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16/12/2015

Bilatérales: les chiffres sont sur la table

La Suisse veut-elle sauter de l’avion sans parachute? Début décembre, coup sur coup, trois études ont montré l’ampleur du choc que les entreprises, les employés et les finances publiques subiraient en cas de dénonciations des accords bilatéraux. Ce sont entre 430 et 630 milliards de francs de produit intérieur brut (PIB) qui partiraient en fumée en l’espace de 20 ans, selon les scénarios. Soit l’équivalent de toute la richesse créée au cours d’une année entière.

Ce couperet n’est pas une vue de l’esprit. Soit nous trouvons le moyen de mettre en œuvre l’initiative contre l’immigration de masse en sécurisant les Bilatérales, soit nous courons le risque d’un appauvrissement rapide de notre pays. Contrairement à ce qui a été beaucoup trop souvent dit depuis la votation du 9 février 2014, l’apport des Bilatérales, et plus particulièrement du paquet qui comprend la libre circulation des personnes et l’abandon des obstacles techniques au commerce, n’est pas négligeable du tout. Cette politique nous a amené quinze ans de prospérité.

Un manque à gagner énorme

Les évaluations de pertes de PIB émanent des instituts de recherches économiques Ecoplan et BAK, qui ont travaillé sur mandat du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Pour se faire une idée de la perte abyssale qu’impliquerait l’abandon des Bilatérales, prenons un chiffre: 32 milliards de francs de création de valeur en moins par an. Cela représente trois fois la production de l’ensemble du secteur secondaire vaudois, soit la construction, les machines, l’horlogerie, les machines, la pharma, l’énergie… Soit la production de 70'000 emplois environ.

Tout n’est pas chiffrable à la virgule, les études précitées restent des estimations, par nature grossières… Mais il est évident qu’on ne remplacera pas le marché européen et ses 500 millions de consommateurs, qui absorbent 55% de nos exportations, en l’espace de quelques années.

Quelle serait l’alternative aux Bilatérales? «What else?», titre Avenir Suisse dans son étude datée du 7 décembre, qui souligne qu’aucun pays membre de l’Union européenne n’a une économie aussi intégrée au marché européen que la Suisse. Paradoxal? Non, notre pays a toujours été ouvert au monde. La voie bilatérales initiée après une décennie 1990 marquée par une profonde crise et le franchissement de la barre des 200'000 chômeurs – un cap symbolique que l’on espère ne jamais dépasser à nouveau – nous a permis de relancer nos entreprises, de renouveler notre industrie, de créer des emplois comme cela ne s’était plus vu depuis des lustres. Il est normal et somme toute sain que nous commercions davantage avec nos voisins qu’avec l’Asie ou les Etats-Unis, ne serait-ce que par souci environnemental, en matière de transports de marchandises.

Le Conseil fédéral, le parlement et les partis ont le devoir de trouver une solution qui permette de respecter l’esprit de l’initiative acceptée à moins de 20’000 voix près en 2014 sans jeter notre prospérité aux orties. La nouvelle législature débute avec un enjeu d’une importance historique, le mot n’est pas galvaudé!

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