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29/04/2015

Apprentissage: démolir est plus facile que construire

Salaire minimum, contrôles à tout va, vacances de 7 semaines, emploi garanti à la fin de la formation… les recettes de la Jeunesse socialiste suisse (JS) présentées lundi pour «agir en faveur de la formation professionnelle» sont consternantes. Le partenariat social? Inconnu au bataillon. Le fait que le peuple ait rejeté massivement le salaire minimum et les vacances de 6 semaines? Pas vu! Il faut pourtant revaloriser l’apprentissage, pas l’assommer. Or c’est justement ce que fait la JS.

«Les jeunes qui sont assez chanceux pour trouver un apprentissage sont souvent touchés par l’exploitation et de mauvaises conditions de travail», a assuré le président de la JS.  Non, j’ai vérifié, il ne parlait pas du 19e siècle de Dickens… «Même en Suisse, le chômage des jeunes est nettement plus élevé que la moyenne de la population active. Près de 8% des jeunes entre 15 et 24 ans sont sans emploi», a-t-il encore affirmé.

Et bien regardons les statistiques… Les chiffres du Secrétariat d’Etat à l’économie concernant le chômage de mars, publiés le 10 avril, indiquent un taux de chômage de 3,2% pour les 15-24 ans, en baisse de 0,2 points (-840 personnes) par rapport à février. Le taux de chômage total était… de 3,3%. Sur l’ensemble de 2014, le taux de chômage des 15-24 ans était de 3,2%. La JS tient-elle une statistique alternative?

Le vice-président du parti n’a pas été en reste: «à ce jour, les abus et les problèmes rencontrés dans l’apprentissage ont été négligés de manière criminelle par les politiques». Oui vous avez bien lu: «criminelle». Heureusement, tout ce qui excessif est insignifiant…

Le mieux est l'ennemi du bien

Mon propos n’est pas de dire qu’on ne peut rien améliorer dans l’apprentissage. On peut toujours mieux former, davantage mettre en avant les compétences et l’expérience des jeunes. La formation des formateurs eux-mêmes peut toujours être enrichie. Des contrôles sont nécessaires. Et les abus, il y en a inévitablement dans tous les domaines de l’activité humaine, doivent être sanctionnés, c’est une évidence. Mais le cadre légal actuel est suffisant sur ce dernier point.

La manière d’aborder la question par la JS est anachronique. L’apprentissage est une excellente formation qui donne un accès facilité à l’emploi, comparé aux détenteurs de diplômes universitaires. Obliger les entreprises à garder tous les apprentis qu’elles forment reviendrait à diminuer très rapidement le nombre de places disponibles, car les effectifs ne sont pas extensibles à l’infini dans toutes les branches et dans toutes les sociétés. Certaines entreprises ont une vocation  plus formatrice que d’autres… nous vivons dans un microcosme qui s’équilibre au mieux année après année. On peut toujours améliorer certaines choses, je e répète, mais les propositions de la JS sont le meilleur moyen de tout casser.

Le partenariat social doit primer

Idem pour les salaires. Avec des salaires minimum trop élevés, certaines entreprises renonceraient à former des apprentis, ou en embaucheraient moins. D’autres chercheraient à économiser en diminuant le suivi et la formation. Je vois déjà le contre-argument de la JS: il faut réglementer cela, surveiller et punir. Avec de nouvelles armadas de gendarmes de l’apprentissage? Veut-on un système policier dans les entreprises?

Le partenariat social, basé sur la confiance et le respect mutuel, vaut pour tous les actifs, apprentis compris. Ces trois dernières années, le peuple suisse s’est prononcé à de nombreuses reprises sur des réglementations touchant le monde du travail, et les résultats des votations ont été sans appel. Les excès règlementaires ne plaisent pas. Parce qu’ils conduisent à une momification du monde du travail. La France, où sévit justement le chômage des jeunes, réfléchit d’ailleurs à des réformes qui tendent… à imiter le modèle suisse en matière d’apprentissage.

Commentaires

@Madame Amstein il est sidérant de lire le mot exploitation de la part de ces jeunes Socialistes qui pour beaucoup sont encore au biberon financier chez papa ,maman
Jamais déjà dans les années 6o n'avons nous eut à nous plaindre de nos patrons qui étaient des hommes en Or
Mais peut-être est-ce parce que nous avions vraiment subi la maltraitance physique et morale que nous avons appris très vite à séparer le bon grain de l'ivraie
Beaucoup de patrons étaient des Francs Maçons et tous ceux qui ont eut la chance de les frayer soit pendant leur petite enfance ou comme apprentis ,tous disent en chœur,ces gens là savaient apprécier l'humain et ne rechignèrent à les soutenir moralement grâce à un don qui disparait comme peau de chagrin ,l'écoute
On voit bien que tous ce qui est transformé en science comme le social affecte de nombreux jeunes cerveaux et handicape de plus en plus le monde relationnel
Très bonne journée pour Vous Madame et très bon Premier Mai

Écrit par : lovejoie | 30/04/2015

"Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font"...
Sauf que dans le cas d'espèce c'est impardonnable. Ces jeunes socialistes sont des ignorants : ils ne savent pas que le mieux est l'ennemi du bien.

