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27/01/2015

Salaires et franc fort: le partenariat social est plus utile que jamais!

La suppression du cours plancher du franc face à l'euro aura bien évidemment des conséquences sur l'emploi. Avec des produits et services qui renchérissent de 20% par rapport à la concurrence étrangère, les entreprises - et pas uniquement les exportateurs - devront prendre des mesures pour baisser leurs coûts. Mais une chose est sûre: il n'y a pas de solutions toutes faites. La question doit être réglée au sein de chaque entreprise, dans le cadre d'un dialogue employeurs-salariés, en toute transparence.

Le droit nous interdit de discriminer les seuls frontaliers, en baissant leurs salaires ou en les payant en euros. Il ne serait de toute manière pas judicieux de se lancer dans ce type de mesure, en invoquant un salaire qui soit fonction d'un pouvoir d'achat. La rémunération doit être fonction d'une prestation fournie et non d'un lieu de résidence ou de l'état civil du collaborateur. A travail égal, un célibataire ne doit pas moins gagner qu'une personne qui a charge de famille ou qui est divorcée avec une pension alimentaire...

Si la loi nous interdit de discriminer, elle ne nous empêche pas de passer à des salaires en euros pour tout le personnel, moyennant certaines conditions. Faut-il pour autant le faire? Je ne le pense pas et ne le recommande pas. Une telle mesure signifierait que les entreprises s'arrimeraient totalement à l'euro sans que la Suisse dispose d'un quelconque cadre institutionnel. Ce serait le grand écart entre notre économie et l'ensemble de notre cadre monétaire, réglementaire et légal. Un cadre qui nous a assuré une prospérité quasi continue depuis plus d'une décennie.

La situation actuelle est inquiétante et nécessite une analyse approfondie dans chacune des entreprises, ainsi qu'une une remise à plat au niveau politique, en particulier par rapport aux priorités que la Confédération se doit de poursuivre. Il est normal que toutes les pistes soient évoquées – dans les entreprises: ajustement des conditions de travail, salaires, etc – mais il importe de bien soupeser toutes les variables avant de prendre une décision définitive. Restons optimistes: nos entreprises ont le potentiel de s'adapter. Elles sauront le faire, dans le partenariat social, qui reste un atout clé de notre pays. Il faut maintenant trouver des solutions viables et acceptables par tous.

Commentaires

Il faut admettre que la BNS n'avait plus le choix. Toutefois la brutalité de l'annonce n'est pas un modèle de communication.
Je crains que nous nous trouvions à l'aube d'un séisme économique intérieur. Si la loi protège les salariés, et en partuculier les frontaliers, d'une ''adaptation'' des salaires (heureusement, ce serait mesquin), certains acteurs intérieurs vont devoir sérieusement remettre en question leur philosophie commerciale: je pense en particulier à la grande distribution; je pense aussi aux importateurs. Est-il admissible par exemple qu'un véhicule vendu en France 49'000 euros, avec une taxe de malus de 2'000 euros et une TVA à plus de 20% soit proposé quelque 63'000 francs sur le marché suisse?

Écrit par : Jenni Jean-Pierre | 30/01/2015

"Toutefois la brutalité de l'annonce n'est pas un modèle de communication."
Ah oui, je vois, Jordan aurait dû vous téléphoner trois jours avant...

Écrit par : Géo | 30/01/2015

Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi personne ne remet en question le fait que la Suisse est un ilot de cherté en Europe ? Comment peut-on considérer que dans une telle situation la suisse puisse être compétitive face à ses voisins ?
N'est-il pas possible de prendre le problème à la racine et de ramener les prix et les salaires à des dimensions plus euro-compatibles ?
Merci d'avance pour vos éclairages.
David Borel

Écrit par : David Borel | 05/02/2015

«Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi personne ne remet en question le fait que la Suisse est un ilot de cherté en Europe ? Comment peut-on considérer que dans une telle situation la suisse puisse être compétitive face à ses voisins ?»

