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26/11/2014

Avec Ecopop, les Suisses devraient travailler plus longtemps

Voter oui à Ecopop, c'est accepter de repousser l'âge de la retraite de plusieurs années. Les partisans de cette initiative qui demande de limiter l'immigration nette en Suisse à 0,2% par an ne le disent bien sûr jamais, mais cette évolution serait inévitable. Les baby-boomers arrivent désormais chaque année en masse à la retraite. Le phénomène ne va pas diminuer au cours des dix à quinze prochaines années, il va même s'intensifier vers 2025-30.

La pyramide des âges est implacable (voir son évolution sur le site l'OFS). Il s'agit, et ce dimanche de votation n'y changera rien, de remplacer les forces vives actuelles qui partent à la retraite, souvent de manière anticipée puisqu'un tiers des Suisses semblent cesser de travailler un an avant l'âge légal. Les initiants parlent de croissance débridée qu'il est absolument indispensable de limiter en stoppant l'immigration… Une grande partie de cette immigration s'explique pourtant par la seule nécessité de repourvoir les postes laissés vacants par les aînés.

Alors oui, au final, la première conséquence concrète d'Ecopop serait de travailler quelques années de plus. Sans cela, il ne serait pas possible de maintenir le niveau actuel de notre système de santé ou d'éducation. La pénurie de main-d'œuvre s'installerait rapidement. Grâce à cette hausse (à 68 ou 70 ans) de l'âge de la retraite, et à condition que les aînés jouent le jeu, nous parviendrions alors à appliquer Ecopop sans diminuer le niveau global des services de base. Pendant quelques années supplémentaires.

Mais après?

Et si le peuple suisse refusait d'augmenter l'âge de la retraite?

Immigration limitée, fin de partie pour la prolongation "aînés au travail"… ne restera que le recours aux femmes qui travaillent actuellement à temps partiel. Il y a juste un problème, la majorité d'entre elles ne semble pas intéressée à augmenter son temps de travail, selon une récente étude de l'Office fédéral de la statistique.

Les implications d'Ecopop seraient lourdes pour tous les Suisses. Limiter l'immigration nette à 16'000 personnes par an (un chiffre qui s'entend réfugiés compris, et cela alors que 21'000 personnes ont déposé une demande d'asile en 2013!) dans un pays qui devra remplacer une population vieillissante revient à condamner notre pays à régresser. La véritable question de cette votation est là. Voulons-nous mettre la marche arrière, travailler plus longtemps, avec moins de soins, davantage de chômage, moins de possibilité d'embauche et des écoles en manque de relève professorale? Non à Ecopop!

19/11/2014

Obliger la BNS à crouler sous les lingots…Pour quel avantage?

Le cours plancher du franc face à l'euro "est l'instrument central qui nous donne les moyens de maintenir la stabilité des prix". Le président de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan, est clair (Le Matin Dimanche du 16.11.14). L'initiative qui veut obliger la BNS à acheter pour des dizaines de milliards de francs de lingots, soumise à votation le 30 novembre, détruirait cet outil du jour au lendemain. Pour en tirer quel avantage?

Pour ceux qui en doutent encore, il vaut la peine de regarder l'évolution du franc face à l'euro ces dernières semaines. La monnaie européenne tutoie la barre de 1,20 franc, le seuil que la BNS s'est engagée à défendre coûte que coûte. Le franc est au aujourd'hui au plus haut depuis septembre 2012 et tout le monde s'accorde à dire que cela vient du fait que les marchés anticipent un possible oui à l'initiative issue des rangs UDC. Rappelons que ce texte contraindrait la BNS à maintenir un stock d'or qui corresponde en permanence à 20% de son bilan. Chaque once acquise serait en outre définitivement inaliénable.

Si le texte passait, la BNS n'aurait donc plus les mains libres. "Associer un quota fixe avec une interdiction de vendre serait fatal", commentait dimanche Thomas Jordan. Dans l'économie, l'éclatement du cours plancher conduirait à des annulations immédiates de milliers de commandes de clients européens. Les touristes allemands, français et hollandais bouderaient nos stations de ski. N'oublions pas qu'il y a des milliers d'emplois là-derrière.

Et pourquoi donc devrions-nous prendre un tel risque? Pour enterrer des tonnes d'or dans des coffres-forts, avec pour seule perspective de prendre la poussière. Pour créer des réserves représentant des milliards de francs, mais de l'argent indéfiniment inutilisables. Le roi Midas, qui n'avait plus que de l'or autour de lui, a fini par se suicider. L'initiative visant à enchaîner la BNS nous asphyxierait de la même manière. L'or de notre pays, c'est notre dynamisme, notre capacité à nous adapter. Ne mettons pas une camisole de force à la BNS. Non à cette initiative mensongère!

12/11/2014

Qui aurait le droit d’embaucher si Ecopop passait? Le choix serait très douloureux

Que se passerait-il si Ecopop était acceptée? L’immigration nette serait limitée à 16'000 personnes par an. En soi, ce chiffre ne signifie pas grand-chose. Les partisans de l’initiative argumenteront que cela correspond à la taille d’une ville comme Pully. Impressionnant? Regardons le chiffre sous un autre angle: dans la seule industrie des machines, il faut remplacer entre 17'000 et 21'000 collaborateurs chaque année. Parce qu’ils arrivent à la retraite. Il faudra 100'000 travailleurs pour les cinq prochaines années dans ce seul secteur.

La branche des machines est certes un gros employeur avec quelque 330'000 salariés, elle n’en reste pas moins un secteur parmi d’autres. L’hôtellerie et la restauration comptent 240'000 employés. Les hôpitaux représentent plus de 130'000 emplois (9700 pour le seul CHUV à Lausanne). L’ensemble du secteur de la santé a besoin à lui seul de 6000 à 7000 personnes par an pour remplacer le personnel qui arrive à l’âge de la retraite (sur la base de chiffres de 2010). Et ces chiffres n’intègrent pas le personnel supplémentaire qui sera nécessaire en raison du vieillissement de la population.

Imaginons qu’Ecopop soit accepté… Il faudra alors choisir! Car les jeunes qui arrivent sur le marché du travail ne suffisent pas à remplacer le personnel qui part. Vous noterez que nous ne parlons pas là de croissance, mais de simple maintien de ce qui existe. Engagerons-nous des infirmières plutôt que des ouvriers agricoles ou d’usines? Faudra-t-il limiter les soins (en renonçant à faire venir du personnel soignant) afin que nos exploitations agricoles et nos vignerons puissent moissonner et vendanger? Qui décidera? Selon quels critères? Et le tourisme? Sans parler de la chimie, de la construction…

Limiter la croissance démographique à 0,2% par an aurait des conséquences immédiates et extrêmement douloureuses. Notre pays vieillit et il faut remplacer les personnes qui ont travaillé toute leur vie. Ecopop ne peut rien contre ce phénomène. Le renouvellement de la population suisse n’est pas suffisant à lui seul. On peut mieux former les Suisses, faire travailler davantage les femmes et les retraités actuels – encore faut-ils qu’ils le veuillent, d’ailleurs -, mais cela ne suffira pas.

Les Suisses doivent s’imaginer ce que signifie vraiment l’idée de restreindre la croissance démographique à 16'000 personnes par an, de manière définitive et rigide. Le retour en arrière serait extrêmement brutal. En premier lieu pour les Suisses. Non à Ecopop!