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23/10/2014

Des taxes pour limiter l'immigration… qui paiera la facture?

La recherche d'une solution visant à faire coexister d'un côté la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne et de l'autre la réintroduction des contingents part dans tous les sens. La semaine dernière, le professeur d'économie Reiner Eichenberger détaillait sa proposition de remplacer les quotas d'étrangers par une taxe d'immigration, idée que Christoph Blocher se dit lui-même prêt à étudier. Très bien… Mais le 9 février, la Constitution fédérale a été modifiée de manière à réintroduire des contingents, pas à instaurer un nouvel impôt.

Dès lors, lorsque Reiner Eichenberger dit, dans Le Temps de samedi, que c'est "à nous d'imaginer des alternatives réalistes", prévoit-il de corriger la Constitution par un nouveau vote? Ce serait inévitable. Comment peut-il alors assurer qu'un non le 9 février "aurait réellement accru les incertitudes"? La solution des contingents ne lui convient pas, mais il propose autre chose que ce qui a été voté… Je ne vois pas en quoi la situation est plus claire qu'avant l'acceptation de l'initiative "contre l'immigration de masse", qui embarrasse d'ailleurs même ses initiants. On voit vite les lacunes de ce type de proposition, totalement déconnectée des bases légales adoptées par le peuple.

Mais parlons du fond: taxer l'immigration dans un pays comme le nôtre ne serait pas aussi neutre que l'assure le professeur. Nos entreprises offrent déjà des salaires parmi les plus élevés au monde. Une taxe reviendrait en fin de compte à renchérir encore leurs coûts, et donc le prix de leurs produits et de services. Pour l'exportation (un franc sur deux du PIB), ce serait un désavantage qui se rajouterait au franc fort. L'industrie en souffrirait. Comme le tourisme, qui tourne avec d'encore plus faibles marges. Sans parler des agriculteurs et des vignerons…

Pour les entreprises orientées sur le marché local, que ce soit dans la construction, la santé ou les commerces, cela reviendrait au final à renchérir les prix payés par les Suisses. Car les taxes payées pour engager le personnel qui n'aura pas été trouvé en Suisse seront répercutées, comme l'est par exemple la hausse des prix des matières premières. On assistera donc, par exemple, à une hausse additionnelle des coûts de la santé (taxes sur le personnel soignant étranger).

Non, la taxe sur l'immigration n'est pas un graal, même si elle était acceptée par les Européens (ce qui n'est pas évident à priori) et par les Suisses. Pas plus que les contingents. Pour tenter d'infléchir la croissance de la main-d'œuvre étrangère, nous pouvons tenter d'accroître le travail des femmes et de faire travailler les retraités. Mais cela ne résoudra de loin pas tout. On ne va pas répondre complètement au manque chronique d'informaticien ou d'infirmière en faisant travailler des seniors.

S'il manque toujours de personnel, nos entreprises, nos hôpitaux, nos hôtels devront toujours le chercher ailleurs. Et cela n'est pas planifiable à 1000 ou 10'000 unités près, ni sur une année, ni sur dix ou quinze ans. Reiner Eichenberger pense que le "oui du 9 février a été salutaire". Fait-il allusion aux nouveaux impôts qu'il propose et qui feront flamber les prix et/ou mettront les entreprises sous pression? Je peine à voir ce qu'il y a là d'enthousiasmant. Continuons plutôt à chercher une solution qui n'isole pas la Suisse!

Commentaires

Taxer l'immigration c'est ce que proposait Garry Becker prix nobel d'économie. Mais l'idée de Becker n'est pas de taxer les employeurs mais de faire payer les migrants qui désirent venir chez nous comme quand on adhère à un club. D'une manière ou d'une autre le migrant paie des sommes assez onéreuse à des passeurs qui les aident à entrer illégalement en Europe.

Ces migrants là paieraient directement aux autorités compétentes et non plus à des réseaux maffieux. On aurait ainsi un meilleur contrôle de l'immigration.