Écrit par : Philipe Furer | 30/04/2015

Mais où va-t-on? Quelle aberration? 7 semaines de vacances et quoi encore?
A les entendre, plus on gagne, moins on travaille en fait!!

Écrit par : Pingoo | 30/04/2015

Ce sont les socialistes....rien d'étonnant. Utiles au 19ème, fokloriques au 20ème, un boulet au 21 eme.
Il faudrait peut-être revenir aux méthodes anciennes, quand les apprentis payaient pour l'acquisition de la connaissance.
Quant au chômage des jeunes, 50% sont sans formation. Je peux comprendre...qui a envie de payer plein pot pour quelqu'un qui n'a ni expérience ni connaissance..alors qu'on paie déjà par nos impôts pour leur offrir expérience et connaissance?

Écrit par : phil | 30/04/2015

Patron d'une PME d'une quinzaine de personnes, je forme des apprenti(e)s depuis près de 20 ans. Avec patience, parfois avec peine, le plus souvent avec joie et satisfaction.
Je ne fais définitivement pas partie des Cassandre qui clament qu'on va au déclin avec une génération mal formée et démotivée. Ce n'est pas vrai!
L'apprentissage est un échange. L'apprenti apporte à l'entreprise son engagement (souvent) et ses connaissances toutes neuves de l'école professionnelle et des cours Interentreprises et son entreprise lui donne le cadre et le (la) formateur(trice) qualifié(e).
C'est un contrat intergénération, une courroie de transmission des compétences, un équilibre assez subtil que même une délégation des Usa est venue observer.

Pourquoi vouloir détruire ce qui marche? pour reconstruire un ordre nouveau sur les décombres?

Ce serait sans moi.

Aux conditions exigées par les JUSO, je n'engagerais plus d'apprenti(e). Avec regret et inquiétude pour la formation de nos enfants.

Écrit par : olivier marmy | 01/05/2015

Un homme politique vaudois a dit y il a quelques temps, que nous avions oublié de rendre l'apprentissage sexy. Je suis absolument d'accord sur ce point. Trop longtemps la voie des études à été privilégiée au détriment de la formation par le système dual. Système qui pourtant fait des envieux en Europe et jusqu’au USA.
Les JS feraient mieux de travailler en ce sens.
Ces mêmes Jeunes Socialistes sont probablement ceux qui pour la plus part d’entre eux n’ont pas suivi la voie de l’apprentissage et qui maintenant se veulent défenseur d’une cause qui n’a pas lieu de l’être et qui dans la pratique leur est en réalité inconnue.
Il serai dommage et dommageable pour l’économie comme pour l’emploi en Suisse que la soi-disant recette des JS soient prise au sérieux. Il ne faudrait dès lors pas s’étonner si une partie des employeurs renoncent à former des apprentis, avec malheureusement à la clé toutes les conséquences qui en résulteraient.

Écrit par : ES | 01/05/2015

Madame ,
Vous avez entièrement raison, l'obligation pour le patron de garder un apprenti est une aberration,le changement de place après l'apprentissage est la meilleure chose pour parfaire ses connaissances. les premières années c'est la seule solution pour connaitre son métier.j'en parle par expérience. Je suis à la retraite et les débuts de ma vie active j'ai changé chaque fois que je n'avais plus rien à apprendre.Après je me suis mis à mon compte pendant 36 ans. Je pense que ces gamins du JS subissent les idées de leurs ainés socialistes qui n'ont que la bouche ouvertes pour ne rien dire.
Un vieux de 76 ans qui se porte très bien.

Écrit par : Amelio Cavigioli | 01/05/2015

" Mais ne nous plaignons pas trop : après tout, avec des propositions totalement débiles, les socialistes deviennent inexistants...
Vive la présidence Levrat et qu'Ada Marra continue à dire de grosses bêtises ! "

Bien vu!!!

D.J

Écrit par : D.J | 02/05/2015

Je pense que même un mécanicien moyennement bien formé aura toujours plus de chances de s'en sortir professionnellement qu'un licencié en philosophie ou en psychologie un peu paumé et qui ne sait pas trop ce qu'il cherche dans la vie. Après son CFC, ce mécano va en apprendre encore beaucoup et des passerelles existent pour continuer les études (école technique ES, école d'ingénieur HES,...). Il aura tout le temps de combler ses éventuelles lacunes tout en étant opérationnel très rapidement.

Écrit par : pierre frankenhauser | 05/05/2015

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