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04/02/2015

Ouverture du marché de l’électricité: un coup de pouce aux PME!

Comment passer le cap du franc fort et soulager les PME? Beaucoup de solutions ont été évoquées ces derniers jours: chômage partiel, meilleure gestion des coûts, allongement de la durée du travail (lorsque les commandes sont là)… Mais l’une des solutions pourtant parmi les plus simples n’a pas (ou que peu) été évoquée jusqu’ici, et cela alors qu’elle vient de faire l’objet d’une consultation fédérale: l’ouverture complète du marché de l’électricité.

Ce changement, prévu pour 2018 (seulement… il faudrait anticiper son entrée en vigueur), profiterait immédiatement aux PME. Avec les prix actuels du marché, elles pourraient économiser plusieurs milliers de francs par an en s’approvisionnant sur le marché ouvert. De plus, les prix de l’électricité ne devraient que peu évoluer à moyen terme, car l’offre d’électricité restera excédentaire encore pendant plusieurs années, selon les spécialistes.

Depuis 2009, les entreprises qui achètent plus de 100'000 kWh par an peuvent acheter leur électricité où elles l’entendent. Elles peuvent procéder à des achats groupés, des appels d’offre ou négocier avec leur société électrique locale. A la fin 2013, 27% des sociétés qui ont le droit d’aller au marché l’avaient fait et leurs achats correspondaient à 47% de toute l’électricité qu’achètent les entreprises «grandes consommatrices». Fin 2014, le tiers d’entre elles ont très certainement fait le pas pour plus de 50% de l’électricité. Là, les économies annuelles se chiffrent en dizaines de milliers de francs par entreprise!

Des cas absurdes

Actuellement, les PME qui consomment juste un peu moins que 100 MW n’ont en revanche pas le choix: elles doivent payer le prix fort. Inutile d’argumenter pour constater qu’il y a distorsion de concurrence avec celles qui sont juste au-dessus de cette barre. Il peut y avoir des cas absurdes: par exemple une société qui paierait son courant 20 à 30% plus cher que sa voisine, alors qu’elle ne consommerait que 2000 à 3000 kWh de moins!

Avec le franc fort (qui rend par ailleurs l’électricité moins chère sur le marché européen), aucune économie n’est à négliger… Les PME sont souvent des sous-traitantes d’exportateurs, et souffrent beaucoup lorsque les conditions monétaires deviennent autant défavorables.

Soyons honnêtes: l’ouverture complète du marché de l’électricité n’est bien sûr pas LA solution à elle seule. Mais elle fait partie de toutes ces mesures qui - mises en œuvre parallèlement – aideront nos industries à rester compétitives face aux concurrents internationaux. Espérons que cela incitera les opposants actuels à revoir leur position sur ce dossier.

PME et ménages protégés

Pour ceux qui auraient des craintes, il faut rappeler que l’ouverture du marché telle que la propose le Conseil fédéral offre un double avantage aux PME: elles pourront s’approvisionner hors monopole si elles le souhaitent, mais pourront revenir sur le marché protégé chaque année. Pareil pour les ménages. On peut difficilement faire davantage en matière de protection des consommateurs, que ce soit des entreprises ou des particuliers.

Et puis, finalement, heureusement que l’ouverture du marché de l’électricité n’a pas été intégrée à la transition énergétique de la Confédération (il s’agissait de l’un des arguments des opposants pour la contester). Car la stratégie énergétique 2050 doit s’accompagner de taxes importantes sur l’énergie et donc pénalisantes pour la place industrielle: il faut la geler. La libéralisation, qui peut aller de l’avant, aura en revanche des effets bénéfiques. On ne peut bien sûr pas jurer que ces derniers seront toujours profitables, mais ils le seront en tout cas pendant plusieurs années. Voilà une carte à jouer!

 

Commentaires

Votre analyse est à peu près aussi irresponsable que si vous disiez à des agriculteurs brésiliens qu'on pourrait supprimer toute régulation sur la déforestation afin de leur permettre d'accéder à des terres bon marché.

