02/09/2015

L’industrie tient bon, il faut maintenant desserrer le carcan

La Suisse a donc évité la récession que tout le monde craignait suite à l'abandon, par la Banque nationale (BNS), du cours plancher du franc face à l'euro. C'est une bonne nouvelle, qui révèle surtout la capacité de réaction et de résistance de notre industrie. C'est une surprise en soi. Mais les chiffres publiés la semaine dernière font ressortir d'autres éléments étonnants: les importations ont baissé (de 3,6% au 2e trimestre!)… alors qu'un euro moins cher les rend pourtant plus avantageuses. Quant aux ménages, ils ont limité leurs dépenses, notamment dans les restaurants, malgré une hausse de leur pouvoir d'achat.

La retenue des consommateurs suisses, dont les dépenses ne se sont accrues que de 0,3% au 2e trimestre, s'explique probablement par des motifs psychologiques. A priori, tout plaide pour une hausse de la consommation: le franc fort a entraîné des baisses de prix dans tous les secteurs (des habits aux voitures en passant par les vacances); le prix des carburants a baissé de plus de 15% en un an; pour la majorité des habitants, les charges hypothécaires et les loyers n'ont pas augmenté (quand ils n'ont pas baissé). Et pourtant l'humeur n'a pas été à consommer…

La bonne résistance de notre économie les rendra peut-être plus optimistes. Les raisons de rester confiant dépassent d'ailleurs les simples chiffres du PIB. Les entreprises exportatrices ont montré qu'en collaboration avec leurs employés, elles peuvent trouver des solutions pour rester compétitives. Cela passe dans certains cas par une hausse du temps de travail. Mais les adaptations se font beaucoup plus souvent par une réorganisation des achats de fournitures, par des couvertures de change, par des innovations.

Tout n'est pas réglé, ni gagné, bien sûr. Si l'industrie suisse est globalement parvenue à augmenter sa création de valeur, les chiffres d'affaires nominaux ont baissé, souligne le directeur du centre de recherche conjoncturelle KOF de l'EPFZ. A terme, cette situation risque d'être négative pour l'emploi.

Moins de bureaucratie

Que faire? La balle est dans le camp du politique, qui doit prendre le relais. Et supprimer les tracasseries bureaucratiques, encore beaucoup trop nombreuses en Suisse. Il est possible de faciliter et d'améliorer les échanges avec l'administration: le fisc, les services de l'environnement et de l'aménagement du territoire en particulier. Il est possible d'éviter de créer de nouvelles règles. Il est possible d'éviter de nouvelles taxes inutiles (par exemple sur l'énergie).

Il y a un bémol, il faut le reconnaître. Il tient – principalement - dans les incertitudes liées à la future mise en œuvre de l'initiative "contre l'immigration de masse" ainsi que dans la troisième réforme de la fiscalité des entreprises. Le canton de Vaud a bien avancé dans ce dernier dossier et redonne ainsi de la visibilité aux entrepreneurs, mais il s'agit maintenant de le concrétiser (dans le canton, puis au niveau fédéral). Quant à la question de libre-circulation, on espère que la Suisse parvienne avec l'Union européenne à une solution qui préserve les accords bilatéraux. Nous avons tous intérêt à préserver notre prospérité. 

Commentaires

Madame

Oui l'industrie s'en sort, MAIS avec l'abandon du nucléaire qui pourrat payer la facture de l'élecrticité? on parle de 5x plus qu'aujourd'hui. comment notre industrie pourrat elle survir? de plus comment aurons nous la capacité nécessaire d'énergie?
les verts ont le syndrome de l'autruche et gardemt la tête sous le sable pour ne pas voir la réalité.
Les Japonais eux ont bien compris que l'abandon du nucléaire était juste impossible car aucune énergie renouvelable ne pourrait fournir la capacité nécessaire.
La dernière affiche des verts pour la protection de l'environnement, avec une superbe photo du lac des 4 cantons est totalement iréelle car il ne faut pas oublier que la moitié des montanges que l'on voit devraient être couvertes d'éoliennes.

La Suisse va droit dans le mur, on pourrat liquider une partie de nos industries.

Écrit par : ANDRE Eric | 03/09/2015

L'industrie s'en sort ... juste la tête de l'eau. Elle souffre, si vous regardez bien il n'y a pas de licenciement en masse mais notre tissus industriel est fait de PME: les licenciements sont plus clairsemés, plus discrets 15 postes là, 8 ici, 85 à Fribourg dernièrement. D'autre part l'industrie et le secondaire en général sont les secteurs ou l'emploi est en recul régulièrement.

Pour ce qui est du nucléaire, je pense que c'est une opportunité pas seulement pour les éoliennes mais également pour développer des technologies moins gourmandes (nous avons des Unis, EPF et HES) et peut être ainsi créer de nouvelles industries ...

Écrit par : Dominique | 03/09/2015

Madame, pourriez-vous préciser si la diminution des quantités est en quantité ou en francs? ça a son importance, un peu plus de précision serait opportune.
merci pour vos commentaires!

Écrit par : Eccel | 03/09/2015

@Eccel
Les diminution concernent les chiffres d'affaires, en tout cas pour ce qui concerne l'industrie des machines MEM. Voir http://www.swissmem.ch/fr/news-medien/news/mem-industrie-die-frankenstaerke-hinterlaesst-deutliche-spuren.html. Les commandes sont également en baisse.

@Dominique
Le tableau est effectivement contrasté.
Concernant le nucléaire, la question ne se pose plus en terme de sortie ou non, la production de cette énergie n'étant de toute manière plus rentable en Suisse dans les conditions de marché actuelles (les Chambres ont par ailleurs opté pour une sortie). Il s'agit maintenant d'élaborer une transition énergétique qui permette de sauvegarder à la fois la compétitivité de notre industrie et la rentabilité de nos installations hydroélectriques.

Écrit par : Claudine Amstein | 04/09/2015

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