08/10/2014

L'industriel Hansjörg Wyss parle vrai

"Si la Suisse se retire dans un réduit scientifique et économique, nos enfants n'ont plus de chance". Ces propos de l'entrepreneur Hansjörg Wyss, la semaine dernière à la radio romande RTS, résument bien les enjeux de l'initiative Ecopop, dont la campagne en vue des votations du 30 novembre démarre ces jours. La question va au-delà du nombre d'immigrants que la Suisse est capable d'intégrer, elle nous force à nous demander quel avenir nous voulons.

Je ne peux que me réjouir que Hansjörg Wyss se lance à son tour dans le débat. A 79 ans, il a derrière lui une longue carrière de dirigeant au sein de la société Synthes, active dans les techniques médicales (implants, instruments chirurgicaux, etc), et rachetée par Johnson & Johnson il y a trois ans. Le fait qu'il sorte d'une certaine réserve – on l'a véritablement découvert en Suisse romande lorsqu'il a repris le site de Serono à Genève il y a deux ans, avec Ernesto Bertarelli - doit nous interpeller, car il n'a vraiment rien à prouver. Ni à gagner. Son engagement est sincère.

Cet industriel parle concret: notre relève scientifique n'a pas d'avenir dans un Alleingang. Et sans relève, pas d'innovation. La fin des Bilatérales, ce serait donc aussi cela. Ceux qui promettent que la Suisse peut tout faire toute seule trompent leur monde: il est évident que les recherches se font aujourd'hui au niveau mondial, en réseau. Sans nos accords sur la recherche, les échanges d'étudiants, nous perdrions vite pied.

Mais il s'agit aussi de préserver notre capacité à recruter des cerveaux ailleurs dans le monde. En 2012, sur les 51'000 chercheurs recensés en Suisse, 39% étaient étrangers. Ce chiffre est en progression, mais les Suisses y trouvent également leur compte puisque le nombre de chercheurs suisses progresse aussi.

Limiter, comme le veut l'initiative Ecopop, le nombre d'immigrant à 0,2% de la population résidante impliquerait l'asphyxie de l'économie. Faute de pouvoir embaucher les spécialistes qu'elles ne trouvent pas ici, les entreprises cesseraient d'investir en Suisse. Et nous nous couperions de nos voisins. Nous exportons pourtant près de 60% de nos produits en Europe. Ne l'oublions pas!

Commentaires

Ça fait un moment que vous tapez sur le clou, mais le bois est dur. Vous allez finir par choper des cloques.

Écrit par : petard | 08/10/2014

OUI, nous allons taper sur le clou et l'enfoncer. Juste pour montrer que
le 9 février dernier une demande précise a été faite à nos dirigeants. En tant que NOS employés, ils sont priés de faire le travail adéquat dans les plus brefs délais, faute de quoi nous les délocaliserons à l'automne 2015.

Écrit par : Corélande | 09/10/2014

A la lecture des premières réactions, je me demande comment on peut être aussi aveuglé par des slogans qui font appel à la peur de l'étranger. Mme Amstein fait un constat et des prévisions qui sont marqués au coin du bon sens. Et M. Wyss, fondateur et longtemps à la tête d'un des plus beaux fleurons de l'industrie helvétique, confirme ses propos. Le soir-même du funeste 9 février, j'ai pleuré sur notre pays et ses réalisations qu'on nous envie. Ce jour-là, l'espoir a été blessé. Espérons qu'il ne sera pas tué en novembre.

Écrit par : johnweb | 09/10/2014

@Madame Amstein La première phrase est à applaudir ,en effet jamais la Suisse ne pourrait vivre en vase clos
Il suffit de voire les difficultés rencontrées jour après jour par les autistes ou autres personnes dépendantes de l'Ai
la classe sociale des personnes âgés serait aussi mise en danger cependant on sait aussi que certains scientifiques ne rêvent que de machines ou robots ce qui serait aller à l'encontre des besoins réels de l'espèce humaine qui a autant besoin d'entendre et de toucher ses semblables qu'un animal devenu fétiche pour beaucoup de chercheurs scientifiques ou autres qui ne savent plus faire la différence entre celui-ci et l'humain qui lui aussi a ses propres ressentis qui sont aussi multiples que des astéroides
très belle journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 11/10/2014

Lovsmeralda, on pourrait aussi par commencer par ne pas tuer "dans l'œuf" les futurs enfants à naître qui n'ont pas le bon sexe?
Lovsmeralda.....cela ne vous rappelle pas une certaine époque?

Écrit par : Corélande | 11/10/2014

ce que je crains par dessus tout c'est l'emploi systématique une fois que les essais qui ont déjà débuté sur des ouvriers de chantier comme certains exosquelettes ne soient généralisé et imposé de force à des personnes plus toute jeune qui ont ramé toute leur vie et dont les cerveaux dorénavant refusent d'obéir à des théories qui dépassent l'entendement humain
Des ordres ressemblant de plus en plus à des dogmes sectaires qui ont été transgressés grâce aux Patronat ayant permis à nombre de victimes de trouver du boulot très jeunes justement pour fuir ce genre de dictature
On a vu de nombreuses dérives avec l'arrivée de la médecine de pointe ce qui pour ceux qui ont suivi l'histoire fait craindre le pire surtout quand il s'agir de gens seuls ou incapables de réfléchir par eux mêmes
Ah notre Suisse aurait été belle sans le Patronat même ceux atteints d'une forme d'autisme provoqués par les parents eux-mêmes n'auraient jamais réussi à franchir tous les écueils de la vie qui existent depuis la nuit des temps et qui n'épargnent personne.vouloir les fuir c'est pour mieux les retrouver dit l'adage et c'est très juste
Sans le Patronat c'était tous aux couvents c'est sûr et certain du moins pour la classe la plus défavorisée

Écrit par : lovmeralda | 12/10/2014

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