02/03/2016

Les Suisses regardent au-delà du Gothard

Avec son oui clair et net au 2e tunnel routier du Gothard, le week-end dernier, le peuple suisse a donné un signal fort à nos autorités. Il a fait savoir que les infrastructures sont au centre de ses préoccupations. Parlement, partis et Confédération ne doivent donc pas s'endormir, il s'agit maintenant d'aller de l'avant avec les gros dossiers qui nécessitent des améliorations rapides, à savoir le développement des réseaux routier, électrique et de télécommunication.

Pour le rail, la question a été réglée à satisfaction avec l'acceptation du Fonds d'infrastructures ferroviaires (FAIF), en 2014. Les travaux démarrent peu à peu et s'intensifieront ces prochaines années.

La route doit maintenant passer au premier rang dans les priorités. Et là, l'Arc lémanique a de gros besoins de rattrapage. L'évolution démographique a été fulgurante au cours des 15 dernières années (habitants en hausse de 25% entre 2000 et 2015 dans le canton) sans que les infrastructures ne suivent. Le contournement autoroutier de Morges, l'élargissement à trois voix des autoroutes entre Genève et Lausanne, entre Cossonay et Lausanne, la recherche d'une solution d'amélioration pour l'axe Lausanne-Villeneuve: ces préoccupations quotidiennes de dizaines de milliers de Vaudoises et Vaudois coincés chaque jour dans les bouchons doivent être appréhendées à bras le corps.

Réseau électrique vieillissant

Pour l'électricité, il s'agit de créer les conditions les plus favorables à l'adaptation rapide du réseau, dont la majeure partie (les deux tiers) a été construite dans les années 50 et 60. Le développement des nouvelles énergies renouvelables, avec les défis qu'elles imposent notamment en termes de gestion d'une production en large partie aléatoire, nécessitent des investissements rapides, qui doivent être coordonnés avec nos voisins. D'où une autre nécessité urgente, celle de trouver rapidement un accord sur l'électricité avec l'UE

La qualité des infrastructures est essentielle également dans les télécommunications. L'amélioration constante des réseaux mobiles – et surtout l'utilisation de nouveaux standards techniques – nécessite sans cesse de nouvelles antennes. Il faut en simplifier l'installation et adopter les normes en vigueur chez nos voisins (le swiss finish n'a pas plus de sens dans ce domaine que dans la banque ou la mécanique!). La concurrence doit être encore stimulée.

La Suisse est classée au 6e rang mondial pour la qualité de ses infrastructures. C'est l'un des atouts de notre pays, reconnu autant par les habitants que par les entreprises. Le vote de dimanche – comme celui de février 2014 sur le FAIF – montre que la grande majorité veut maintenir ce niveau d'excellence!

Commentaires

Chère Madame,

Quand vous dites "le peuple suisse a donné un signal fort à nos autorités", je suis étonné de constater que la Chambre basée à Lausanne dans le canton de Vaud évite bien soigneusement de mentionner que le canton en question a largement refusé le percement du deuxième tube. Il serait judicieux pour une Chambre vaudoise (tout comme un certain conseiller aux Etats) de défendre son canton et le vote de ses citoyens plutôt que de détourner le sujet au niveau Suisse. Le deuxième tube était une erreur et les Vaudois l'ont bien compris, au contraire de leurs "représentants" économiques apparemment.

Écrit par : Jean-Paul Rochat | 03/03/2016

Merci pour votre commentaire, Monsieur Rochat.
Je partage totalement votre point de vue sur la défense des intérêts des Vaudoises et des Vaudois, c'est pourquoi j'en appelle dans mon blog à empoigner maintenant les dossiers qui nous concernent, notamment l'autoroute de contournement de Morges.

Écrit par : Claudine Amstein | 03/03/2016

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