Le problème et qu'il a fallut que se soit Blocher qui parle de taxe sur l'immigration au grand publique via les médias pour que l'idée soit automatiquement une idée totalement conne, alors qu'il n'est pas très loin de la piste Becker.

D.J

Écrit par : D.J | 23/10/2014

@DJ: Du coup les gars qui espèrent trouver du boulot en Suisse paieraient 2x, une fois au passeur et une fois en taxe ici, à moins que les employeurs qui ont besoin de main d'œuvre paient le voyage en faisant les démarches légales pour qu'ils puissent travailler ici sans problème. Je n'ai jamais entendu dire que les gens très qualifiés avaient recours aux passeurs pour venir en Suisse ceux là passent par la voie légale initiée par les employeurs, ce sont en général des futurs manœuvres qui utilisent cette filière.

Écrit par : grindesel | 25/10/2014

@ Grindesel,

" Du coup les gars qui espèrent trouver du boulot en Suisse paieraient 2x, une fois au passeur et une fois en taxe ici "

Justement non. L'immigré n'aurait plus besoins d'un passeur et de le payer pour qu'il se fasse aider à entrer en Suisse. L'argent qu'il devrait en principe utiliser pour payer son passeur serait justement utilisé pour payer légalement son entrée en Suisse ou en Europe. Bref l'immigré n'aura plus besoin de passeur et de venir caché en Suisse ou en Europe.

" Je n'ai jamais entendu dire que les gens très qualifiés avaient recours aux passeurs pour venir en Suisse "

l'Approche de Garry Becker est justement de permettre un meilleur contrôle de l'immigration celle qui généralement est illégale de personne venant de pays pauvre qui paient des passeurs sans pour autant être certain d'arriver à destination . Mais je pense que si l'on mettait ce système en place se serait pareil pour tout le monde y compris les gens très qualifiés venant de pays riches.

D.J

Écrit par : D.J | 25/10/2014

Voyons les choses de manière pragmatique. Les Immigrants des années 60 et suivantes ont tous des biens immobiliers ou autres dans leurs pays d'origine. Bien évidemment pas déclarés en Suisse.

Demandons combien de Suisses sont propriétaires, vous connaissez la réponse; à peine 30%.

Ayant travaillés tous dans la même économie Suisse, expliquez-nous pourquoi les Immigrants sont plus fortunés d'un point de vue patrimoine que les Suisses qui les ont accueillis, qui leur ont donné du boulot.

Réponses ?

Écrit par : Corélande | 26/10/2014

@Corelande: Peut-être parce qu'ils vivaient à 12 dans une baraque et vivaient plus que chichement pour pouvoir gagner de quoi faire vivre leur famille et de construire eux-mêmes leur maison en plusieurs années sur des terrains qui ne valaient pas le dixième du prix du terrain en Suisse.
@DJ: Vous savez parfaitement que les gens utilisateurs des passeurs sont des gens qui viennent sans permis de travail et donc ne peuvent pas passer par des voies légales (je n'approuve pas mais je constate) et de nombreux pays sont confrontés aux mêmes problemes.Mais faire payer une taxe a quelqu'un qui vient pour travailler et souvent sans qu'il soit déclaré donc en conditions précaires pour faire du boulot souvent pénible, là c'est abusif.

Écrit par : grindesel | 26/10/2014

Ah oui Grindesel et pour les ex-de-yougoslavie, nettement plus récents?

Écrit par : Corélande | 26/10/2014

@Corélande :C'est vous qui avez parlé des immigrés des années 1960, à l'époque c'est la suisse qui les faisait venir pour pallier au manque de main d'oeuvre en grande partie sur tous les chantiers importants de suisse et les Italiens ont été les premiers à venir travailler souvent dans des conditions autres qu'actuelles, nous étions demandeurs pour pourvoir des emplois vacants. Alors ce qu'ils ont économisé pour se bâtir une maison chez eux, ils ne l'ont pas volé et nous étions bien contents de les voir venir pour notre développement. Les ex-de-yougoslavie comme vous le dites si gentiment n'étaient pas attendus et sont les conséquences de l'effondrement des pays communistes et des guerres de cette partie de l'europe, ce sont des "réfugiés économiques", "politiques" qu'il y ait beaucoup d'indésirables parmi eux c'est certain mais ils n'ont rien à voir avec l'immigration des années 60 qui eux ont travaillés dur pour avoir leurs maisons.

