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03/12/2014

Et l'on reparle des quotas de femmes!

Le Conseil fédéral est donc passé à l'acte avec son idée d'instaurer des quotas de femmes dans les entreprises cotées en bourse. Il vient de mettre en consultation une modification du droit des sociétés anonymes qui veut obliger ces entités à compter 30% de femmes dans leurs conseils d'administration et leurs directions. Il n'y aura pas de sanctions, mais si elles n'atteignent pas ce plancher, les entreprises devront se justifier dans leur rapport sur les rémunérations.

Ce projet, qui s'insère dans la mise en œuvre de l'initiative Minder, va au-delà de ce que demandait ce texte accepté en mars 2013. J'ai déjà eu l'occasion de le dire sur ce blog, les quotas de femmes desservent la cause des femmes. Les femmes qui seront sélectionnées sur la seule base de contingents seront immanquablement soupçonnées, dans certains cas, d'usurper leur poste. Servir d'alibi ne contribue à aucune cause!

L'obligation ne serait certes pas contraignante, puisqu'il n'y a pas d'amendes ou de mesures de rétorsion. Elle n'en reste pas moins inadéquate: les entreprises devront se justifier par écrit, chaque année, dans le rapport sur les rémunérations. Cela représentera une charge administrative additionnelle… alors que l'initiative Minder en a déjà introduit une lourde liste. A côté des questions de gestion du personnel dirigeant, va-t-on, aura-t-on encore le temps, de parler de stratégie d'entreprise dans les assemblées générales?

Ce type de dispositions "non contraignantes" a en outre la fâcheuse tendance à devenir "contraignantes" très rapidement. Le fait qu'une certaine proportion d'entreprise ait atteint les quotas pourrait ainsi inciter certains à dire qu'il faut une extension obligatoire. Peut-être aussi aux sociétés non cotées. Le problème, c'est que les entreprises ont chacune des profils différents: il y a beaucoup moins de femmes dans l'industrie des machines que dans le secteur de la santé, par exemple. Ce sont là des tendances de long terme – des choix de profession - qu'une simple ordonnance fédérale ne va pas changer avec de simples quotas.

Il s'agit aussi de choix de vie. Une récente enquête de l'Office fédéral de la statistique montrait qu'une majorité des femmes travaillant à temps partiel ne souhaitent pas être davantage actives qu'actuellement. Si l'on veut davantage de femmes dans l'économie, et dans les instances dirigeantes, peut-être faut-il d'autres incitations que des obligations destinées aux entreprises? Par exemple des encouragements fiscaux, en cessant de pénaliser les couples disposant de deux revenus.

Commentaires

Quotas au sein des Conseils d' Administration? Les Romandes n'ont pas attendu.

Plus de 130 femmes n’ont pas attendu que la question des quotas dans les conseil d’administration soit de nouveau d’actualité pour s’organiser. En se regroupant au sein du Cercle Suisse des Administratrices, ces professionnelles affirment leur volonté à participer activement au développement économique du pays. Et du côté des organes de gouvernance?

Les conseils d’administration semblent avoir pris conscience par eux-mêmes, qu’ils devaient s’adapter à l’économie moderne et faire rentrer plus de diversité, de transparence, d’éthique et de professionnalisme au sein de leurs conseils. (cf. Etude 2014 de Crédit Suisse - Les Femmes dans les entreprises – attestant que les femmes intégrées au sein des conseils d’administration ou d’instances de direction, contribuent à une meilleure performance de l’entreprise).
En effet, l’époque du copinage et « petits arrangements entre amis » est révolue. Aujourd’hui, les organes de gouvernance se doivent d'apporter une réelle valeur ajoutée en intégrant des membres ayant des compétences complémentaires, gages pour l’entreprise de compétitivité et performance. Mais dans le même temps, même si les pourcentages de diversité augmentent au sein des conseils d’entreprises suisses, ils restent anormalement faibles : de 8,6% de femmes en 2010, on en compte encore que 11,3% en 2013. Ce nombre est anormalement faible, alors que tout le monde affirme être d’accord sur l'intérêt d’inclure au moins une femme dans son conseil. Un des obstacles régulièrement mis en avant serait qu’on ne trouve pas assez de femmes prêtes à intégrer un conseil; ce qui pourrait être expliqué par le manque de visibilité des femmes compétentes, volontaires et aptes à siéger.

Le Cercle Suisse des Administratrices ne prend aucune position politique sur la question des quotas, mais a décidé de résoudre concrètement une partie du problème sur l’accession des femmes aux postes de gouvernance.

Depuis la création en janvier dernier du Cercle Suisse des Administratrices, il n’est désormais plus possible de dire que les femmes ne sont pas assez nombreuses à vouloir s’engager ou encore qu’il est difficile de les trouver. En effet, en sélectionnant et regroupant par leurs compétences avérées, des femmes expertes ou dirigeantes; il crée un véritable vivier de femmes, mettant à disposition des entreprises et organisations leurs compétences diverses pour en soutenir la performance et la pérennité. En Suisse Romande, il compte près de 140 membres, administratrices en poste ou en recherche de mandat, et les candidates à la sélection d’entrée se pressent.

www.csda.ch

Écrit par : Laurence Halifi - GLASSCONCEPT | 06/12/2014

Quelle immense bêtise d'imposer un quota comme critère de sélection. Le fait d'avoir ou non un zizi ne détermine pas la compétence d'une personne. Poussant cette idée simpliste plus loin, on pourrait finir par tolérer des Conseils d'Administration à 100% féminins mais punir les 75+% masculins.

Il est vrai que des hommes mysogènes existent et que certaines branches de l'économie, p. ex. les finances, sont le fief d'hommes. Personnellement, j'abhore le mépris qu'éprouvent des femmes talentueuses,intelligentes et capables qui essayent vainement d'obtenir des postes à leur vraie hauteur.

Plutôt que d'instaurer une loi de quota, pourquoi ne pas introduire de la législation punissant les sociétés pour mégard envers des candidates pleinement qualifiées? Une fois la discrimination sexuelle proscrite, chacune et chacun sera considéré sur son seul mérite et les sociétés se porteront nettement mieux.

Écrit par : Colin MIESCH | 09/12/2014

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