06/04/2016

Assurances sociales: pas de solutions en vue au salon du bricolage

 La Suisse doit réformer son système de retraites (AVS et 2e pilier) et d'assurance invalidité (AI), dont le financement n'est plus garanti. Principales raisons: l'allongement de l'espérance de vie, des rendements financiers insuffisants, pour le 2e pilier, ainsi que des rentes octroyées trop largement, pour l'AI. Mais à côté de ces assurances sociales, tout le système des prestations complémentaires (PC) doit également être assaini. Et là, Berne ne propose que de petites retouches insuffisantes.

Contrairement à l'AVS-AI, les PC ne sont pas essentiellement financées par des cotisations salariales, mais par l'impôt. Ce sont les cantons qui en supportent la plus grande partie des coûts. Problème: au cours des dix dernières années, les dépenses générées par les PC ont bondi de près de 50%, à 4,7 milliards de francs. Et la tendance se poursuit puisque ces prestations devraient coûter dans les 6,6 milliards de francs en 2030.

Le projet de réforme proposé par le Conseil fédéral, et dont la consultation vient de s'achever, ne propose pourtant que des économies se chiffrant à… 170 millions de francs au maximum. C'est regrettable, parce que les PC sont nécessaires à bon nombre de rentiers qui ne disposent pas d'un revenu suffisant pour vivre. Plutôt que de réparer un système qui prend l'eau, on rafistole, au risque de tout faire couler plus tard.

Il faut empoigner les vrais problèmes

La réforme du système des PC ne peut pas être découplée de la réforme de l'AVS, pour laquelle l'âge légal devra tôt ou tard être augmenté pour tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie de la population. Au lieu de cela, le Conseil fédéral s'encouble avec des solutions qui remettent en cause tout le fonctionnement de la prévoyance professionnelle. On mélange tout, et à mauvais escient.

La proposition visant à empêcher les salariés de retirer leur capital, que ce soit pour devenir indépendants ou au moment de la retraite, n'est ainsi pas acceptable. Le 2e pilier est bâti sur l'épargne individuelle: dépouiller son propriétaire du droit d'en disposer librement ébranlerait les bases de ce système, qui a pourtant fait ses preuves.

Et cela pour des économies presque insignifiantes. L'administration fédérale évalue ainsi à 8 millions de francs les économies qui découleraient de l'interdiction de retirer son capital pour se mettre à son compte. Peu importe que 80% des indépendants qui ont retiré leur capital parviennent à vivre de leur entreprise, et même à occuper du personnel. Et peu importe que ceux qui recourent aux PC ne sont visiblement qu'une petite minorité.

Ce n'est pas en entravant l'esprit d'entreprise (pour économiser 8 millions sur près de 4,7 milliards de francs, soit 0,002%!) que l'on va assainir nos assurances sociales. Certaines retouches proposées par le Conseil fédéral, comme l'abaissement de la franchise de fortune (somme dont l'Etat ne peut exiger l'utilisation par un bénéficiaire de PC), vont dans le bon sens, mais ce ne sont que des micro-changements. Une vraie réforme profiterait à tous: rentiers, salariés, entreprises et pouvoirs publics!

Commentaires

@Madame Amstein Très bon article mais quand on sait le nombre de femmes épouses de petits commerçants ayant travaillé sans salaire pour alléger les impôts et le nombre de femmes qui restèrent à la maison et sans salaire autre que celui du mari ,jamais personne ne s'est fait de soucis pour l' AVS des viennent ensuite
Ce qui je pense représentait une sécurité en soi c'était les assurances Vie contractées dès la naissance de l'enfant pour qui pouvait s'en offrir une ce qui n'était pas le cas pour tous et ce dès les années 70
Nous sommes nous mêmes responsables de notre AVS et sans travail on ne peut y prétendre mais on peut par contre prétendre à travailler pour moins afin de trouver ensuite une place de travail mieux rénumérée et surtout éviter les études de longues durées qui ne sont pas forcément gage d'un très bon salaire puisque tout étudiant se doit de faire ses preuves avant
d'obtenir son premier salaire ce qui est normal ,il existe un temps d'essais pour tout salarié
Ou alors je suis trop âgée pour comprendre les raisons actuelles qui font craindre le pire alors que ceux ayant vécu le pire du pire ont préféré se taire afin de ne pas couper l'herbe de l'espoir sous les pieds des enfants que nous étions à cette époque ou alors je suis complètement gâteuse dirait un plus jeune/rire
Mais j'y pense et si on apprenait aux plus jeunes à conjuguer à tous les temps le verbe économiser plutôt que dépenser avant d'avoir sans doute n'en serions nous pas à nous prendre la tête pour éclaircir ce qui provient d'une déresponsabilisation complète qui se fait de plus en plus dés la naissance .Car ce n'est pas en pianotant sur un Iphone ou Pad ou autre gadget virtuel et stupide qu'on apprend à se débrouiller dans la vraie vie
Il faut apprendre à se frotter au monde des adultes ,monde qui n'a jamais été tendre mais personne n'en est jamais mort au contraire,on s'en est ressorti à chaque fois forts et fiers d'avoir vaincu les peurs nées d'idéologies toutes plus farfelues les unes que les autres alors qu'aujourd'hui des illuminés tentent vainement de les réactualiser comme le Giec par exemple et bien d'autres
Et tout le monde sait que trop de gratuité n'encourage pas à travailler
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 09/04/2016

Dans un premier temps il faudrait absolument sortir, écarter l'AI de l'AVS!
L'AI est un gouffre sans fonds et ponctionne sur les rentes AVS à n'en plus finir.
Rien qu'à voir tous les migrants des balkans des années 1990-2000 qui sont à l'AI; des familles entières; pour séquelles de guerre.
(Et bien entendu que cela pèse aussi très fortement sur les PC auxquelles ils ont droit. Dont le 100% des primes Lamal, demi-tarifs en tous genres, remboursement des franchises et quotes-part 10%. Dentiste et j'en passe!)

Alors on imagine bien ce qui va arriver avec les nouveaux migrants de Syrie qui à leurs tours vont ponctionner des rentes AI pour les mêmes raisons et aux détriments des rentiers AVS qui toutes leurs vies ont cotisés pour avoir de maigres rentes, et de toute façon moins élevées que les nouveaux arrivants parce qu'eux dans le système-calculateur AI et non pas celui de l'AVS.
Ces deux systèmes n'ont plus aucune raison d'être couplés, car se sont les rentiers AVS qui paient les pots cassés!

Par ailleurs, il faudrait aussi avoir l'honnêteté de dire que les jeunes cotisent de plus en plus tard, jusqu'à 30 ans avant de réellement payer des cotisations "normales", alors que les générations précédentes ont payé dès l'âge de 18 ans pour le plus grand nombre.

Alors n'accablez pas les rentiers actuels et futurs en faisant croire que c'est uniquement en raison de l'allongement de la vie qu'il faudra repousser l'âge officiel de la retraite.
Douze ans en moyenne de retard de cotisations obligera à l'évidence de repousser l'âge permettant de toucher des rentes de retraites..... bien méritées!

Écrit par : Corélande | 09/04/2016

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