Écrit par : grindesel | 26/10/2014

Tout cela pour arriver à comprendre que c'est nettement plus facile de "jouer" sur 2 tableaux. D'abord les premiers sont venus, ils vivaient en milieu clos (comme vous le dites) en envoyant une très grande partie de leur argent gagné ici dans leur famille au pays d'origine! (Donc notre économie commerciale n'en profitait guère).

Puis par la suite nous avons payé pour l'instruction de leurs enfants; les permis A n'en avaient pas le droit, et pourtant ils étaient dans nos écoles; vous savez celles qu'on financent avec nos impôts!

On en a remis une couche avec les immigrants venus de l'ex-yougoslavie, les mêmes conditions, les mêmes avantages scolaires.

Au final pour au moins 80% d'entre eux ils ont une maison au pays!

Les Suisses apprécieront!

Et pour continuer l'instruction, (car ces 2ème-3ème génération sont dans nos parlements) je vous recommande:

http://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2013/09/05/la-democratie-suisse-devoyee/

Bien à vous....tous!

Écrit par : Corélande | 27/10/2014

Vous êtes d'une mauvaise foi avérée en vous lisant on a vraiment l'impression que la petite suisse s'est faite sans aucune main d'œuvre étrangère, qu'il y ait eut des abus c'est sûr et sûrement plus actuellement que dans les années 60, mais arriver à reprocher à ces travailleurs les maisons qu'ils ont construit en bossant sur des boulots que ni vous ni moi auraient fait!!! Je suis pour la régulation d'une immigration contrôlée mais vous vous voudriez fermer les frontières et traiter ces gens comme des sous-citoyens. Essayez d'aller vivre dans un ermitage sans voisin et en vivant en autarcie comme cela vous ne serez pas dérangé par des indésirables. J'ai rarement vu autant de rejet vis-à-vis d'autrui. Maintenant que vous avez bien sorti votre bile j'espère que vous resterez en bonne santé car sinon vous risquez bien d'être soigne par ces profiteurs.
Pardon Mme.Amstein d'avoir squatté votre blog, mais je n'aime pas les extrémistes de n'importe quel bord.

Écrit par : grindesel | 27/10/2014

@ Graindesel,

" Vous savez parfaitement que les gens utilisateurs des passeurs sont des gens qui viennent sans permis de travail et donc ne peuvent pas passer par des voies légales (je n'approuve pas mais je constate) et de nombreux pays sont confrontés aux mêmes problemes. "

" Mais faire payer une taxe a quelqu'un qui vient pour travailler et souvent sans qu'il soit déclaré donc en conditions précaires pour faire du boulot souvent pénible, là c'est abusif. "

Je crois que vous n'avez toujours pas compris le concept en question. On ne va pas les faire payer une taxe pour qu'ils restent des immigrés illégaux. Cela n'aurait pas de sens. Autant ne rien faire.

L'idée de Becker est justement que ces gens là qui habituellement utilisent des passeurs qu'il faut payer; ne paierait plus ces derniers et n'auraient plus besoins d'eux puisqu'ils pourront utiliser cet argent pour entrer en Suisse ou en Europe légalement. Et du moment qu'ils paient pour immigrer chez nous ( évidemment ils paieront leurs taxes à l'immigration aux autorités du pays d'accueille qui valideront leur statut ) ces immigrés ne seraient plus des clandestins et auront un permis de travail auquel justement ils auront payé cette taxe pour y avoir droit.

L'idée de Garry Becker est justement de faire en sorte que les immigrés illégaux qui doivent pour la plupart payer des gens ( les passeurs et autres filières illégales ) pour les faire entrer illégalement en Europe ou en Suisse ne les paieraient plus et pourront utiliser cette argent pour payer leur statut d'immigrés légaux chez nous comme quand on adhère à un club.