Si vous posez la question comme-ça, c'est clair que certains vont se faire un plaisir de vous enfumer en vous répondant du tac au tac que vous avez tout compris et que c'est la raison pour laquelle il nous faut adhérer le plus vite possible à l'UE.

Maintenant, à mon avis, le fait de poser la question comme-ça... démontre que vous n'avez rien saisi des «fondamentaux», ou que vos profs à l'école ont été mauvais, ou que vous aviez la tête ailleurs durant les cours de mathématique, d'arithmétique et j'en passe.

Le problème à la racine, c'est que nous avons une monnaie qui a une valeur normale, un taux de chômage à peu près normal, un pouvoir d'achat élevé, le meilleur PIB du monde, etc...

alors que dans la zone euro ils ont une monnaie faible, un chômage élevé, un pouvoir d'achat médiocre, etc.

Mais bon, si c'est ça que vous voulez !

Vous comprenez maintenant pourquoi la Suisse attire autant de travailleurs étrangers ?

Les immigrés ne sont pas stupides, ils sont comme les guêpes, attirés par le miel et la confiture.
(c'est pas que les immigrés, c'est tout le monde)

Écrit par : petard | 05/02/2015

"Le droit nous interdit de discriminer les seuls frontaliers" et ce matin on nous le dit enfin, vos amis les employeurs discriminent les Suisses à l'embauche dès 45 ans....normal bien sûr, la géométrie variable bien convenue dans ce monde PLR!

Hier soir, la TSR nous a bien démontré, mais alors bien clairement, que tout ce personnel frontalier n'a vraiment pas des compétences outrancières; ces soi-disant compétences que les patrons ne trouveraient pas chez les salariés Suisses!

Donc maintenant si licenciement nécessaire, se sont les frontaliers qui doivent rentrer chez eux, pas les Suisses qui sont dans leur pays...ok!

Par ailleurs, j'ai conseillé à la TSR de nous faire un documentaire sur
le ras-le-bol des riverains suisses de ces villages qui sont traversés en trombe par les frontaliers; ce qui est dangereux. Ou lorsqu'ils provoquent des bouchons et qu'ils entravent "notre libre circulation" et que cela pollue comme il n'est pas permis!
Tant qu'à faire que l'on chiffre tout cela et qu'après on nous disent clairement à qui profite....uniquement....cette importation de main-d'œuvre.

Écrit par : Corélande | 06/02/2015

Manifestement, personne n'arrive à répondre à ma question!
Je suis ravi de constater que Monsieur Petard (ci-dessus) a été un élève très assidu dans ses études. Malheureusement, la faiblesse de ses explications ne m'avance guère.

Écrit par : David Borel | 08/02/2015

«Manifestement, personne n'arrive à répondre à ma question!»

Mais c'est pas possible de répondre à votre question en un commentaire ou en un billet, même de 250000 signes !

C'est comme si vous me dites: je ne sais pas pourquoi il faut mettre du mazout dans un moteur diesel alors que la benzine est meilleure marché !

Sans vous vexer, votre question c'est un peu: pourquoi la terre tourne autour du soleil et pas l'inverse ?

Quelques pistes si vous avez du temps, beaucoup de temps: (économistes: Irving Fisher, Jacques Sapir - sociologues: Raymond Bourdon, Tocqueville, Max Weber - anthropologue-démographe: Emmanuel Todd)

Écrit par : petard | 09/02/2015

David Borel @ "N'est-il pas possible de prendre le problème à la racine et de ramener les prix et les salaires à des dimensions plus euro-compatibles ?
Merci d'avance pour vos éclairages."

Peut-être abordez-vous le problème par le mauvais bout. C'est en Europe que les salaires sont trop bas et les charges trop lourdes, par la faute de syndicats ultra-puissants et d'esprit de lutte de classes constante. Il faudrait donc que la Suisse se saborde et donne de plus en plus de pouvoirs aux incompétents socialistes pour se rendre euro-compatibles...

Écrit par : Géo | 09/02/2015

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