C'est du court, court, court terme. Or gouverner c'est prévoir, avoir une vision des défis à relever sur le long terme. Je m'inquiète de voir des gens comme vous avoir de l'influence et prendre des décisions qui concerne notre société dans son ensemble.

Écrit par : Vincent Rossi | 05/02/2015

Monsieur Rossi,

C'est justement une vision à long terme que d'ouvrir le marché de l'électricité. Cela permettra aux consommateurs de mieux choisir et comparer les offres (notamment pour tout ce qui est courant vert), cela réduira les charges des PME et rendra le secteur énergétique suisse plus efficace.

Les pays scandinaves, que l'on cite souvent comme modèles en matière d'écologie, ont ouvert leur marché de l'électricité il y a plus de dix ans. Et cela fonctionne.

Nos barrages sont dimensionnés à l'échelle européenne. Nous avons besoin d'accords avec nos voisins pour les intégrer à ce niveau. Mais nos voisins ont tous ouvert le marché et n'envisagent pas de collaborer si nous ne le faisons pas aussi. Là encore, ouvrir le marché est donc une vision à long terme. Temporiser encore est une vision à court terme. La préservation de notre hydraulique nécessite de sortir des blocages idéologiques. Nous ne sommes pas une île, pour l'électricité encore moins que pour d'autres produits (nous exportons autant d'électricité que nous en importons!)

Écrit par : Claudine Amstein | 06/02/2015

Arriverait-on à effectier un telle modification stratégique sans que le prix de l'énergie n'explose ? Je ne le pense pas et ne fais aucune confiance à nos autorités pour la mise sur pied d'une tel projet. Les brillantes interventions de Mme Leuthard suite à Fukushima devrait vous mettre en garde. La gestion énergétique ne peut pas être confiée à de telles personnes. A part des taxes, que sont-ils capables de mettre sur pieds ?

D'autre part, comment se fait-il que l'énergie hydraulique, dont les installations de production existent, coûte trop cher ? Des chiffres (non manipulés) please.

Écrit par : P.A. Rechsteiner | 11/02/2015

Tout cela fait partie du processus qui nous liera de plus en plus à l'UE.
Comme l'a dit O. Freysinger hier soir à Infrarouge, les 2 tiers du parlement fédéral et 6 des conseillers fédéraux sont prêts à nous vendre à l'UE.

D'ailleurs la journaliste dévoyée à l'UE l'a aussi dit: A Bruxelles on propose sournoisement et sans autres possibilités (comme pour la Grèce) un nouveau vote suisse qui se ferait.....sur un paquet avec y.c. le volet institutionnel, l'électricité.....pour revenir sur le vote du 9.2.2014.

C'EST INVRAISEMBLABLE ET TOUT BONNEMENT INACCEPTABLE!

On voit de mieux en mieux à quel point nous avons des élites, et bruxelles une commission, qui sont de vrais dictateurs en puissance.
Ceux-là sont encore plus dangereux qu'Hitler en son temps (sorry mais la majuscule s'impose d'elle-même.....oups) car ils cachent leur sordides intentions sous des léchouilles baveuses et vulgaires!

Écrit par : Corélande | 11/02/2015

Il est évident que l'aspect économique doit être en considération dans les discussions avec l'EU. La disparition des pme exportatrices actives dans l'industrie des machines (ce sont les plus en danger actuellement) est impensable; elle sont dynamiques et reconnues.

Ces négotiations doivent être confiées à des personnes compétentes apolitiques, en aucun cas à des politiques défendants leurs intérêts (M.Schneider-Amann) ou leurs idéaux suicidaires (Mme Sommaruga). Les dernières déclarations de ces Messieurs-Dames étaient juste ridicules. La marge de manoeuvre sera extrèmement étroite.

Réduire la chèreté de la Suisse est indispensable.

Écrit par : P.A. Rechsteiner | 11/02/2015

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