Pour un candidat à l'immigration se sera ni risqué et ni dangereux de payer son droit à l'immigration directement aux autorités du pays d'accueille qu'à des filières illégales ou il y a de gros risques. Et il sera ainsi directement régularisé.

Je ne dit pas que ce système réglerait définitivement l'immigration illégale mais cela le diminuerait certainement de beaucoup et ça éviterait des drames humains tel que celui de l'Ampedusa.

D.J

Écrit par : D.J | 27/10/2014

Que cela vous plaise ou non, la Suisse et les Suisses ont déjà beaucoup donnés, payés. Tout ce que j'ai décrit sont des constats!

Tout cela s'est passé avant les années 2000. C'est fait, c'est derrière!

Ne vous inquiétez pas pour ma bile, j'ai de très nombreux amis d'origine Espagnols, Portugais, Italiens et même Croates qui reconnaissent ouvertement ce qu'ils ont eus grâce à la Suisse et ses Citoyens.

Mais maintenant il est temps d'agir et de mettre des limites. Nous ne pouvons pas payer, nous, pour toutes les erreurs politiques de l'union européenne et du monde pendant des années encore et dans le contexte actuel gravement détérioré.

Écrit par : Corélande | 27/10/2014

" D'abord les premiers sont venus, ils vivaient en milieu clos (comme vous le dites) en envoyant une très grande partie de leur argent gagné ici dans leur famille au pays d'origine! (Donc notre économie commerciale n'en profitait guère). "

C'est normal que ces gens là envoyaient une grande partie de leur argent au pays. C'était pour beaucoup des saisonniers qui devaient obligatoirement laisser leur famille aux pays. Vous vouliez quoi? qu'ils laissent leurs femmes et enfants crevez de faims?

Graindesel à raison; les routes et nos maisons ne se sont pas construites toutes seules.

D.J

Écrit par : D.J | 27/10/2014

Interdire c'est bien.
Réglementer aussi.
Mais (!), pour un parti comme l' UDC/SVP, oser parler de la création d'une taxe nouvelle, c'est totalement nouveau.
Comme le beaujolais.

"Mais le 9 février, la Constitution fédérale a été modifiée de manière à réintroduire des contingents, pas à instaurer un nouvel impôt."


Une remarque tout de même.
Les internationalistes que sont les socialistes et les syndicats, se tirent une balle dans le pieds.
Plus d'immigration égale simplement une baisse généralisée des salaires.

Avons nous, dans ce pays, encore des nounous anglaises ?
Non !
Les philippines et autre sud américaines ont pris ce marché et ce le sont approprié.

Pour l' Empire UE, la généralisation du contrat de mandat à des ouvriers étrangers, tue le marché de la construction.
Combien de roumains qui travaillent sur les chantiers ?
Combien d'africains ?
Quelles sont les salaires de la branche ?
Peu importe, ils diminuent.

C'est la précarisation absolue.
Le fameux "plombier polonais", c'est une réalité.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 28/10/2014

Alors Grindesel, vous l'avez la confirmation de ce que je vous disais. En 2013; 6,5 milliards retour aux pays d'origines. Pas mal non et pas dans notre économie en tous les cas.

Faites le calcul depuis 50 ans et alors là vous serez stupéfaits de voir ce que la suisse et les Suisses ont payé directement et indirectement.

Les taxer ne serait qu'un juste équilibre envers les Accueillants-pourvoyeur!

Je ne m'excuse pas Mme Amstein, car ce genre d'information devrait figurer dans vos billets partisans.

Écrit par : Corélande | 29/10/2014

Pourrais-je savoir pourquoi votre blog sur:
L'or de la Suisse doit servir notre pays, pas le couler!
est déjà fermé depuis quelque jours?????????
Trop peur de voir la vérité en face! Ou reçu des intimidations de plus haut?

Écrit par : Jack de Siebe | 13/11/2014

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