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14/01/2015

Attention à notre secteur public!

Voici au moins une excellente nouvelle en ce début d’année: l’économie suisse va rester très dynamique en 2015, et elle le sera encore plus en 2016. Les économistes sont pratiquement tous d’accords, notre pays continuera à éviter les problèmes que connaissent la plupart des grands pays. Aucun souci à l’horizon? Ce serait malheureusement trop beau pour être vrai: notre pays doit en particulier faire attention à maintenir son niveau de productivité.

C’est Boris Zürcher, le chef de direction du travail au Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), qui l’a pointé du doigt vendredi dernier en commentant les chiffres du chômage (Le Temps du 10 janvier): depuis cinq à six ans, le rythme de la croissance des emplois est plus rapide dans l’administration publique en général que dans le secteur privé. Or la productivité est moindre dans le premier secteur. Résultat, la courbe de la productivité devient presque plate.

Pour certains secteurs de l’administration, cette hausse des effectifs s’explique. La forte croissance démographique qu’a connu la Suisse ces quinze dernières années nécessite d’étoffer le nombre d’enseignants et de soignants, notamment. Rien à redire là-dessus, il s’agit là d’accompagner la croissance. Le problème, c’est que l’augmentation des postes administratifs s’observe aussi dans l’administration générale et dans le social.

L’Etat croît trop rapidement. Et c’est particulièrement vrai dans le canton de Vaud, où la progression des dépenses (réelle, après élimination des facteurs extraordinaires, comme la recapitalisation de la caisse de pension) est systématiquement supérieure à la croissance du PIB. Cela devrait d’ailleurs continuer cette année, puisque le budget 2015 prévoit une croissance des charges courantes de 2,8%, pour un PIB attendu en hausse de 2,1%.

Vaud compte l’une des plus lourdes administrations publiques de Suisse. Une étude mandatée par les milieux économiques vaudois, dont la CVCI, et publiée en 2012, montrait que ce secteur regroupait près du 30% du total des emplois vaudois et pesait pour 22,6% dans la valeur ajoutée cantonale. Un taux à mettre en regard avec les 15,7% de l'administration zurichoise, canton qui compte lui aussi des hautes écoles, un poly et un hôpital universitaire de pointe sur son territoire…

Après la votation du 9 février 2014, la Suisse est obligée de prendre des mesures pour limiter l’immigration. Or l’Etat est en concurrence avec le privé sur le marché de l’emploi. Dans le canton de Vaud, il est évident que l’administration a atteint sa taille critique. Il s’agit maintenant de fixer des priorités. L’Etat ne peut pas croître plus rapidement que l’ensemble de l’économie sur une trop longue période, sous peine d’accentuer les déséquilibres. La réflexion sur les conséquences du 9 février doit englober tous les secteurs.

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