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25/02/2015

Poser les bonnes questions n’a rien de scandaleux

Le pavé dans la mare lancé la semaine dernière par le directeur d’UBS, Sergio Ermotti, a suscité une vague de réactions, le plus souvent négatives. Dommage, car le débat doit avoir lieu. Les défis que nous posent le franc fort et le risque de blocage des bilatérales suite à l’acception de l’initiative «contre l’immigration de masse» nous mettent au pied du mur. La Suisse doit réagir, que cela plaise ou non.

On se souvient qu’il y a 20 ans, le «Livre blanc» de David de Pury, ancien diplomate alors président d’ABB, avait suscité les mêmes réflexes indignés. Et pourtant! De nombreux conseils donnés dans cet ouvrage (et ensuite mis en œuvre) sont aujourd’hui considérés comme des ingrédients évidents du succès de notre pays: la création des Hautes écoles spécialisées (HES), l’établissement d’un marché du travail flexible (qui nous permet d’avoir un des taux de chômage parmi les plus bas au monde), miser sur les accords de libre-échange…

Sergio Ermotti sort du politiquement correct et du ronronnement de la politique fédérale. Lui reprocher d’être à la tête d’UBS est un faux procès, car il n’est arrivé à ce poste qu’en 2011, trois ans après le sauvetage de la banque (sauvetage qui s’est par ailleurs soldé, il faut le rappeler, par un gain net pour la Confédération et la Banque nationale suisse (BNS), et non par un coût pour les contribuables, comme on l’entend souvent).

Au-delà du contenu, la contribution du directeur d’UBS suscite le débat. Faut-il déréguler le système financier? Après la crise de 2008, nous sommes peut-être allés trop loin dans le contrôle, et surtout le swiss finish. Ce sont souvent les mêmes milieux qui appellent les banques à prêter davantage aux entreprises et demandent dans le même temps de renforcer encore les exigences de fonds propres. On ne peut pas tout avoir. Jusqu’où faut-il aller? La question doit maintenant se poser, sans tabou, et Sergio Ermotti a raison de mettre ce dossier sur le tapis.

Tout comme il a raison de demander que l’on sauvegarde les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne et que l’on poursuive parallèlement nos efforts pour décrocher d’autres accords de libre-échange. Quant à la réforme des entreprises, elle est inévitable: la Suisse, qui gagne un franc sur deux à l’étranger, ne peut maintenir une position que l’ensemble de ses partenaires commerciaux remet en cause. Gauche et droite sont d’ailleurs d’accord sur ce point. Où est le scandale de dire qu’il faut aller vite, dans le but de maintenir la compétitivité de notre pays?

Il faut être capable de se remettre en question. Nous avons su le faire lors de la crise des années 1990. Nous sommes assurément capables de le faire une nouvelle fois.

Commentaires

Bravo!... Parfaitement, il faut savoir poser les bonnes questions!

Malheureusement, ceux qui les posent n'attendent des réponses que de ceux qui, de toute façon, s'en tirerons toujours. Ce qui, bien entendu, peut présager de très mauvaises réponses à de très bonnes questions.

Écrit par : Père Siffleur | 25/02/2015

A propos, il a dit quoi, Ermotti ? La presse mainstream s'est évidemment empressée de n'en rien dire...

Écrit par : Géo | 25/02/2015

@Madame Amstein Les gens savent -ils encore poser les bonnes question ?
On est entré dans l'ère de la terreur il est évident que de nombreux illuminé et nombre de médias s'en donnent à cœur joie pour nous destabiliser
De nombreux citoyens sont de cet avis surtout qu'en Suisse on le sait depuis longtemps il est facile de faire prendre peur aux gens
Mais je suis navrée comme beaucoup d'autres je continue à faire confiance aux banques surtout quand on sait qu'à la tête d'une certains localité , des prévisions sans doute aussi fantaisistes qu'au Giec laissent apparaître des caisses vides
Et ça ose prétendre gouverner comme des chefs d'entreprises ? certains responsables de PME devraient les engager pour un stage afin de leur apprendre le BABA de la comptabilité
A moins que certains logiciels comme ce fut en 2002 ou 2004 complètement faussés n'aient plus qu'à être retournés aux fabricants
Et puis pour poser les bonnes questions aux personnes responsables suffit juste de composer un numéro pour avoir un entretien .Beaucoup ont continué avec ce système car c'est le seul qui garantisse une réponse claire et nette
Et si on entend comme réponse ,on a pas le temps c'est que certains n'ont pas compris que les anciennes génération ont le temps d'insister
Comme un ancien de la MOB qui lui dès que le téléphone de l'administration répond n'importe quoi il cavale jusqu'au bureau et fait résonner sa voix de stentor , il n'y a rien de tel pour faire courir les employés d'une Administration Communale
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 26/02/2015

Quand on sait ce besoin d'acheter des produits souvent proches de la désolation comme certaines caméras de surveillance vendues bon marché à certaines Administrations pour surveiller le tri des ordures il ne serait pas étonnant que nombre de logiciels aient quelques défauts
Ce qui confirme bien l'adage, trop bon marché n'est jamais signe de qualité et encore moins d'économie
Mais comme techatter doit sans doute occuper le 80 pour cent de temps de nos élus pourquoi s'étonner de tels constats

Écrit par : lovejoie | 26/02/2015

Tiens, vous appelez "presse" les médias électroniques ? Mais bon, sur le fond, vous avez probablement raison...

Écrit par : Géo | 26/02/2015

Je suis entièrement d'accord avec vous. Dans le même ordre d'idées, ne serait-il pas temps de se poser le même type de questions au sujet des exigences de la Finma en matière immobilière. Calmer le marché immobilier est une bonne chose. Le tuer n'est peut être pas dans l'intérêt du pays.
Merci de vos commentaires et meilleures salutations.

Écrit par : Eric Denzler | 26/02/2015

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