonds auprès d’investisseurs. On y apprécie le volontarisme. «Se planter» une fois, deux fois, trois fois… ne signifie pas que l’on n’est pas capable. Au contraire, cela démontre qu’on essaie, qu’on invente, qu’on innove. Et parfois cela marche.

Un exemple, sans aller jusqu’en Californie: il y a bien sûr le cas du fondateur d’Easyjet, Stelios Haji-Ioannou. Ses EasyCinema et EasyCar (il fallait laver soi-même les voitures louer…) n’ont jamais décollé. Abandonné rapidement. Passés par pertes et profits. Et alors? L’entrepreneur n’en reste pas moins le pionnier du low-cost en Europe et Easyjet a déjoué toutes les prévisions les plus pessimistes. Ce sont les compagnies traditionnelles qui s’en inspirent.

On pourrait multiplier les exemples: aux Etats-Unis, Steve Jobs a vécu une sacrée traversée du désert dans les années 1980 après s’être fait virer de chez Apple, qu’il avait fondé. Plus loin dans le passé, Walt Disney a fait plusieurs fois faillites avec de petites sociétés avant de créer l’empire que l’on connaît.La Suisse a les moyens de jouer dans la cour des plus grands comme le prouve notre excellence dans de nombreux domaines «traditionnels»: micro-technique, pharma, chimie, horlogerie, finance, alimentation, techniques médicales… Avec de grands frères «traditionnels» aussi prestigieux, nous pouvons sans aucun doute émerger au-dessus du lot dans les start-up. C’est une question de culture, d’état d’esprit. Le monde des entreprises, l’école, les institutions politiques: tout le monde devrait prendre cette question en main. Cela peut changer. Rapidement!

Commentaires

Madame Amstein,

merci beaucoup pour votre article, très intéressant comme toujours!
je partage l'essentiel des propos, mais je pense qu'il faut aller plus loin. J'ai eu plusieurs feedbacks de jeunes entrepreneurs, ainsi que mon expérience, qui me laissent penser que les structures actuelles d'aide aux start-up existent, mais qu'elles ne sont pas encore tout à fait satisfaisantes; il ne s'agit donc pas que d'une question d'état d'esprit, de culture, etc.
Vous vous demandez où sont les logitech de demain? moi j'aimerais aussi savoir où sont les Nestlé, les Swissquote ou encore les Adecco de demain? beaucoup est fait effectivement pour les entreprises techno (au sens large), mais presque rien pour les entreprises de service, ou hors techno.
Il est vrai que l'EPFL fait beaucoup pour les start-up issus de ce monde d'ingénieurs, mais les autres écoles? il n'y a vrai dire pas grand chose..tant du côté que de facultés comme HEC ou des HES-HEG!
L'entreprenariat n'y est pas enseigné ou très peu, et on n'y trouve pas d'incubateurs, ni de plate-forme, forum, etc. entre jeunes entrepreneurs et investisseurs.
Les conditions fiscales ne sont pas remplies non plus: combien de fois j'ai entendu des investisseurs dire à des jeunes entreprises: il faut délocaliser, et paradoxe pour un pays libéral comme la Suisse, il faut le faire en France par exemple, où les conditions fiscales sont meilleures pour les investisseurs. Il faut s'adapter aux fiscalités pour une fois plus avantageuses des pays européens, par des défiscalisations des investissements dans les jeunes entreprises et des exonérations de l'impôts sur le bénéfice et sur le capital durant les premières années.

Écrit par : Donzé | 03/10/2014

@Donzé

Je vous remercie pour ce commentaire très intéressant. Il y a sans aucun doute des incitations fiscales à mettre en place pour dynamiser la création de sociétés.

Écrit par : Claudine Amstein | 06/10/2014

Les commentaires sont fermés.